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Faits divers – Justice

Saint-Étienne : le Parquet aide les jeunes placés sous main de justice à entrer dans le monde professionnel

jeudi 27 décembre 2018 à 5:33 Par Octavie Couchard, France Bleu Saint-Étienne Loire et France Bleu

Depuis quelques mois, le Parquet de Saint-Étienne propose d'aider les jeunes ayant déjà eux des démêlés avec la justice à s'insérer dans le monde professionnel. Pour cela, un dispositif regroupe les acteurs de la justice, des chefs d'entreprises et des éducateurs pour les jeunes.

Le procureur de la République de Saint-Étienne, David Charmatz a fait le bilan du dispositif.
Le procureur de la République de Saint-Étienne, David Charmatz a fait le bilan du dispositif. © Radio France - Octavie Couchard

Saint-Étienne, France

Aider les jeunes à trouver un emploi, pour ne pas les revoir dans les circuits de la justice : c'est l'objectif du dispositif mis en place par le Parquet de Saint-Étienne. Depuis septembre 2018, le procureur, les magistrats, la Protection judiciaire de la jeunesse travaillent avec des chefs d'entreprises et des éducateurs de jeunes pour trouver des solutions et insérer les mineurs placés sous main de justice sur le marché du travail. 

Proposer le bon poste à la bonne personne

Le projet est bien rôdé : les jeunes qui ont déjà purgé une peine doivent répondre à un questionnaire, qui permet de définir leur profil professionnel. Ce sont eux qui décident pour quel métier ils sont faits et surtout ce dont ils ont envie. En répondant à ce questionnaire, les jeunes doivent savoir de quoi ils sont capables. Le Parquet a fait le choix de ne pas demander de CV aux jeunes, l'idée étant de se baser sur les motivations de chacun et non sur le parcours scolaire ou professionnel. 

Les entreprises doivent aussi se plier au jeu des questions, en établissant des fiches de poste très précises : type d'activité, compétences requises, savoirs et attitudes nécessaires, etc...  L'objectif est de décrire au maximum le poste proposé pour que le jeune puisse se projeter. Ensuite, c'est le Parquet qui croise les données, pour mettre en relation les jeunes avec les professionnels. L'idée, c'est de mettre les bonnes personnes en face des bons postes. Les professionnels rencontrent les jeunes, et si le courant passe bien, l'aventure peut commencer. 

Au total, 80 postes sont ouverts pour les jeunes placés sous main de justice par le Parquet de Saint-Étienne, grâce à une quarantaine d'entreprises. Parmi les professionnels qui ont dit oui, Yves Oisel, directeur d'une société d'électricité à Saint-Galmier : "Tout le monde à droit à une seconde chance. On m'a présenté un jeune de Rive-de-Gier, on a discuté. Il faut leur parler vrai, il ne fait pas leur raconter de bêtises. Je lui ai expliqué comment ça allait se passer, le gamin a adhéré et je pense que ça va aller", explique-t-il. Ce chef d'entreprise fait partie des premiers professionnel à avoir répondu favorablement au projet du Parquet. En ce moment, un jeune de 16 ans découvre le monde du travail dans son entreprise. 

14 jeunes déjà dans le dispositif

Grâce à ce projet, ce sont deux milieux qui se rencontrent, a expliqué le procureur de la République de Saint-Étienne au cours d'une réunion bilan de ce projet. L'objectif, c'est bien de mettre en relation des jeunes avec des professionnels, et aussi de faire tomber les barrières. Le délégué au Procureur de Saint-Étienne, Jean Munster, le sait bien, c'est parfois difficile de trouver un travail quand il faut justifier une période en prison : "Je crois qu'il y a _une période de très grande difficulté à la sortie d'une période d'incarcération_, il fallait aussi aider et accompagner ces personnes à trouver plus facilement un emploi et tout particulièrement une occupation".

Pour l'instant, 14 jeunes sont entrés dans le dispositif d'aide à l'insertion professionnelle du Parquet. Les mineurs sont suivis par la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) et par des éducateurs, comme Sylvie Walter. Cette éducatrice souligne l'effet positif de ce dispositif : "Tout est positif, rien n'est renvoyé de négatif aux jeunes, ce qui peut être parfois violent pour eux, parce qu'ils ne sont pas habitués. On leur dit tu es bâtisseurs, tu apprends en travaillant, c'est vraiment que des bonnes choses."

En trois mois, 11 profils professionnels de jeunes mineurs ont été dressés par le Parquet, et un contrat d'apprentissage a été signé. Le dispositif pourrait aussi s'étendre aux majeurs condamnés à une peine de sursis avec mise à l'épreuve.