Faits divers – Justice

Saint-Cyprien va vendre aux enchères une partie de la "collection Bouille"

Par François David, France Bleu Roussillon mardi 31 janvier 2017 à 19:33

L'ancien maire de Saint-Cyprien Jacques Bouille
L'ancien maire de Saint-Cyprien Jacques Bouille © Maxppp -

La ville de Saint-Cyprien (Pyrénées-Orientales) commence à se débarrasser de l’héritage encombrant laissé par l’ancien maire Jacques Bouille. Prés de 300 pièces asiatiques seront vendues aux enchères chez Drouot en avril prochain.

C’est une collection pas comme les autres qui sera mise aux enchères à l’Hôtel Drouot le jeudi 13 avril à 14 heures : la commune de Saint-Cyprien se sépare d’une partie de la collection constituée par l’ancien maire Jacques Bouille dans les années 2.000.

Avis aux amateurs de figurines japonaises : plus de 300 netsukes sont mis en vente, ainsi qu’une vingtaine d’objets archéologiques chinois, selon la Maison Millon en charge de la vente.

La commune de Saint-Cyprien souhaite-t-elle, par cette vente, tourner définitivement une page douloureuse de son histoire ? Le maire n’a pas donné suite à nos sollicitations.

Toujours est-il que depuis plusieurs mois, la municipalité prépare la vente de la collection. Le 8 juillet 2016, le conseil municipal a voté le "déclassement de 691 objets d’art" en vue de leur cession : 314 pièces asiatiques, 200 pièces africaines, 86 tapis, 18 tapisseries et 73 pièces d’Amérique du sud.

Ces œuvres d’art ont été amassées dans les années 2000 sous la mandature de Jacques Bouille. L’ancien maire s’était lancé dans une politique d’acquisition boulimique, jusqu’à son arrestation en 2008 pour "prise illégale d'intérêts et corruption". Il s’est suicidé quelques mois plus tard en détention provisoire, laissant derrière lui une commune lourdement endettée.

Du coté de l'opposition, on s'étonne que cette vente aux enchères n'ait "même pas été évoquée en conseil municipal". Dans ce dossier ultrasensible, "il aurait fallu la transparence la plus totale", estime Jean-Claude Montes, conseiller municipal d'opposition :

"C'est un déni de démocratie, lorsque cette municipalité décide de se débarrasser en catimini d'un patrimoine qui appartient à la population de Saint-Cyprien, car acheté avec l'argent du contribuable."