Faits divers – Justice

Ricochet ou tir direct ? Reprise du procès de l'accident de chasse de Montréal-les-Sources

Par Emmanuel Grabey, France Bleu Drôme-Ardèche vendredi 16 septembre 2016 à 8:45

Jeudi, au tribunal correctionnel de Valence, la trajectoire de la balle a été au centre des débats
Jeudi, au tribunal correctionnel de Valence, la trajectoire de la balle a été au centre des débats © Maxppp -

Un chasseur comparaissait jeudi après midi devant le tribunal correctionnel de Valence pour homicide involontaire. Il aurait tiré sur l'un de ses camarades de battue, pensant viser un sanglier, lors d'une partie de chasse à Montréal les Sources, en janvier 2015.

Le procès de l'accident de chasse de Montréal les Sources a repris ce jeudi après-midi devant le tribunal correctionnel de Valence. Un homme de 67 ans comparaissait pour homicide involontaire, accusé d'avoir tiré sur l'un de ses camarades de battue, pensant viser un sanglier, le 24 janvier 2015.

Le procès avait débuté en novembre 2015, mais au moment de rendre sa décision en janvier 2016, le tribunal avait ordonné le renvoi du procès, la défense ayant demandé une expertise balistique supplémentaire.

La défense privilégie la thèse du ricochet

C'est donc jeudi qu'a eu lieu l'audience finale, et les débats ont porté précisément sur la trajectoire de la balle. L'expertise réclamée par la défense n'a pas permis de déterminer si la balle avait ou non ricoché avant d'atteindre la victime. Les avocats des deux parties ont donc tenté de convaincre les juges du bien-fondé de leurs théories.

Car pour l'avocat du prévenu, Me Biscarrat, son client a bien respecté toutes les règles de sécurité, il était à son poste de tir, a visé le sanglier, a appuyé sur la détente, mais la balle a heurté un obstacle et a été déviée. "Nous avons une balle qui pèse 9,71 grammes, pour finalement arriver dans le corps à 7,5 grammes, explique Me Biscarrat. Donc nous avons 2,2 grammes qui n'ont pu être perdus que dans le cadre d'une rencontre de cette balle avec ce que l'on appelle un écran, c'est-à-dire le sol, une pierre, ou autre."

Autre point qui appuie sa théorie, selon lui, l'emplacement final du projectile, qui est allé se loger dans la boîte crânienne de la victime. "Une balle, tirée en trajectoire directe à 23 mètres de distance, devrait transpercer de part en part d'une humain, puisqu'elle transperce des animaux de 300 ou 400 kg, même tirée à une distance beaucoup plus importante que celle qui séparait les deux victimes."

2 ans de prison avec sursis requis

En revanche, pour l'avocat de la famille de la victime, Me Flaud, le déroulé des événements est beaucoup plus simple. L'auteur du tir a reconnu avoir bougé de 2 mètres de la position de tir qui lui avait été affectée, ce qui est interdit. "Si on demande aux chasseurs de ne pas bouger, c'est qu'il y a une raison. Si il était resté à sa place, il se serait peut-être rendu compte qu'il ne pouvait pas tirer. En bougeant, il n'avait certainement plus le même champ de vision. Il a tout de même tiré, et a tué quelqu'un. Si on respectait les règles, il y aurait moins de drames."

Dans son réquisitoire, le procureur de la République semble avoir été sensible aux arguments de Me Flaud : il a réclamé, à l'encontre du prévenu, 2 ans de prison avec sursis, 1.500 euros d'amende, le retrait de son permis de chasse du prévenu avec interdiction de le repasser pendant 5 ans, et la confiscation de ses armes.

Le jugement a été mis en délibéré au 15 novembre prochain.

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