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Politique

Sarthe : Jean Claude Boulard, l'enfant de Saint-Marceau

vendredi 1 juin 2018 à 21:15 Par Pierre-Antoine Lefort, France Bleu Maine

Jean Claude Boulard, le maire du Mans, mort dans la nuit de jeudi à vendredi a passé toutes ses vacances à Saint-Marceau, près de Saint-Jean D'Assé. Il a gardé un lien très fort avec cette commune de 500 habitants, dont la mairie est tenue par sa femme, Dominique Boulard.

Jean Claude Boulard, le maire du Mans décédé dans la nuit de jeudi à vendredi des suites d'une longue maladie, était resté très attaché à Saint-Marceau, où il a passé la plupart de ses vacances étant enfant.
Jean Claude Boulard, le maire du Mans décédé dans la nuit de jeudi à vendredi des suites d'une longue maladie, était resté très attaché à Saint-Marceau, où il a passé la plupart de ses vacances étant enfant. © Radio France - Pierre-Antoine Lefort

Saint-Marceau, France

Les vacances de Jean-Claude Boulard à Saint-Marceau, Michel Veynachter son ami d'enfance s'en souvient comme si c'était hier. Pourtant leur rencontre remonte à plus de 60 ans, lorsque celui qui deviendra maire du Mans, mort dans la nuit de jeudi à vendredi, venait passer toutes ses vacances scolaires dans le village de son grand père. 

Des souvenirs qui font monter les larmes aux yeux de son ami. "Il me dépassait de deux têtes, nous avions trois ans d’écart. On allait à la pêche, nager, on faisait beaucoup de choses ensemble". C'est même Jean-Claude Boulard qui lui fera faire ses premières brasses. "Quand on savait à peine nager, il nous balançait dans l'eau, et allait nous rechercher, c'était folklorique. Les conneries que l'on a fait d'ailleurs ! On sautait du barrage, on plongeait, et il n'était pas le dernier à plonger non plus !"

Jean Claude Boulard n'a jamais oublié Saint-Marceau

Viennent ensuite les études supérieures. Sciences Po, puis l'ENA, et son service militaire en Afrique qui ne lui laissent que peu de temps pour retourner dans le village de son enfance. Mais même élu député, maire du Mans, puis sénateur Jean-Claude Boulard n'oubliera jamais Saint-Marceau, qui lui rend bien. " Il n'y avait ni secrétaire d'état, ni maire, ni rien. C'était Jean-Claude, le gars du village, c'est tout. "Salut Jean Claude, bonjour Jean-Claude", tout le monde l'appelait Jean-Claude. On ne l'a jamais appelé Monsieur le maire, Monsieur le sénateur. Même si cela l'aurait fait rire." La voix de Michel Veynachter s'étrangle. "C'était un bon bonhomme, qui savait se mettre proche des gens, des gens du peuple. Pas un bourgeois, quelqu'un de proche de nous."

Cette vie à la campagne, pendant les vacances, l'élu l'avait évoquée, en 2014 sur France Bleu Maine. "J'ai une double enfance. Parisienne dans le 13ème arrondissement, le lycée Henri IV de la 6ème à la terminale, la rue Mouffetard et puis le village" où Jean-Claude Boulard passait toutes ses vacances. C'est à cette période que naît en lui le goût du débat... et des études. "Je découvre par rapport à mes copains du village, une maladresse incroyable. Et je me dis "si tu ne fais pas d'études, tu es baisé !"".

C'était Le parisien qui venait en vacances, et tout ce que cela représentait pour les jeunes d'ici"

Depuis le début de sa longue maladie, Jean-Claude Boulard se faisait plus discret dans les rues de la commune, dirigée par Dominique, sa femme, depuis cinq mandats. Mais son ami, devenu le parrain de sa fille, a continué à lui rendre visite. La dernière, c'était il y a encore quelques semaines. "Il m'a dit Michel, assieds toi, on va boire un coup. Il a sorti deux petits verres sur le guéridon, et nous a servi deux cognacs.

Les habitants, peu surpris par l'annonce de son décès 

Lundi, Michel sera bien évidemment à la cérémonie, à la cathédrale du Mans, pour dire adieux à son ami, dont la mort n'a pas tellement surpris dans le village. "On savait qu'il était très malade", confient les passants. "C'était quelqu'un de gentil, très gentil, se souvient Jeannine. Quand on le côtoyait à Saint-Marceau, c'était quelqu'un de très accessible", poursuit cette habitante, qui a rencontré Jean Claude Boulard lorsqu'ils étaient adolescents. Elle dépeint "Un parisien, Le parisien qui venait en vacances, et tout ce que cela représentait pour les jeunes d'ici. Très vif, très sportif." 

Maria travaille à la mairie de Saint-Marceau. Sa première pensée, elle la dédie à Dominique Boulard. Elle croisait régulièrement le maire du Mans, et a même été invitée à ses 50 ans de mariage. "C'était une fête fantastique. Ce sont des gens très bien, très conviviaux, très famille. C'était quelqu'un qui ne regardait pas notre statut social, il était très ouvert."

Après la cérémonie à la cathédrale du Mans, lundi matin à 10 heures, où les personnalités, nombreuses à avoir réagit à son décès, seront sans doute présentes,  d'autres obsèques sont prévues à l'Eglise de Saint-Marceau, à 15 heures. Jean-Claude Boulard, "l'homme qui marchait dans sa ville", sera ensuite inhumé, dans le village de son enfance.