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Faits divers – Justice

Saint-Étienne : la situation n'évolue pas rue Neyron

mardi 13 mars 2018 à 16:25 Par Mathilde Montagnon, France Bleu Saint-Étienne Loire

Après l'interpellation de 15 personnes lundi à Saint-Étienne, nous sommes retournés rue Neyron. Puisque ce coup de filet était lié en partie à ce qui se passe dans cette rue souvent présentée comme un supermarché de la drogue. Et pour le moment rien n'a changé.

La rue Neyron à Saint-Étienne, présentée comme la "rue de la drogue"
La rue Neyron à Saint-Étienne, présentée comme la "rue de la drogue" © Radio France - Mathilde Montagnon

Saint-Étienne, France

Quand j'arrive dans la rue Neyron vers midi, il y a un groupe de jeunes qui "tient les murs" comme on dit. Et des voitures qui s'arrêtent à leur hauteur pour échanger quelques mots ou peut-être plus. Les passants, eux, sont peu nombreux et ils rasent les murs. Et puis plusieurs véhicules de police arrivent. Se garent. Les agents sortent, contrôlent les jeunes. Et surveillent. Les jeunes plaisantent, rigolent, pas inquiets.  Les policiers grimpent dans un immeuble. Une poubelle est fouillée. L'un d'eux m'explique que les 15 interpellations de lundi ne suffisent pas. Que l’enquête se poursuit. Que le "fléau n'est pas éradiqué".

La présence des dealers est devenue une habitude

Les riverains, eux, ont tous en tête les coups de feu de début janvier. Et ils racontent que malgré le coup de projecteur jeté sur leur rue dans les jours qui ont suivi, rien n'a changé. Une riveraine, dont la porte a été touchée par un tir, raconte qu'elle s'est habituée à la présence des dealers. Qu'ils sont même plutôt "respectueux".  Mais d'autres, comme Alain, sont un peu plus véhéments. "Il y en a trois ou quatre, tous les jours ils y sont. Et les voitures s'arrêtent et tout le bordel. Ils sont tout le temps là. Tous les soirs. Jusqu'à pas d'heure. Ça se calmera pas. Ils ne sont pas assez punis".  

Alain, un habitant de la rue Neyron à Saint-Étienne

En sortant de chez Alain, je vois les véhicules de police qui quittent la rue. Ils seront restés une petite heure sur place. Les jeunes, eux, sont toujours là. Je les interpelle. Ils me disent, "tu veux quelque chose, suis-nous, en restant quelque pas derrière". Je précise que je suis journaliste, que je ne veux rien acheter, que je veux juste discuter. Ils me racontent qu'ils ont été contrôlés par la police, qu'ils ont l'habitude, et qu'ils n'avaient rien sur eux. "On a toujours un tour d'avance sur les flics", lancent-ils fièrement. Avant de me mettre en garde :"n'écrivez pas n'importe quoi sur nous. Et faites attention à vous madame".  Je leur ai souhaité une bonne journée.