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À Saint-Denis, les dealers balancent le locataire qui dérange par la fenêtre

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Paris, France Bleu

À Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), les copropriétaires et les locataires d'un immeuble vivent un enfer à cause de la présence de dealers dans le hall du bâtiment. Lundi soir, plusieurs d'entre eux ont été agressés, l'un des locataires a même été jeté par la fenêtre de son appartement.

L'immeuble de l'avenue Wilson à Saint-Denis, squatté par des dealers
L'immeuble de l'avenue Wilson à Saint-Denis, squatté par des dealers

C'est une information France Bleu Paris. Lundi 23 novembre, une trentaine d'individus ont attaqué des locataires d'un immeuble de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), l'une des victimes a même été "balancée" par la fenêtre de son appartement, situé au 1er étage.

Des dealers qui occupent le hall

Tout commence, lundi matin. Georgina, une des 33 copropriétaires de cet immeuble, situé avenue Wilson, fait visiter les lieux à une personne d'une société de ménage. Elle aperçoit alors un groupe de six jeunes hommes, en train de squatter le hall, et l'un d'entre eux jette son mégot de cigarette par terre. La jeune femme lui demande poliment de le ramasser et de le jeter dehors, mais celui-ci refuse et l'insulte : "Va te faire enculer, connasse... bref, c'est le langage habituel dans ces cas-là", raconte-t-elle à France Bleu Paris.

Le ton monte et devient plus menaçant. Des locataires qui entendent la dispute descendent alors et prennent la défense de Georgina. Des heurts éclatent entre le groupe de locataires et les dealers qui ripostent avec des jets de projectiles. Mais ces derniers finissent par partir en promettant de revenir. 

Alertée et inquiète, Georgina se rend au commissariat de police, dans l'après-midi, avec un des locataires mais la policière qui les reçoit ne prend pas leur main courante. "On a été très mal reçus, elle nous a fait attendre deux heures pour, à la fin, nous dire qu'elle ne pouvait pas prendre de main courante car le logiciel est cassé". La jeune femme et son voisin repartent donc chez eux, tout aussi inquiets qu'à leur arrivée.

"Ils jettent le monsieur par la fenêtre"

Leurs craintes se confirment, le soir-même, vers 18h30. "J'ai un voisin qui m'appelle qui me dit, 'ça y est, ils sont de retour mais cette fois-ci, ils sont 30'". Le groupe se dirige directement vers le 1er étage et défonce la porte de l'appartement où vivent les hommes qui ont défendu le matin même Georgina. Cette dernière appelle les policiers mais ils arrivent trop tard. "J'ai entendu des gros boums, des cris et ils [les agresseurs] ont eu le temps de saccager l'appartement, de lacérer le dos d'un des locataires, d'arracher leurs vêtements, de voler leur argent... et ils jettent ce monsieur par la fenêtre et s'en vont".

L'immeuble de l'avenue Wilson à Saint-Denis, squatté par des dealers
L'immeuble de l'avenue Wilson à Saint-Denis, squatté par des dealers

"Ils n'ont plus de limites"

Le locataire, jeté par la fenêtre, a du être hospitalisé. "Il est rentré depuis mais il est blessé à la jambe, il ne peut pas bouger", selon Georgina qui fait part de sa culpabilité mais aussi de son inquiétude. "On a franchi un cap, ils n'ont plus aucune limite !". Même si les agresseurs ne sont pas revenus dans l'immeuble, la jeune femme et ses voisins surveillent la rue depuis leur fenêtre. "On sait qu'ils reviendront un jour, parce que déjà ils ne m'ont pas encore retrouvée, je suis la prochaine sur la liste". Pourtant la jeune copropriétaire ne compte pas partir et quitter son logement. "Absolument pas ! J'ai 26 ans, le même âge qu'eux, j'ai travaillé pour avoir un appartement magnifique. Pourquoi partir ? Parce que ces jeunes pensent qu'ils sont chez eux ? C'est moi qui vais les faire partir, je n'ai pas peur d'eux, moi !"

À Saint-Denis, les dealers balancent le locataire qui dérange par la fenêtre

Des marchands de sommeil dans le même immeuble

Georgina a déposé plainte et a été reçue, ce mercredi, par un commandant de police qui, cette fois-ci," a été très à l'écoute et prend le problème très au sérieux ". Elle en espère autant désormais de son syndic, aux abonnés absents, selon elle. Elle n'est pas la seule à le penser. Maddalena, une autre copropriétaire, explique avoir demandé à plusieurs reprises au syndic d'intervenir pour régler des problèmes récurrents, "comme le digicode qui est régulièrement cassé et une deuxième porte qui n'a jamais était remise en place", donc une entrée pas du tout sécurisée. Sans compter "les marchands de sommeil" qui louent des logements dans cet immeuble "avec parfois, quinze personnes dans le même appartement". Des locataires, précaires, qui ont trop peur de parler et de dénoncer les dealers par crainte de se retrouver à la rue.

Le syndic n'était pas joignable, ce mercredi. 

"Une situation qui devient de plus en plus grave" - Maddalena, copropriétaire

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