Faits divers – Justice

Rivalités entre quartiers : sorties suspendues pour les professeurs d'EPS d'un collège de Saint-Denis

Par Rémi Brancato, France Bleu Paris mercredi 15 novembre 2017 à 5:01

Manifestation des parents dans les quartiers SFC et Allende à Saint-Denis.
Manifestation des parents dans les quartiers SFC et Allende à Saint-Denis. © Radio France - Etienne Escuer

A Saint-Denis, la rivalité entre bandes d'adolescents de deux quartiers empêche désormais les sorties pour les cours d'EPS au stade voisin de Marville. Un élève a été frappé en plein cours de sport jeudi. Selon un adjoint au maire, le commissariat va créer une brigade de dix policiers dédiés.

Ce sera sans doute collège mort ce mercredi. Pour protester contre les violences, les parents d'élèves appellent à ne pas envoyer leurs enfants au collège Henri Barbusse de Saint-Denis. L'établissement se situe à proximité de la cité Allende et des cités SFC (Saussaie Floréal Courtille) de Saint-Denis, et il est au cœur de la rivalité entre ces 2 quartiers.

Au début du mois, des mères de famille ont manifesté contre la violence entre des bandes rivales d'adolescents. Jeudi, la violence est montée d'un cran, avec l'agression d'un élève, en plein cours de sport, au stade de Marville. "Des jeunes armés de barres de fer ont pénétré sur le terrain pour en découdre avec un élève" raconte Nicolas Paiva, professeur d'EPS. L'élève n'a pas été blessé, frappé uniquement à mains nues ; les barres de fer avaient été subtilisées. Mais les professeurs de sport ont suspendu, comme au mois d'octobre, les sorties au stade pour les cours.

Des armes pour "se protéger à la sortie des cours"

"On est tout seul quand on sort, j'ai peur qu'on se fasse agresser" raconte cette élève de 6ème devant l'établissement. Les enseignants ont fait grève vendredi pour dénoncer ce climat de violence et demander des moyens humains, notamment des surveillants pour faire face à une violence qui augmente selon eux. "Des élèves passent en conseil de discipline pour être venus au collège avec des armes, une gazeuse ou un couteau de cuisine" explique Valérie Alias, professeure de français et membre du syndicat Sud, "ils nous disent qu'ils veulent se protéger pour la sortie des cours".

"Les élèves de 6e avaient peur de se prendre des coups" raconte Ludovic Chapsal, représentant SNES FSU du collège

Une brigade de soutien de quartier de la police en renfort

Contactée, la direction académique de Seine-Saint-Denis répond que "ce n'est pas un problème de moyen mais de sécurité dans le quartier". Des représentants de l'éducation nationale devaient d'ailleurs participer ce mardi soir au CLSPD (conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance) de Saint-Denis, avec les élus locaux et les représentants de l'Etat et de la police.

Le problème semble en tout cas être une priorité. Patrick Vassallo, adjoint au maire de Saint-Denis et élu des quartiers concernés assure que le commissaire lui a annoncé qu'il mettait en place "une brigade de soutien de quartier". Selon lui, "10 policiers expérimentés seront affectés uniquement à ces quartiers".

Le collège est au coeur de la rivalité entre quartiers. Rémi Brancato