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Sarthe - Meurtre d'un jeune autiste à Vivoin : le beau-père condamné à 30 ans de réclusion criminelle

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Par , France Bleu Maine, France Bleu

En juin 2018, un jeune autiste de 22 ans était retrouvé mort à Vivoin dans le Nord Sarthe. Il avait été roué de coups par son beau père. Cet homme de 56 ans, qui était jugé cette semaine devant la cour d'assises de la Sarthe, est condamné à 30 ans de réclusion criminelle.

L'entrée de la cour d'assises de la Sarthe, le 24 mars 2021 (illustration)
L'entrée de la cour d'assises de la Sarthe, le 24 mars 2021 (illustration) © Radio France - Clémentine Vergnaud

Un Sarthois de 56 ans a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle pour le meurtre du fils de sa compagne en juin 2018 à Vivoin dans le Nord Sarthe. Il était jugé cette semaine devant la cour d'assises de la Sarthe. La victime, un jeune autiste de 22 ans, avait été roué de coups suite à une dispute familiale. L'homme l'avait ensuite laissé inconscient. Ce n'est que le lendemain matin que le corps sans vie avait été découvert. 

Le mutisme de l'accusé

Au troisième jour d'audience, le procès s'est poursuivi ce matin par les plaidoiries. Le mutisme de l'accusé a été le fil conducteur des avocats des parties civiles. "Monsieur n'a pas voulu parler parce qu'il ne parle qu'avec ses poings alors moi je vais mettre les poings sur les i" commence Maître Godard, avocat des grands-parents de la victime. Il pointe l'alcoolisme, l'impulsivité et la violence du prévenu, rappelant "les raclées assénées régulièrement et gratuitement" jusqu'à la dernière mortelle. "50 ecchymoses"  provoquées par cet homme qualifié par l'avocat de "tyran domestique dans toute son horreur".

"On lui a dit "arrête, arrête !"" enchaine Maître Brenner-Jousseaume, avocate de la mère du jeune autiste. "Mais personne ne pouvait arrêter la folie meurtrière". Elle rappelle d'ailleurs ses menaces explicites : "Je vais te tuer, je vais te crever". Alors Maître Godard interroge : "qu'à fait la victime pour mériter ça ?" L'avocate de la sœur de la victime répond : "Il n'a rien fait" et ironise "et monsieur évoque un manque de respect".     

Dans son box, l'accusé, bras croisé, regard fixe, est impassible. Il sera resté silencieux durant quasiment tout le procès, "or nos clients avaient besoin de comprendre" explique Maître Godard. Une autre avocate des parties civiles insiste : "Monsieur se réfugie derrière son amnésie. Mais lorsqu'on le confronte à ses actes, comment réagit-il ? Un pardon ? Non ! Monsieur masque les faits, dupe les secours, dupe les gendarmes et invoque ici son droit au silence."

30 ans de réclusion requis par l'avocate générale

Cette amnésie, l'avocate générale n'y croit pas et elle estime que l'intention de tuer ne fait aucun doute. "Il y a eu un acharnement, un déchaînement de violences" dit-elle avant de lister partiellement les coups : "Fracture dentaire, blessure à l’œil gauche, oreille droite, bras gauche, le dos des mains, l'abdomen, le thorax et le coup fatal à la tête ayant entrainé une hémorragie crânienne et l'arrêt successifs de plusieurs organes".

Pour l'avocate générale, l'homme "ne pouvait pas ignorer les conséquences mortelles sur une personne qui plus est vulnérable. Ce jeune homme souffrant de trouble autistique ne pouvait pas se défendre et n'a d'ailleurs pas cherché à se protéger de la pluie de coups". Selon elle, l'homme qui compte déjà 24 condamnations et qui a passé 12 ans en prison, est "une personne violente qui le sera toujours". Et puisqu'il présente un niveau de "dangerosité élevé" et qu'il faut "protéger la société", elle demande à la cour de prononcer une peine de 30 ans de réclusion criminelle. Réquisitions que la cour a donc suivies. L'homme a désormais 10 jours pour interjeter appel.

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