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Faits divers – Justice

Rugby : soupçonné de favoritisme, Bernard Laporte rompt son contrat controversé avec le président du club de Montpellier

mardi 29 août 2017 à 11:35 Par Germain Arrigoni, France Bleu Hérault, France Bleu Pays d'Auvergne, France Bleu Provence et France Bleu

Accusé d'avoir favorisé Montpellier la saison passée, le président de la Fédération Française de Rugby (FFR) Bernard Laporte a mis fin lundi à un contrat d'image controversé le liant au président du club de rugby héraultais, Mohed Altrad.

Bernard Laporte a été élu fin 2016 à la tête de la Fédération Française de Rugby
Bernard Laporte a été élu fin 2016 à la tête de la Fédération Française de Rugby © AFP - GIUSEPPE CACACE

Bernard Laporte est-il fragilisé ? Le président de la FFR est soupçonné d'avoir fait pression fin juin sur la commission d'appel de la Fédération pour qu'elle réduise les sanctions envers le club du Montpellier Hérault Rugby.

Laporte dans la tourmente ?

L'ancien sélectionneur des Bleus a annoncé lundi avoir "renoncé au contrat d'image" liant sa société, BL Communication, avec celle du président du MHR, Mohed Altrad, devenu en quelques mois un partenaire majeur de la FFR.

Mais Bernard Laporte, "conscient de l'émotion légitime suscitée par la diffusion d'informations véridiques ou parfaitement erronées", doit encore prouver "dans les prochains jours" à la ministre des Sports Laura Flessel qu'il n'a pas intercédé auprès de la commission d'appel de la FFR pour réduire des sanctions infligées au club de Montpellier.

D'où part l'affaire ?

Selon le JDD du 13 août, Laporte est intervenu pour que la commission d'appel de la FFR se prononce avec "bienveillance" sur plusieurs décisions de la commission de discipline de la Ligue nationale de rugby (LNR) concernant le MHR : les sanctions liées aux banderoles hostiles à la LNR déployées lors du match contre le Racing 92, le 22 avril, et les suspensions de ses joueurs Jacques et Jannie du Plessis.

Selon l'hebdomadaire, la commission d'appel de la FFR confirme le 29 juin le jugement de première instance (infligeant notamment à Montpellier une amende de 70.000 euros). Mais le lendemain, les peines à l'encontre du MHR sont réduites. Or, selon le JDD, BL Communication, société dirigée par Laporte, a signé l'hiver dernier avec Altrad, dirigeant d'un gros groupe de matériel pour le BTP devenu à la même période le premier sponsor à s'afficher sur le maillot des Bleus, un contrat d'un an pour quatre interventions, pour un montant de 150.000 euros.

"La prestation ne sera pas réalisée. Le contractant BL Communication n'en tirera aucun avantage pécuniaire", a promis Laporte dans le communiqué diffusé lundi par la FFR.

Y a-t-il eu pression ?

La démission selon le JDD de deux des trois membres de la commission présents lors de la séance du 29 juin accrédite cette thèse. Dans son édition de dimanche, le JDD publie la lettre que Philippe Peyramaure, le démissionnaire, a adressée à Jean-Daniel Simonet, président de la commission également présent ce jour-là.

"J'ai été avisé que le président de la Fédération était intervenu pour demander que nous modifiions notre décision dans un sens beaucoup plus favorable à Montpellier", écrit cet avocat parisien désigné par la LNR pour siéger au sein de l'organe fédéral.

Que risque Laporte ?

Les révélations du JDD puis les démissions ont amené le ministère à réclamer des comptes au président de la FFR, qui a riposté en proposant "la création d'une Haute autorité de lutte pour la transparence et l'équité dans le rugby, composée de personnalités indépendantes et disposant de pouvoirs d'investigation et de sanction élargis".

Laura Flessel pourrait décider de mobiliser l'Inspection générale de la Jeunesse et des sports. Mais le calendrier est délicat : la France est en pleine course pour organiser la Coupe du monde 2023, dont le pays hôte sera désigné le 15 novembre. A travers Laporte, c'est la candidature française, en concurrence avec l'Irlande et l'Afrique du Sud, qui se retrouve fragilisée.

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