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Sarthe : victime de violences conjugales, une femme était séquestrée et affamée par son mari et sa maîtresse

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Par , France Bleu Maine

Le parquet du Mans a condamné un cinquantenaire à deux ans de prison ferme, ce lundi 14 septembre 2020. Cet homme a violenté sa femme pendant cinq ans, à Saint-Calais. Il l'a également séquestrée plusieurs mois, fin 2016, en la privant de nourriture.

La victime accuse son mari et sa maîtresse de l'avoir séquestrée et privée de nourriture.
La victime accuse son mari et sa maîtresse de l'avoir séquestrée et privée de nourriture. © Radio France - Clémentine Sabrié

"Ce n'est pas du mauvais Zola, c'est la réalité", martèle l'avocate de la partie civile dans sa plaidoirie. Un homme d'une cinquantaine d'années, originaire du Maroc, a été condamné à cinq années d'emprisonnement dont deux fermes par le parquet du Mans, ce lundi 14 septembre 2020. Le tribunal l'a reconnu coupable de faits de séquestration et de violences sur sa femme. Une femme de 42 ans, également d'origine marocaine, a écopé de 18 mois de prison, dont six fermes. Il s'agit de la voisine du couple à Saint-Calais, dans l'est de la Sarthe. Elle leur loue la maison mitoyenne à leur domicile. 

En février 2020, l'affaire avait été renvoyée en raison de la grève des avocats et faute d'interprète pour la prévenue.

"La famine a été longue"

Cette femme n'est pas seulement la voisine ou la locataire, souligne la présidente du tribunal. "Son positionnement est central au milieu de la famille", explique la magistrate. "Elle passait pour la deuxième épouse, mais la première dans le cœur de monsieur." Les voisins parlent d'un "couple à trois". Mais c'est l'une des filles du mari violent et de sa victime qui le raconte le mieux : "Mon père payait tout pour elle [ndlr. la voisine]. Ils se comportaient tous les deux comme un couple marié." Dans son téléphone, 300 photos de la "voisine", une seule de sa femme.

Après le rappel des faits par la présidente du tribunal, la victime, également originaire du Maroc, s'avance à la barre. Chétive, cette femme de 46 ans en parait bien plus. Elle peine à marcher et à se faire entendre. Pendant plusieurs mois, fin 2016, elle n'avait plus les clés de sa propre maison. Elle ne pouvait pas ouvrir les fenêtres, faute de poignée. Un verrou, dont elle n'a pas la clé, lui barre l'accès à la cuisine. Malgré tout, elle s'exprime d'une voix ferme : "La famine a été longue." La quarantenaire fouillait les poubelles pour trouver de quoi se nourrir. 

Les amants nient en bloc

La victime confirme la relation de son mari avec la locataire : "Ils couchaient ensemble dans notre lit conjugal." Pendant ce temps, elle devait dormir dans le grenier de la maison. Le mari infidèle et son amante mangeaient tous les deux, preuve en est de photos retrouvées sur le portable de l'homme. "Après, je devais faire la vaisselle", se souvient la victime.

Pour toute explication, le mari baragouine : "Notre mariage ne fonctionne plus, c'est tout. Peut-être que je ne suis pas un mari correct." Il réfute les accusations de violences conjugales et de séquestration. L'homme explique qu'il travaille de 4h du matin à 20h et qu'il n'a aucune idée de ce qui se passe chez lui. Pourtant, dans son relevé téléphonique, on trouve la trace d'appels quotidiens à sa maîtresse. Cette dernière prend peu à peu la place de la conjointe officielle. A partir de la rentrée de septembre 2016, les institutrices de l'école des enfants s'inquiètent de ne plus voir la mère accompagner ses enfants à l'école. 

Son mari "voulait la faire disparaître", s'insurge l'avocate de la victime. Il l'a isolée de sa famille, de toute relation sociale, allant finalement jusqu'à la séquestrer. L'avocate regrette que ce dossier ait été correctionnalisé. En effet, la victime dénonce plusieurs faits de viols. Ces crimes présumés n'ont pas été retenus, car la victime ne peut pas les prouver. Sous l'emprise de son époux, elle n'a jamais pu voir de gynécologue pour faire des examens.

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