Faits divers – Justice

Rennes : dix mois de prison avec sursis requis contre le patron de la BAC

Par Lola Fourmy et Brigitte Hug, France Bleu Armorique et France Bleu vendredi 21 juillet 2017 à 10:44

Tribunal de Rennes -
Tribunal de Rennes - © AFP - CITIZENSIDE / EMMANUEL BROSSIER / CITIZENSIDE

Le patron de la Brigade anti-criminalité de Rennes est poursuivi pour violences, dénonciation calomnieuse et faux en écriture publique. Il est accusé d’avoir frappé au visage un homme pendant son interpellation et d’avoir tenté de camoufler son geste. La décision doit être rendue jeudi prochain.

"Ma responsabilité est de pouvoir me porter garant de la loyauté des fonctionnaires de police" a déclaré le procureur face au patron de la BAC de Rennes. L’homme de 56 ans, ancien du RAID et du GIGN, dirige la brigade anticriminalité, la BAC, de la ville depuis douze ans et avait un parcours exemplaire, jusqu’au début de ce mois de mai.

Le 5 mai dernier, il suspecte une transaction douteuse ,quartier Sarah Bernhardt, et décide d’interpeller le jeune dealer présumé. Celui-ci se réfugie dans un bar du quartier, et c’est là, une fois au sol que le jeune homme reçoit un coup de genou en plein visage de la part du patron de la BAC.

Mais plus blâmable encore, le chef de la police aurait tenté de camoufler son geste, en portant plainte contre le jeune trafiquant affirmant que celui-ci l’aurait frappé. Des faits démentis par les images de la vidéosurveillance du bar.

Il a réitéré ses mensonges devant une salle d’audience - avocate de la victime présumée

Pendant l’audience devant le tribunal correctionnel de Rennes, ce jeudi, le policier a reconnu avoir "failli". Il s’est dit "fatigué, usé, après avoir enchaîné une semaine et demi de service". Son avocat, Frédéric Birrien, n’imagine pas pour autant que son client soit condamné. "A mon sens, il a été irréprochable lors de son intervention", confie t-il à France Bleu Armorique.

L’avocate de la victime présumée, Gwendoline Ténier, regrette que le chef de file des policiers de la BAC ait continué de "mentir" devant le tribunal. Elle se dit satisfaite des réquisitions du parquet.

Le parquet qui a requis donc dix mois de prison avec sursis à l’encontre du policier. Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 27 juillet, jeudi prochain.