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Faits divers – Justice DOSSIER : Attentat de Saint-Étienne-du-Rouvray

"Ça nous renvoie à la haine que des gens ont pour nous" selon un psychiatre de Saint-Étienne-du-Rouvray

mercredi 27 juillet 2016 à 14:43 Par Bénédicte Courret et la rédaction, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) et France Bleu

A Saint-Étienne-du-Rouvray, près de Rouen, l'heure est au recueillement après la prise d'otages mortelle dans une église de la ville mardi. Le psychiatre normand Christian Navarre, spécialiste des traumatismes liés aux catastrophes, livre son regard sur les conséquences de ces événements.

L'hommage aux victimes de l'attentat de Saint-Étienne-du-Rouvray.
L'hommage aux victimes de l'attentat de Saint-Étienne-du-Rouvray. © AFP - Charly Triballeau

Saint-Étienne-du-Rouvray, France

Une prise d'otages dans une église, un prêtre égorgé, un des attaquants lui-même originaire de Saint-Étienne-du-Rouvray: au lendemain des événements dramatiques qui se sont produits mardi à Saint-Étienne-du-Rouvray, près de Rouen, le docteur Christian Navarre, psychiatre, auteur du livre Psy des catastrophes, livre son regard sur les conséquences psychologiques de ces événements.

Christian Navarre est le psychiatre référent de la cellule d'urgence médico-psychologique de Haute-Normandie. Pour lui, qu'il s'agisse des attentats de Paris en novembre, ceux de Nice ou celui qui s'est produit mardi à Saint-Étienne-du-Rouvray : "Nous arrivons dans une période où il faut changer de paradigme, on est dans un monde clos qui a changé avec la mondialisation, les réseaux sociaux, les chaînes d'info continue, tout ce qui arrive peut nous concerner. Ce qui se passe à Saint-Étienne-du-Rouvray concerne les Normands mais les attentats de Paris concernaient les Normands. Même dans un lieu qui paraît un peu plus éloigné ou plus provincial, tout le monde se sent concerné."

Sur le plan local c'est un choc une sidération dans un premier temps et puis vu le contexte national et international, nous nous rendons compte que nous faisons tous partie de la même collectivité, qu'il faut réagir ensemble."

Une cellule de soutien psychologique accueille les habitants à Saint-Étienne-du-Rouvray. Christian Navarre estime que le traumatisme des Stéphanais n'est pas du même ordre que celui subi par les Niçois ou les Parisiens. "Il faut bien comprendre que les événements ont eu lieu dans une église, dans un moment où il y avait peu de témoins ce qui est très différent des attentats de Nice et c'est plutôt ceci qui aura un impact. Rien n'a été visible. C'est un récit de quelque chose qui a eu lieu comme il pourrait y en avoir ailleurs. Evidemment comme c'est une petite communauté, ceux qui connaissaient les personnes sont choquées. Mais l'attaque psychologique porte plus sur le côté symbolique."

Nous ne sommes plus un sanctuaire."

Un prêtre de 86 ans égorgé par des hommes dont on sait que l'un d'entre eux au moins est originaire de la région : pour Christian Navarre, "Il y a cette proximité, cette surprise, mais c'est aussi un manque d'informations ou un déni de la réalité. On sait depuis plusieurs mois que tous les moyens seront possibles partout et même dans les endroits les plus reculés pour attaquer nos valeurs donc peut-être que la population doit se préparer à ce que ça puisse arriver partout. Sur le plan symbolique, on est dans un programme pas dans un acte isolé. C'est une série et il faut s'attendre à ce que ce soit aléatoire, dans les endroits les plus étonnants."

Comment faire front ?"

"Ce qu'il s'est passé à Saint-Étienne-du-Rouvray relève du sacré, du spirituel, des communautés religieuses. Ce sont ces questions qui se posent : "Comment allons-nous gérer le futur ? Comment être proactif et faire front ?" La violence de ce geste (NDLR, le prêtre égorgé) nous paraît horrible mais ça existe ailleurs. Ça nous renvoie à la haine que des gens ont pour nous et c'est ce qui est traumatisant. Les médecins ne soignent que ceux qui sont présents, qui ont été témoins, qui ont été impactés. Ce traumatisme doit être pris en charge sur un mode collectif, global, politique."