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Rosny-sous-Bois : des familles Roms menacées et chassées de leur bidonville par des individus armés

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Paris, France Bleu

Des familles Roms ont été menacées et agressées, samedi dernier, par un groupe d'individus armés, sur le terrain qu'elles occupaient à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Les familles, effrayées, ont pris la fuite. La mairie a ensuite décidé de barrer l'accès aux lieux.

Un groupe de plusieurs personnes a dégradé les baraques de familles Roms sur un terrain de Rosny-sous-Bois
Un groupe de plusieurs personnes a dégradé les baraques de familles Roms sur un terrain de Rosny-sous-Bois - DR

Depuis ce samedi 19 juin, plus personne ne vit sur le terrain, situé au 10 rue Raymond Poincaré, au bord de l'A86, à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Les familles Roms qui s'y étaient installées l'année dernière ont pris la fuite après avoir été victimes d'agressions et de menaces.

Un groupe d'individus armés

Claude Rambaud, un habitant de la commune et membre du collectif citoyen Stop Expulsion Rosny, était sur place samedi soir au moment des faits. Témoin de ces scènes de violences, il raconte à France Bleu Paris. D'après lui, une altercation aurait éclaté plus tôt entre une riveraine du terrain et un homme. Ce dernier pourrait être un habitant du bidonville. Plus tard, dans la soirée, vers 19 heures, la femme revient. Cette fois-ci, elle est  accompagnée de "7 ou 8 hommes", "armés de tessons de bouteilles, de briques, de barres de fer et de couteaux", affirme Claude Rambaud. 

"Ils ont demandé aux familles de livrer cet homme, sinon ils ont dit qu'ils allaient foutre le feu, qu'ils allaient brûler tout le monde", poursuit Claude Rambaud. Les agresseurs ont commencé "à fracasser les baraques, à renverser tout ce qu'il y avait sur leur passage et ils sont partis en promettant de revenir bientôt". 

"C'est incroyable de voir des individus extrêmement violents et excités au milieu de familles, de très jeunes enfants. On se dit que ça peut très vite mal tourner", affirme le Rosnéen. Lui-même affirma avoir été menacé et "bousculé" en tentant de s'interposer entre le groupe venu en découdre et les familles. Il a déposé plainte, tout comme sa compagne, présente sur les lieux.

"Peur des représailles"

En revanche, aucun membre de la communauté Rom n'a souhaité déposé plainte "par peur des représailles". Les familles effrayées ont pris la fuite, le soir même, en laissant toutes leurs affaires sur place. Certains ont erré dans les rues, d'autres ont dormi sur des parkings. "J'ai hébergé moi-même deux mères avec leurs enfants chez moi", assure Claude Rambaud. 

Accès au terrain désormais interdit

Le lendemain, une de ces mères est revenue sur les lieux pour tenter de récupérer des affaires personnelles, mais impossible : l'une des entrée au terrain était barrée avec des blocs de béton et l'autre, surveillée par des agents de la police municipale. Sur un post Facebook, la mairie de Rosny-sous-Bois, dirigée par Jean-Paul Fauconnet (LR), explique : "Suite à un différend de voie publique, que nous ne pouvons que déplorer, les occupants du camp situé rue Raymond Poincaré ont quitté les lieux dans la nuit de samedi à dimanche. Le terrain, appartenant à l’État, a été sécurisé par la municipalité. La démolition du camp est en cours d’étude par la préfecture (...) La municipalité reste très vigilante pour qu’il n’y ait pas de nouvelle installation sauvage sur notre commune".

La mairie de Rosny-sous-Bois a barré l'accès au terrain
La mairie de Rosny-sous-Bois a barré l'accès au terrain - DR

"La mairie estime que les familles sont parties de leur plein gré et en profite pour barrer l'accès en annonçant que tout retour est impossible", déplore Claude Rambaud. "C'est inadmissible, c'est une sorte de non-assistance de personne à danger, d'autant que ces personnes là sont victimes d'agressions et courent toujours un risque aujourd'hui puisque les agresseurs sont toujours en liberté d'après ce que je sais". 

La mairie a alerté la préfecture

Contactée par France Bleu Paris, la mairie de Rosny-sous-Bois, elle, donne une autre version : "Nous avons retrouvé ces familles lundi, et on leur a proposé de récupérer leurs affaires, mais elles ont toutes refusé de revenir", affirme le cabinet du maire. Quant à l'accès au terrain barré désormais, des raisons de sécurité sont évoquées. "On a constaté sur place qu'il y avait un glissement de terrain au niveau du point d'eau tout proche de l'A86 et la présence de plusieurs bouteilles de gaz". 

La mairie, assure qu'une enquête judiciaire est en cours. Elle a par ailleurs contacté la préfecture de la Seine-Saint-Denis pour lui signaler la situation de ces familles. "Nous n'avons pas encore eu de retour", affirme le cabinet du maire. 

Selon le collectif S_top Expulsions Rosn_y, 130 personnes vivaient sur ce terrain : 32 familles dont 12 enfants âgés de moins trois ans. Il demande aux autorités qu'une solution de d'hébergement "adaptée et durable" leur soit proposée.

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