Faits divers – Justice

Retour à Argelès-sur-Mer, quatre mois après les inondations

Par François David, France Bleu Roussillon vendredi 17 avril 2015 à 6:00

Argelès-sur-Mer : les inondations du 30 novembre 2014 avaient causé de nombreux dégâts.
Argelès-sur-Mer : les inondations du 30 novembre 2014 avaient causé de nombreux dégâts. © MaxPPP

C'est l'une des villes qui a le plus souffert lors des intempéries de la fin novembre 2014. Le plus gros des dégâts est réparé, mais le traumatisme reste immense.

Le 30 novembre 2014, la Massane sort subitement de son lit. Le petit ruisseau devenu fleuve déchainé emporte tout sur son passage , voitures, murs, lampadaires. Aux abords de la rivière, les dégâts sont considérables.

Quatre mois plus tard, les conséquences de la crue sont toujours visibles , malgré un gros travail de nettoyage. Dans le lit de la rivière, les énormes rochers et souches d’arbre charriés par les eaux sont toujours là.

Les poteaux électriques ont été réparés provisoirement avec du scotch. Près du port, quelques routes sont encore difficilement praticables. Et le sentier littoral est toujours interdit d’accès prés des criques de Portells. "Il faudra des années pour s’en remettre " explique un riverain, qui a vu l’eau monter à 50 centimètres à son domicile.

L’heure des comptes

"J’ai plus de 150 000 euros de dégâts " se désole Vincent Séri, le patron d'une entreprise de travaux publics dévastés par les eaux, rue du 14 juillet. Il a perdu des véhicules, un tractopelle, des outils, des machines, des documents administratifs. "Les assurances trainent à rembourser . J’ai dû emprunter à ma famille pour redémarrer l’activité. Sinon, je déposai le bilan ".

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Un peu plus loin, le rideau est toujours tiré sur la boutique d’art et de décoration de Suzon Arnaud. Elle a tout perdu dans l’inondation, son outil de travail, ses œuvres, son sommeil. Depuis quatre mois, Suzon tente de se reconstruire . "C’est la foi qui m’a sauvée. Sinon, j’aurai fini en maison psychiatrique ".

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Si la situation revient progressivement à la normale, le traumatisme est toujours vivace dans les esprits. "Début mars, nous avons eu un nouvel épisode de pluie " raconte Jean-Michel, un riverain. "Ça a été la panique, tous les riverains ont déplacé leurs voitures, personne n’a dormi de la nuit ". C’était une fausse alerte.

Argelès-sur-Mer : voitures endommagées par les inondations du 30 novembre 2014. - Maxppp
Argelès-sur-Mer : voitures endommagées par les inondations du 30 novembre 2014. © Maxppp

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