Faits divers – Justice

Saint-Galmier : marche blanche pour Sandra et Nicolas, tués sur la route il y a un an

Par Mathilde Montagnon, France Bleu Saint-Étienne Loire jeudi 25 août 2016 à 18:20

Les familles de Sandra et Nicolas organisent la marche blanche de samedi à Saint-Galmier
Les familles de Sandra et Nicolas organisent la marche blanche de samedi à Saint-Galmier © Radio France - Mathilde Montagnon

Une marche blanche est organisée ce samedi à Saint-Galmier. Les parents et amis de Sandra Malochet et Nicolas Mereni veulent rendre hommage à ces deux jeunes, tués il y a un an, dans deux accidents de la route, à quelques jours d'intervalle.

C'était il y a un an, le 25 août 2015. Sandra, 15 ans, passagère d'un scooter, est percutée par une voiture, route de Bellegarde à Saint-Galmier, alors que son véhicule est à l'arrêt. Quelques jours plus tard, le 28 août 2015, Nicolas, 32 ans, décède au niveau de l’hippodrome de Saint-Galmier. C'est un automobiliste de 76 ans qui lui aurait coupé la route.

Ce samedi, les parents et amis de Sandra et Nicolas organisent une marche blanche pour "ne pas les oublier, s'unir pour se soutenir". Pour Jérôme, le frère de Nicolas, il s'agit de "rappeler leur mémoire". Mais aussi "d'appeler à la sécurité routière. Pointer du doigt le fait que les deux-roues sont des véhicules plus vulnérables que les autres". Il affirme également que "le sentiment général et ce qui rejoint les deux familles c'est le mécontentement par rapport à la justice française. Les peines qui sont infligées à ces gens-là sont dérisoires. C'est de la prison avec sursis, c'est des suspensions de permis. Pour nous, pour homicide involontaire, ça nous paraît sous-dimensionné".

Jérôme Mereni, le frère de Nicolas

Le procès de la conductrice qui a fauché Sandra s'est tenu trois mois seulement après l'accident. Elle a été condamnée à 2 ans de prison avec sursis et 6 mois d'annulation de permis. Mais les parents de la jeune fille décédée estiment que l'enquête a été trop légère notamment sur la vitesse de la voiture et sur l'usage possible du téléphone au moment du choc. Ils estiment que la qualification d'homicide involontaire déresponsabilise les conducteurs. Pour Patricia, la mère de Sandra "elle est qualifiée de coupable mais sur un mode involontaire. C'est à dire qu'elle n'a pas provoqué volontairement l'accident. Sauf que c'est une somme d'actes volontaires qui a mené au décès de ma fille de 15 ans. Moi, mon mécontentement, il est là, ma colère, elle est là, ma douleur, elle est là".

Thierry, le père de l'adolescente estime qu'aujourd'hui "non seulement une vie a été détruite mais c'est toute une famille, les amis proches. Tous les objectifs, tous les projets qu'on pouvait avoir, c'est terminé. Maintenant on vit à court terme."

Reportage de Mathilde Montagnon

Le procès du conducteur qui a coupé la route à Nicolas Mereni n'est lui toujours pas programmé. Un an après l'accident, Roger, le père de la victime, raconte qu'il voit tous les jours l'homme qui a tué son fils. Ils vivent dans la même commune. Pour Roger "c'est insupportable" et il n'est pas sûr que le procès apaisera sa peine : "C'est codifié. Homicide involontaire ça sera un an ou deux ans avec sursis, suspension de six mois ou rétention du permis... c'est de la bagatelle. C'est insuffisant. On classe ça en homicide involontaire, mais le responsable qui a tué notre gamin, qui a coupé la route à notre gamin, c'est ce monsieur-là. On ne peut pas dire que c'est involontaire. A un moment donné, la personne n'a pas regardé. Il a tourné. Et on classe ça dans les homicides involontaires. Il faut arrêter."

Roger Mereni, le prère de Nicolas

La marche blanche partira à 14h de la mairie de Saint-Galmier. Le cortège prendra la route de Bellegarde, la route de Cuzieu avant de retourner place de la Mairie. Les participants sont invités à venir habillés en blanc et avec deux fleurs de couleurs.

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