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Dossier : Incendie à l'usine Lubrizol à Rouen

Requête en nullité de Lubrizol : "Quelle honte de voir un industriel qui fuit ses responsabilités"

L'entreprise Lubrizol a déposé une requête en nullité pour tenter d'échapper à un procès. Le président de l'association des sinistrés de Lubrizol est scandalisé.

Des milliers de tonnes de produits chimiques Lubrizol ont brûlé le 26 septembre 2019 à Rouen
Des milliers de tonnes de produits chimiques Lubrizol ont brûlé le 26 septembre 2019 à Rouen © Radio France - Coralie Moreau

Le procès au pénal contre Lubrizol sera-t-il annulé? L'industriel, dont le site de Rouen a brûlé le 26 septembre 2019, a déposé en août dernier une requête en nullité. Cette demande sera examinée le 31 mars à 9 heures devant la chambre de l'instruction à Paris.

Maître Julia Massardier, qui défend une centaine de victimes, a rendu ce jeudi ses arguments pour contrer ceux de Lubrizol. Elle n'a pas souhaité s'exprimer à ce sujet, mais Simon De Carvalho, l'un de ses clients, président de l'association des sinistrés de Lubrizol, a accepté de nous dévoiler les éléments mis en avant par Lubrizol. 

"Le dossier ne serait pas équitable, mais de qui on se moque là ?"

"Lubrizol France par l'intermédiaire de Madame Striga, la présidente de Lubrizol France, soutient qu'un agent de la DREAL aurait été auditionné par le SRPJ durant l'enquête, et que cette audition n'a pas été versée à la procédure, jetant un doute sur l'ensemble de la procédure. Elle s'appuie sur une discussion qu'elle aurait eu soi-disant avec un agent de la DREAL, dans un couloir, qui lui aurait dit qu'elle a été auditionnée par le SRPJ, sauf que c'est faux. C'est un gros mensonge, et le dossier ne serait pas équitable. Mais de qui on se moque là ? Une entreprise qui fait des milliards, si elle veut bien se battre, elle n'a qu'à engager de bons avocats, et se battre contre nous, les pauvres petites victimes. Si elle croit qu'elle va se défiler comme ça, elle se trompe, parce que nous on ne lâchera pas".

Simon De Carvalho, président de l'association des sinistrés de Lubrizol.

Isabelle Striga, la présidente de Lubrizol France, estimerait donc notamment que le témoignage de cette salariée de la DREAL, recueillis par les enquêteurs du SRPJ de Rouen, le service régional de police judiciaire, n'a pas été versé à la procédure. Lubrizol remet donc en cause l'impartialité des enquêteurs, et l'équité du dossier. Faux et scandaleux estime Simon De Carvalho.

"Elle se fait passer pour quelqu'un qui n'aurait pas le droit à un procès équitable. Quelle honte !"

Simon de Carvalho, président de l'association des sinistrés de Lubrizol.

"C'est vraiment la honte de voir un industriel qui fuit ses responsabilités. Nous sommes déterminés, d'autant plus, cela nous donne des forces parce que, une affaire comme celle-ci, elle ne peut pas s'arrêter sur une nullité comme ça. C'est grave ce qui s'est passé le 26 septembre, on a eu de grosses séquelles, psychologiques, physiques. C'est David contre Goliath, une industrie milliardaire, face à nous qui sommes des victimes, monsieur et madame tout le monde, avec nos pauvres moyens qui nous battons contre cette multinationale. Et aujourd'hui, _elle se fait passer pour quelqu'un qui n'aurait pas le droit à un procès équitable. Quelle honte_, c'est honteux. Mais ça nous donne de l'énergie pour les combattre pénalement".

L'agent de la Dreal a été interrogée par un juge d'instruction, elle  aurait déclaré qu'elle n'a jamais été auditionnée par le SRPJ de Rouen, contrairement à ce que prétendrait la présidente de Lubrizol France, ajoute Simon De Carvalho.

Lubrizol dénonce des violations du secret de l'instruction

Lubrizol de son côté a publié un communiqué. "Lubrizol n’entend pas commenter les propos récemment tenus par voie de presse relatifs à sa défense pénale dans le cadre d’une instruction en cours devant le Tribunal judiciaire de Paris. L’exercice des droits de la défense est une liberté fondamentale à valeur constitutionnelle et ne saurait être instrumentalisé à l’encontre de Lubrizol. La société déplore les nombreuses et régulières violations du secret de l’instruction, de la présomption d’innocence et des droits de la défense commises par certaines parties civiles et médias. Un tribunal médiatique ne saurait se substituer, dans un Etat de droit, à un procès équitable et impartial dont l’ensemble des parties doit pouvoir bénéficier. Lubrizol appelle ainsi au respect des principes fondamentaux de la procédure pénale et se réserve la possibilité de déposer plainte en diffamation et du chef de violation du secret de l’instruction".

Maître Julia Massardier n'a pas souhaité commenter elle-même cette affaire, qui sera donc étudiée le 31 mars à Paris.

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