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Faits divers – Justice DOSSIER : RÉTRO 2017 - L'actualité de l'année dans l'Yonne

RÉTRO 2017 - Arnaud Chassery grimpe le Kilimandjaro pour défendre la cause du handicap

samedi 6 janvier 2018 à 4:09 Par Bruno Blanzat, France Bleu Auxerre

Fin octobre, le sportif jovinien a accompagné le paraplégique Yann Jondot, maire d’une commune de Bretagne, sur le toit de l’Afrique (5895 mètres). Leur but ? Faire avancer l’accessibilité aux lieux publics pour les personnes.

Yann Jondot, Arnaud Chassery et leur équipe au sommet du Kilimandjaro © Radio France - Bruno Blanzat
Yann Jondot, Arnaud Chassery et leur équipe au sommet du Kilimandjaro © Radio France - Bruno Blanzat © Radio France - Bruno Blanzat

Auxerre, France

En cinq jours d’ascension, ils sont passés par tous les sentiments. De la certitude morale à la souffrance physique, jusqu'à la sensation de plénitude, en passant par de courtes périodes, plus l'altimètre grimpait, à songer à l’abandon. Mais toujours avec cet objectif, les yeux levés vers les neiges éternelles : rejoindre la mythique pancarte boisée plantée au Pic Uhuru (5 895 mètres), tout en haut du Kilimandjaro.

Après une dernière journée héroïque à marcher pendant huit heures dans le froid, le brouillard et sur la neige, pour passer de 4700 mètres à 5895 mètres, Arnaud Chassery et Yann Jondot ont lâché d’immenses sourires et quelques larmes. Voici le duo, et leur équipe, sur le toit de l’Afrique. L’émotion est immense et intense.

« C’est incroyable. On y est arrivé… Exceptionnel ! Tout le monde s’embrasse. J’ai les larmes aux yeux. C’est magnifique. Merci à tous et vive le Kilimandjaro ! » — Yann Jondot

  - Aucun(e)

Le maire paraplégique de Langoëlan (400 habitants, dans le Morbihan) réalise son défi en joëlette, fauteuil aménagé pour la randonnée, portée jusqu’au sommet par une vingtaine de tanzaniens, dont c’est le métier. Régulièrement, le  sportif icaunais Arnaud Chassery file un coup de main. Il termine « exténué. J’en ai rarement autant bavé. J’ai eu beaucoup de mal entre 5 200 et 5 400 mètres (l’oxygène se fait de plus de en plus rare). J’ai vraiment cru au pire (l’abandon). » Avant d’aller chercher l’énergie nécessaire pour atteindre le mythique sommet africain, totalement enneigé. Le panorama, est magnifique. Le brouillard a laissé place à un ciel bleu azur, ce qui permet d’apercevoir les cratères enneigés de part et d’autre. 

Yann Jondot et ses porteurs tanzaniens ont été héroïques lors du dernier jour d'ascension - Radio France
Yann Jondot et ses porteurs tanzaniens ont été héroïques lors du dernier jour d'ascension © Radio France - Bruno Blanzat

Si Yann Jondot a grimpé l’essentiel du Kili en joëllete, le maire paraplégique a débuté son ascension à la force de ses bras. C’est un rêve pour moi, je suis acteur de mon action. C’est physique. »

Bien entourés durant leur périple ‘une dizaine de kilomètres de marche par jour), l’icaunais et le breton passent par tous les climats, tous les panoramas. A la fin du premier jour, Arnaud Chassery est ravi : « Le paysage est merveilleux, une partie de jungle, on a pu voir des singes dans les arbres. Certains faisaient leur toilette. On a chanté avec les tanzaniens…»

Si Yann Jondot s’est attaqué au Kilimandjaro, c’est pour plaider la cause des handicapés. Le maire breton a un message politique sur l’accessibilité à faire passer : « Le côté bonne action, çà suffit… lâche le père de famille, paraplégique depuis un accident de moto durant sa jeunesse. En 2005, la loi pour l’accessibilité prévoyait qu’en 2015 tous les établissements recevant du public seraient adaptés. En 2014, ils se sont rendu compte que ce n’était pas possible. Le Kilimandjaro, c’est aussi montrer qu’un élu de la république doit faire des choses pour ses concitoyens. »

Arnaud Chassery veut « montrer qu’il est plus facile, finalement, d’escalader l’une des montagnes les plus hautes du monde que d’accéder à certains lieux publics en France. »

Retour sur le défi fou de Yann Jondot et Arnaud Chassery sur les pentes du Kilimandjaro

La première partie de ce défi, baptisé "un sommet pour une rampe", réalisé, le binôme compte maintenant gravir jusqu’au sommet de l’état afin de présenter ses mesures phares pour l’accessibilité. Le breton et l’icaunais souhaitent, entre autres, « qu’une partie de la réserve parlementaire soit versée aux communes pour financer ces travaux d'accessibilité ou que des panneaux « ville accessible » soient apposés à l’entrée de chaque commune, comme sur le principe des villes fleuries. »

A son retour de Tanzanie, le binôme est reçu à l’Assemblée Nationale par son président François de Rugy (LREM). « Il s’est même engagé sur les panneaux annonce fièrement Arnaud Chassery, à la sortie du rendez-vous. »

Yann Jondot et Arnaud Chassery, reçus également au Sénat, attendent désormais un rendez-vous avec Emmanuel Macron ou sa femme, Brigitte Macron. Leur exploit sur les pentes du Kilimandjaro est déjà derrière. Il n'est le que le début d'un combat très loin d’être achevé.