Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Rennes : un restaurateur condamné pour agressions sexuelles sur ses apprenties

-
Par , France Bleu Armorique, France Bleu

Un restaurateur de Chateaubourg (Ille-et-Vilaine) a été condamné ce mercredi 2 décembre à deux ans de prison avec sursis pour agressions sexuelles. Ces victimes étaient de jeunes apprenties, qu'il avait filmées dans les toilettes où elles se changeaient.

Le restaurateur de Chateaubourg (Ille-et-Vilaine) écope de deux ans de prison avec sursis
Le restaurateur de Chateaubourg (Ille-et-Vilaine) écope de deux ans de prison avec sursis © Radio France - Loïck Guellec

Le tribunal correctionnel de Rennes a condamné ce mercredi 2 décembre, un restaurateur installé à Chateaubourg (Ille-et-Vilaine) pour harcèlement et agressions sexuelles sur onze victimes. la plupart sont des anciennes apprenties du prévenu. Ces victimes décrivent un climat de violence, de soumission dans le restaurant. Le patron, âgé de 37 ans, se reconnait lui-même colérique, impulsif, autoritaire et exigeant, capable "d’exploser devant ses salariés", rarement devant les clients. 

Des insultes et des propos humiliants

Les victimes sont, pour certaines, de jeunes femmes qui étaient âgées de 15 à 17 ans, et en apprentissage dans le restaurant. Elles décrivent des propos humiliants et très crus que leur adressait leur patron "Tu n’es bonne à rien" ou encore "tu vas faire quoi dans la vie, vendre des godemichets dans une salle de striptease ?" A l’audience, le restaurateur, marié et père de trois enfants, explique qu’à l’époque des faits, il n’avait pas conscience de rabaisser ses apprentis "pour moi, c'étaient des boutades mais aujourd’hui je me rends compte de la gravité des faits." 

Prétextant des tâches sur leurs tenues, il caresse leur poitrine

Le chef cuistot commettait ces agressions et attouchements sexuels dans le restaurant. A chaque fois, les victimes sont seules. Prétextant une tâche sur un vêtement il caresse la poitrine de la jeune apprentie, ouvre le décolleté pour "vérifier la couleur du soutien-gorge", pince les fesses lorsque les jeunes femmes font la plonge, caresse les cuisses quand il les oblige à laver le sol à genoux, avec une brosse à dent. La présidente du tribunal évoque aussi à l'audience le nettoyage imposé des toilettes du personnel qu’il vient de souiller. 

Des jeunes femmes filmées dans les toilettes pendant qu'elles se changent

Dans les toilettes, le patron a installé une caméra dans un radio réveil. Il déclenche les enregistrements au moment du déjeuner. Ils demandent ensuite aux jeunes femmes d'aller se changer. Les enregistrements ont été retrouvés à son domicile lors des perquisitions, il leur a donné des titres « Estelle String » ou encore « Chatte Chloé ». A l'audience, l'une des jeunes femmes découvre le nom de ces enregistrements, elle quitte la salle en larmes. Le restaurateur a également donné des cadeaux à ces apprenties,  "il voulait obtenir des faveurs sexuelles". Lorsque les contrats d’apprentissage étaient terminés, le patron tentait d’entrer en contact avec ses anciennes apprenties sur les réseaux sociaux. "Je n’avais pas conscience de les déranger à l‘époque" tente-t-il  d’expliquer à l'audience. 

Cela fait penser à un droit de cuissage - l'avocate d'une des victimes

Les victimes évoquent aujourd’hui un sentiment de honte, une angoisse pensante, des rêves professionnels brisés. C’est seulement lors de la première plainte déposée que les victimes ont découvert qu’elles étaient si nombreuses. "Cela fait penser au droit de cuissage" estime une avocate. Sa cliente est détruite, "elle n’a pas pu terminer sa formation dans la restauration. Elle ne parvient pas à travailler dans un restaurant".  Il y a onze vies affectées estime le substitut du procureur, avec "des préjudices qui dépassent largement le cadre professionnel". Une avocate raconte encore que sa cliente était déposée le matin "par ses parents qui faisaient confiance à cet homme pour former leur enfant". Une autre victime explique qu’elle est aujourd'hui dégoutée du métier, qu’elle n’a plus confiance en elle, qu’elle ne peut plus travailler avec des hommes. 

Le restaurateur reconnait les faits

A l’audience, le restaurateur, les yeux baissés, tente d’expliquer qu’il a pris conscience des faits depuis qu’il suit des soins psychologiques. Il ajoute qu’il ne prend plus d’apprentis depuis l’été 2019, et qu’il fait en sorte de ne pas être seul avec des salariées dans son établissement. "Il est seul responsable de tout cela" reconnait son avocat Jérôme Stéphan, il ajoute que son client a reconnu les faits et qu’aujourd’hui "il est un homme qui ne se ment plus". 

Le substitut du procureur de la République, Tanguy Courroye avait réclamé quatre ans de prison dont trois avec sursis ainsi qu’une obligation de soins. Il demandait aussi l’interdiction de gérer une entreprise. Le tribunal a condamné le restaurateur à deux ans de prison avec sursis et lui ordonne l'interdiction d'exercer une activité salariée ou bénévole en contact avec les mineurs pendant sept ans. 

Choix de la station

À venir dansDanssecondess