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Saint-Nazaire : l'enquête pour le viol d'une conseillère municipale par un adjoint classée sans suite

L'affaire qui secoue la mairie de Saint-Nazaire a pris un nouveau tournant, ces dernières heures, avec la démission de trois adjointes mais aussi le classement sans suite de l'enquête pour le viol d'une conseillère municipale de la part de l'adjoint aux finances.

L'enquête pour viol visant Martin Arnout (tout à gauche) a été classée sans suite.
L'enquête pour viol visant Martin Arnout (tout à gauche) a été classée sans suite. © Radio France - Pascale Boucherie

C'est un conseil municipal très particulier ce vendredi matin à Saint-Nazaire. Il se déroule dans une "ambiance glaciale, tendue, mais correcte" commente un habitué. 

"Ce conseil municipal est glacial, tendu, mais correct"

Depuis des mois, la majorité municipale est secouée par ces accusations de viol à l'encontre de l'adjoint aux finances de la part d'une conseillère municipale qui a démissionné en début de semaine. On apprend ce vendredi que l'enquête a été classée sans suite par le parquet de Saint-Nazaire au motif qu'aucune infraction n'a pu être constatée.

"Dans cette affaire les élus sont très méfiants. C'est vite fait de déraper" - observateur anonyme

En introduction au conseil municipal, le maire David Samzun a longuement pris la parole et dénoncé "une médiatisation qui insulte la collectivité" :

"J'espère (...) que cessent les accusations, les insinuations et le mélange des sujets permis par une médiatisation savamment organisée qui insulte jour après jour les 1400 agents dont j'ai la responsabilité, ce conseil municipal et l'ensemble de la collectivité"- le maire de Saint-Nazaire

Le conseil municipal de Saint-Nazaire réunit en ce vendredi 28 juin 2019.
Le conseil municipal de Saint-Nazaire réunit en ce vendredi 28 juin 2019. © Radio France - Pascale Boucherie

L'enquête pour viol classée mais aussi la plainte pour diffamation

L'élu mis en cause, Martin Arnout, compte désormais poursuivre son mandat et il réfléchit à voir quelles suites judiciaires il donne à cette affaire. Il avait déjà porté plainte pour diffamation, elle aussi classée sans suite.

Contactée à la mi-journée, l'avocate de Laurianne Deniaud maître Anne Bouillon a fait savoir que :

"Le classement sans suite des faits de diffamation n'est pas une surprise. L'intention de Laurianne Deniaud n'a jamais été de diffamer qui que ce soit mais de protéger et d'alerter" - Anne Bouillon

La robe noire ajoute qu'il "est infiniment regrettable que (sa cliente ndlr) n'ait pas été entendue.

Trois adjointes démissionnent

Mais il y a aussi un volet politique. Trois adjointes, dont la première, Laurianne Deniaud, ont démissionné ce jeudi. Elles dénoncent "un exécutif qui encourage l'omerta". Elles visent directement le maire PS, David Samzun. Elles estiment qu'il n'a pas pris les décisions qu'il fallait dans cette affaire. 

Laurianne Deniaud n'a pas le soutien du conseil municipal...

Avant l'annonce des classements sans suite prononcés par le procureur de Saint-Nazaire, les élus ont voté, à bulletin secret, la demande de protection fonctionnelle de Laurianne Deniaud, poursuivie pour diffamation. Le résultat est sans appel : 16 pour, 24 contre et une abstention. "Cela engage les fonds de la collectivité, or elle est démissionnaire" résume un proche du cabinet du maire. Martin Arnout n'a pas participé à ce vote.

... mais Laurianne Deniaud a le soutien du collectif "ils ne nous feront pas taire"

Vers 12h30, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées sous les fenêtres du conseil municipal de Saint-Nazaire et ont entonné "l'hymne à la femme". Le classement sans suite de l'affaire ne les étonne pas. "C'est ce qui arrive dans 80% des affaires de viol ou d'agression sexuelle" affirme l'une des manifestantes. Tandis qu'un des rares hommes mobilisés s'indigne  :

Il arrive à Laurianne Deniaud ce qui arrive à n'importe quel lanceur d'alerte : il perd son métier" - François-Xavier, manifestant

Point presse des adjointes démissionnaires

En fin de journée, les trois adjointes démissionnaires ont tenu un point presse pour expliquer leur choix. Régine Lebail, Laurianne Deniaud et Gaëlle Bénizé Thual se sont dit très peinées par la façon dont elles ont été traitées au sein du conseil municipal. Elles qui "depuis plus d'une année dénoncent un climat sexiste et sexualisant à la mairie et alertent pour que des choses soient mises en place".

"Je me sens atteinte dans ce qui faisait mon engagement politique. Je suis peinée, affligée"- Régine Lebail

"J'ai le sentiment d'avoir été maltraitée depuis que j'ai parlé" - Laurianne Deniaud

"Je suis atterrée et dégoûtée. Je continue à militer, c'est déjà beaucoup. Je me donne l'été pour réfléchir à la suite" - Gaëlle Bénizé Thual

Laurianne Deniaud a fait savoir qu'elle continuait son combat pour la libération de la parole des femmes. Concernant le refus de sa protection fonctionnelle, elle a déclaré qu'elle n'écartait pas la possibilité de saisir le tribunal administratif - pour ce faire elle se rapproche de l'ECVF, l'association des élus contre les Violences faites aux femmes - car elle a déjà engagé des frais de justice. Laurianne Deniaud a aussi annoncé la venue prochaine à la mairie de Saint-Nazaire de trois membres du bureau national du PS à des fins d'enquête interne au parti politique. Cette mission est composée de Michel Debout, Cécilia Gondard et Laurence Rossignol.

De gauche à droite : Régine Lebail, Laurianne Deniaud et Gaëlle Bénizé Thual.
De gauche à droite : Régine Lebail, Laurianne Deniaud et Gaëlle Bénizé Thual. © Radio France - Pascale Boucherie
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