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Faits divers – Justice DOSSIER : RÉTRO 2018 : REVIVEZ L'ACTUALITÉ DE L'ANNÉE EN LOIRE-ATLANTIQUE ET EN VENDÉE

Rétro 2018 : un jeune tué par la police, des émeutes éclatent début juillet à Nantes

vendredi 4 janvier 2019 à 7:06 Par Aurore Jarnoux, France Bleu Loire Océan

Début juillet, la mort d'un jeune homme, tué par les forces de l'ordre lors d'un contrôle au Breil, a enflammé plusieurs quartiers de Nantes. Voitures brûlées, bâtiments incendiés : la ville a connu quatre nuits d'émeutes. Le policier, qui a tiré sur Aboubakar Fofana, a été mis en examen.

175 voitures ont brûlé, des commerces et des bâtiments administratifs ont été saccagés.
175 voitures ont brûlé, des commerces et des bâtiments administratifs ont été saccagés. © Radio France

Nantes, France

Des voitures calcinées, des bâtiments totalement détruits : Nantes a connu début juillet quatre nuits d'émeutes, particulièrement violentes. Cela faisait suite à la mort d'Aboubakar Fofana, un jeune homme tué par un policier lors d'un contrôle quartier du Breil. 

Un contrôle de police qui dégénère

Nous sommes le 3 juillet. L'homme de 22 ans, originaire du Val-d'Oise, est interpellé par des policiers. Sous le coup d'un mandat d'arrêt pour "vol en bande organisée" notamment, il tente de fuir en effectuant une marche arrière. A ce moment-là, un des policiers tire et le touche au cou. Aboubakar Fofana meurt deux heures plus tard au CHU de Nantes.

Le centre commercial des Dervallières incendié à Nantes. - Radio France
Le centre commercial des Dervallières incendié à Nantes. © Radio France - Marion Fersing

Sa mort provoque une énorme colère dans les quartiers dits sensibles de la ville. La nuit suivante, des violences urbaines éclatent aux Dervallières, à Malakoff et au Breil. Les symboles de l'État sont notamment pris pour cible : la mairie annexe, la bibliothèque, les caméras de surveillance ou encore la maison de la Sécurité sociale. Un salon de coiffure et une boulangerie sont également très endommagés.

On veut des réponses. Pourquoi une balle dans le cou ? Les images de l'interpellation circulent sur les réseaux sociaux. On a peur et on en a marre de ces contrôles de police souvent humiliants." - Fabiola Rasoa, mère du quartier

La maire de Nantes, Johanna Rolland, se rend sur place pour appeler au calme et assure que la justice sera transparente dans cette affaire.

Mais la situation ne se calme pas. Et la ville connaît trois autres nuits d'émeutes. Des dizaines de voitures brûlent, et des bâtiments publics sont saccagés comme la Maison des haubans dans le quartier Malakoff. La bibliothèque associative, qui occupe le rez-de-chaussée, est totalement détruite.

La bibliothèque de la Maison des haubans totalement ravagée par un incendie dans le quartier Malakoff à Nantes. - Radio France
La bibliothèque de la Maison des haubans totalement ravagée par un incendie dans le quartier Malakoff à Nantes. © Radio France - Antoine Denéchère

Au total, 175 véhicules sont incendiés pendant ces quatre nuits d'émeutes à Nantes. Et le mouvement s'étend aux quartiers Bottière, du Bout-des-Pavés et du Vieux-Doulon. Le lycée Léonard-de-Vinci est notamment touché par un incendie. 

Voitures incendiées et renversées dans une rue du quartier Malakoff de Nantes. - Radio France
Voitures incendiées et renversées dans une rue du quartier Malakoff de Nantes. © Radio France - Antoine Denéchère

Visite du Premier ministre et marche blanche

Le 5 juillet, Édouard Philippe, en déplacement dans la Cité des Ducs pour parler de l'avenir de l'aéroport de Nantes-Atlantique, s'entretient avec la maire de la ville. Le Premier ministre condamne fermement les violences et promet "la plus grande transparence sur les circonstances" de la mort d'Aboubakar Fofana. 

Le soir même, une marche blanche est organisée par la famille de la victime, quartier du Breil. 1.200 personnes y participent. Des bouquets de fleurs sont déposés à l'endroit où le jeune homme est mort, rue des Plantes.

Des fleurs blanches déposées là où est mort Aboubakar Fofana. - Radio France
Des fleurs blanches déposées là où est mort Aboubakar Fofana. © Radio France - Pascale Boucherie

Le policier qui a tiré mis en examen

Le vendredi 6 juillet, rebondissement : le CRS, qui a tiré sur Aboubakar Fofana, reconnaît avoir menti lors de sa première audition libre, deux jours avant. Il explique avoir tiré sur le jeune homme par "accident" et non "par légitime défense".

Le procureur de la République de Nantes annonce l'ouverture d'une information judiciaire. Le policier est mis en examen pour "coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner", et placé sous contrôle judiciaire.

La famille de la victime annonce qu'elle va se constituer partie civile, afin d'avoir accès à l'intégralité du dossier.

Par ailleurs, plusieurs jeunes sont interpellés après les violences dans les quartiers. Trois hommes de 20 à 31 ans sont notamment condamnés à quatre mois de prison avec sursis pour des dégradations. Et au mois de novembre, un homme de 22 ans est placé en garde à vue, confondu par son ADN.