Faits divers – Justice

REPORTAGE EXCLUSIF - La brigade anti-criminalité de Cherbourg équipée d'armes lourdes

Par Clémentine Vergnaud, France Bleu Cotentin dimanche 7 août 2016 à 22:01

Les policiers de la brigade anti criminalité possèdent maintenant un équipement de protection similaire au Raid pour faire face aux attaques terroristes
Les policiers de la brigade anti criminalité possèdent maintenant un équipement de protection similaire au Raid pour faire face aux attaques terroristes © Radio France - Clémentine Vergnaud

EXCLUSIVITE FRANCE BLEU COTENTIN - Nous avons pu assister à une patrouille de nuit de la brigade anti criminalité de Cherbourg. Ces policiers sont désormais équipés d'armes lourdes pour faire face à une attaque terroriste.

Mieux armer les forces de l'ordre sur le territoire : c'était l'objectif du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avec son plan présenté fin février. Pour faire face aux attaques terroristes, les brigades anti criminalités de la Police et les pelotons de surveillance et d'intervention de la Gendarmerie (PSIG) sont désormais équipés d'armes de guerre. L'objectif : pouvoir intervenir en 20 minutes maximum sur les lieux d'une tuerie de masse... Un plan à 16.6 millions d'euros qui s'est aussi décliné dans la Manche.

A Cherbourg, France Bleu Cotentin a pu suivre en exclusivité une patrouille de la brigade anti criminalité avec ces armes lourdes. A priori, aucune différence entre cette patrouille et une autre effectuée il y a six mois. Les policiers contrôlent par exemple des jeunes qui boivent de l'alcool, dans une voiture en stationnement. Mais dans le coffre, ils ont un véritable arsenal de guerre.

"Il y a d'abord le bouclier balistique, avec des plaques métalliques très épaisses. Il pèse environ 20 kg et se porte devant soi. Le premier du groupe le positionne et les autres se mettent derrière lui", détaille Jérémy, un des policiers. Les policiers doivent aussi enfiler un casque spécial, qui est très lourd parce que sa visière fait 3 cm d'épaisseur, pour arrêter les éclats. Ils doivent également mettre un gilet pare-balle qui est composé de plaques métalliques pour arrêter les balles de kalachnikov et protéger les zones vitales.

Jusqu'à 750 balles par minute

Voilà pour l'équipement de protection, indispensable pour Vincent, le responsable de la Bac : "Si vous voulez riposter et arrêter une tuerie, vous êtes obligés de pouvoir résister aux assauts des terroristes. Parce que eux, ils ont des gilets adaptés. Nos gilets ne l'étaient pas." Les armes n'étaient pas non plus adaptées. Les policiers disposaient jusque là de 9 mm para-bellum.

"Insuffisant", tranche Patrick, le responsable des équipes de nuit au commissariat de Cherbourg. Maintenant, les policiers ont une arme de guerre : le HK G36. "Une arme qui tire très précisément, surtout en tir simple", précise Jérémy. Elle peut aussi s'utiliser en rafale et atteindre les 750 balles tirées à la minute. "Avec ça, on a de quoi riposter", conclut Vincent. Nécessaire selon lui : "On n'est pas à l'abri de ce genre d'attaque à Cherbourg. On l'a vu avec Saint-Etienne-du-Rouvray, la menace est partout et peut venir de n'importe qui. Un attentat à Cherbourg, c'est moins médiatique qu'à Paris mais ça peut toujours arriver."

Pour manier ces armes, les policiers ont reçu une formation. Mais même avec tous ces équipements, ils doivent encore s'habituer à exercer leur métier dans ce contexte de menace terroriste. "Le métier a changé parce qu'on est dans le cadre d'une situation de guerre. Une guerre à laquelle nos générations ne sont pas habituées mais surtout dont l'ennemi n'est pas clairement identifié, explique Patrick. Ca demande une adaptation professionnelle et psychologique." Et les policiers de la Bac sont les principaux concernés : en cas d'attaque terroriste, ils sont souvent les premiers à intervenir.

Les policiers de la Bac de Cherbourg ont reçu une formation pour pouvoir manipuler les armes anti terroristes.  - Radio France
Les policiers de la Bac de Cherbourg ont reçu une formation pour pouvoir manipuler les armes anti terroristes. © Radio France - Clémentine Vergnaud