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Au procès du sage-femme accusé de 11 viols, des anciennes patientes témoignent

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Par , France Bleu Hérault

L'ancien sage-femme de Montpellier accusé de 11 viols sur des patientes sera fixé sur son sort ce vendredi soir. Jeudi, certaines de ces femmes se sont succédées à la barre de la cour criminelle de l'Hérault pour témoigner de ce qu'elles ont vécu comme des agressions sexuelles. Édifiant.

Qu'elles aient porté plainte ou non contre leur ancien sage-femme, elles sont venues témoigner à la barre de la cour criminelle (illustration)
Qu'elles aient porté plainte ou non contre leur ancien sage-femme, elles sont venues témoigner à la barre de la cour criminelle (illustration) © Maxppp - François Destoc

Lionel Charvin, 49 ans, sera fixé sur son sort ce vendredi soir. Ancien sage-femme à Montpellier, il comparait devant la cour criminelle de l'Hérault pour 11 viols et une agression sexuelle sur des patientes entre 2013 et 2016. Jeudi, certaines ces femmes se sont succédées à la barre pour témoigner de ce qu'elles ont vécu, comme des agressions commises par un soignant en qui elles avaient totalement confiance. 

Des témoignages entrecoupés par des sanglots

Laurence est venue de La Réunion spécialement pour le procès. Elle se rappelle une séance de rééducation du périnée, peu de temps après son accouchement. L’examen commence par une seule question : "Il m'a demandé si j'étais clitoridienne ou vaginale, ça m'a choqué". Ensuite, Lionel Charvin a pratiqué sur elle un toucher vaginal et plusieurs fois ,il lui demande si elle le "sent". Une fois cet examen terminé, elle a eu l'impression qu'il "avait abusé de la situation", elle s'est sentie "salie" et elle en a pleuré, seule, dans sa voiture.

"Je savais qu'il y avait un malaise mais c'était ma première grossesse. Je me suis demandée si c'était moi qui interprétais mal les choses." (Alix)

Sophie, elle aussi, a éprouvé de la honte et de la culpabilité "pendant deux ans". Elle faisait un "baby blues" quand elle a vu Lionel Charvin dans son cabinet. Il lui a caressé le bout des seins puis le clitoris, en lui expliquant que c'était pour retrouver leur sensibilité. "J'étais paralysée. Je trouve ça tellement injuste qu'on puisse profiter comme ça de la fragilité d'une femme". Il lui a demandé de ne pas "ébruiter ce genre de séances".

"Lionel Charvin, je pense qu'il est malade, qu'il faut qu'il se fasse soigner." (Fanny)

Sur ce qui s'est passé lors d'une séance post-accouchement, Fanny n'a aucun doute : "Clairement, il cherchait mon point G, comme s'il voulait me provoquer un orgasme."

C'est ce qu'a subi Amna. Un "orgasme mécanique. Je n'arrivais pas à me maitriser, je ne voulais pas en arriver là mais c'est arrivé quand même". La scène se déroule à la clinique, quelques heures à peine avant qu'elle donne naissance à son enfant. Lionel Charvin était censé la soulager de ses douleurs. Amna a été tellement perturbée par ce qu'il lui était arrivé qu'elle n'a pu s'empêcher de rendre sa fille responsable de sa souffrance, sans compter les blocages sexuels. 

"Sur le moment, je ne me suis pas rendue compte que j'avais été violée." (Jennifer)

Et puis il y a Jennifer. À trois jours de son accouchement, Lionel Charvin lui propose un toucher vaginal de contrôle. Finalement, rien d'autre qu'une masturbation selon elle. qu'elle mime avec ses mains devant les cinq magistrats de la cour. 

C’est la plainte pour viol de Jennifer qui a déclenché cette affaire et la radiation du soignant. "Je suis très très contente d'être ici. Ca fait cinq ans !" Son témoignage terminé, la jeune femme regagne sa place, un léger sourire aux lèvres en poussant un grand "ouf" de soulagement.

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