Faits divers – Justice

Rwanda : un procès historique sur le génocide s'ouvre à Paris

Par Marina Cabiten, France Bleu mardi 4 février 2014 à 10:31 Mis à jour le mardi 4 février 2014 à 13:07

Photo d'archive de Pascal Simbikangwa
Photo d'archive de Pascal Simbikangwa © Interpol

Pour la première fois depuis le génocide au Rwanda il y a presque vingt ans, un procès s'ouvre mardi à Paris pour juger un Rwandais accusé de complicité dans ce massacre.

C'est la première fois qu'un Rwandais est jugé en France pour le génocide dans ce pays , qui a fait 800.000 morts en 100 jours en 1994. Mardi, le procès de Pascal Simbikangwa s'ouvre aux assises de Paris. L'ancien officier est jugé pour complicité de génocide et de crimes contre l'humanité.

Un procès filmé pour l'Histoire

Exceptionnellement, ce procès qui doit durer six à huit semaines sera filmé. Après la sélection du jury, la première journée mardi sera consacrée au résumé des accusations et au début de l'interrogatoire de l'accusé.    Pascal Simbikangwa a 54 ans. Il est accusé d'avoir incité, organisé et aidé les massacres contre les Tutsi , notamment en organisant des barrages et en armant les miliciens. L'ancien capitaine, passé dans la police secrète après l'accident qui l'a rendu paraplégique, nie tout. Il risque la perpétuité.

La cour entendra une trentaine de témoins rwandais. Certains par visioconférence, d'autres que la justice française fera venir du Rwanda. 

Enjeu diplomatique

Si ce procès est historique, c'est aussi parce que la France a été accusée par le Rwanda d'avoir soutenu le régime génocidaire via ses militaires sur place mais aussi via ses politiques à Paris. Une accusation qui a entraîné trois ans de rupture des relations diplomatiques entre Paris et Kigali. Les deux pays se sont depuis rapprochés, et la défense dénonce un procès hautement politique.

"On a l'impression que c'est les 20 ans du génocide des Tutsi et que donc il faut condamner Pascal Simbikangwa, parce que c'est le premier qui est traduit devant une cour d'assises et qu'il faut en faire un exemple" - Me Epstein, avocat de la défense

Mardi après la première matinée d'audience, la défense a annoncé qu'elle allait demander la nullité de la procédure, au motif de "l'inégalité des chances". Le dossier est "très fortement à charge" a jugé l'une des avocates de l'accusé.

Un avis que ne partage pas la Ligue des droits de l'Homme, partie civile dans cette affaire. 

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