Faits divers – Justice

Retro 2015 dans l'Yonne: retrouver une "vie normale" après le Bataclan ?

Par Renaud Candelier, France Bleu Auxerre mercredi 30 décembre 2015 à 16:05

Le Bataclan, le 14 novembre 2015
Le Bataclan, le 14 novembre 2015 © Maxppp - Maxppp

Un mois et demi après les attentats du 13 novembre, Carole, une Icaunaise sortie indemne du Bataclan avec son compagnon Christophe nous parle de l'après, de ses liens avec les autres victimes, des blessés dont on attend encore la sortie de l’hôpital et de la vie qui doit bien reprendre son cours

En cette fin d'année nous revenons sur les événements qui ont marqué l'année 2015. Le 13 novembre, trois terroristes armés de kalachnikov et de ceintures d'explosifs attaquent la salle du Bataclan à Paris où plus d'un millier de spectateurs assistent à un concert de rock. Parmi eux, il y a un couple de Sénonais, Carole et Christophe.

Cette jeune femme, professeur des écoles répond aux questions de Damien Robine

Rescapée du Bataclan, Carole a repris sa vie quotidienne, mais plus comme avant

"Aujourd'hui ça va bien, ça va mieux, les habitudes ont repris leur cours" assure Carole. Sa voix est posée, les souvenirs sont clairs, mais le timbre est fragile et les mots s'embrouillent parfois. Elle se souvient des premiers signes, en plein concert des Eagles Of Death Metal. Ce qui a donné l'alerte : "on a vu un videur courir au milieu des spectateurs, ensuite il y a eu ce bruit, qui ressemblait à un bruit de pétard, les gens ont commencé à s'agiter près de l'entrée de la salle, à se coucher à terre (...) le cerveau ne cherche pas à voir"

"Avant de tous nous retrouver, il faut attendre que les blessés soient sortis de l'hôpital"

Carole et Christophe réussissent à se cacher avec une vingtaine d'autres spectateurs dans le bureaux du Bataclan. Le lieu s'avère sans issue mais ils ne sont pas poursuivis par les terroristes. Il y a parmi eux un blessé grave dont ils vont s'occuper. "Nous nous sommes mobilisés autour de ce blessé, ça nous a beaucoup soudé et depuis nous avons gardé contact. On prend régulièrement des nouvelles du blessé. Et même si nous avons envie de nous retrouver tous ensemble aujourd'hui, il faut attendre que ceux qui sont encore à l’hôpital soient sortis, pour être avec nous aussi. Actuellement notre vie est un peu rythmée par eux." 

Comment revenir à une vie normale ? 

"On ne peut pas reprendre une vie normale après ça. On peut vivre comme avant mais par normalement parce que ce qui serait normal ce serait de pouvoir aller au restaurant, dans les magasins, au cinéma, sans chercher la sortie de secours par exemple. Ce serait de parler avec mes collègues enseignantes de pédagogie plutôt que du meilleur moyen de s'enfuir en cas d'attaques terroriste. Ce serait d'être beaucoup moins triste aussi au quotidien."

Cet événement l'a sensibilisé au risque d'attaques terroristes en France. "Nous y pensons tous les jours". Carole espère retrouver de la sérénité mais elle se dit que tant que le Moyen-Orient est en guerre, il sera difficile d'obtenir la paix ici en France.