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Sauveteurs morts aux Sables-d'Olonne : un rapport pointe la fragilité des vitres du canot de la SNSM

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Par , France Bleu Loire Océan, France Bleu

Plus d'un an après le décès de trois sauveteurs de la SNSM lors d'une opération de secours aux Sables-d'Olonne, un rapport du Bureau Enquête Accident Mer, rendu public ce lundi, pointe "la fragilité des vitres de la vedette". Ce dernier recommande le remplacement des vitres de tous les canots.

A bord de canots, les sauveteurs de la SNSM ont rendu, jeudi 13 juin, "hommage aux 3 sauveteurs morts en exercice aux Sables-d'Olonne en juin 2019.
A bord de canots, les sauveteurs de la SNSM ont rendu, jeudi 13 juin, "hommage aux 3 sauveteurs morts en exercice aux Sables-d'Olonne en juin 2019. © Radio France - Benjamin Mathieu

Après une enquête minutieuse de plusieurs mois, le Bureau Enquête Accident Mer a rendu public, ce lundi, son rapport sur les causes du naufrage du canot tous temps Jack Morisseau, en juin 2019 aux Sables-d'Olonne, qui a entraîné la mort de trois sauveteurs de la SNSM. Dans les 83 pages publiées, les experts pointent plusieurs facteurs déterminants dont la fragilité des vitres de la vedette. Ces conclusions emmènent les enquêteurs à recommander le remplacement des vitrages qui ne sont pas en verre trempé par des vitrages feuilletés et trempés à bord de ses canots tous temps.

"L'envahissement du navire a anéanti les capacités de redressement du navire"

En pleine tempête Miguel, les sauveteurs de la SNSM avaient été appelés en urgence pour venir au secours d'un chalutier en perdition, le 7 juin 2019. Au cours de son intervention, "le canot a été frappé par une vague puissante et de grande hauteur, détaille le BEA Mer. Sous la violence du choc, deux vitres sur l'avant de la timonerie explosent et l'eau de mer déferle à l'intérieur". D'après les conclusions de cette enquête, "dès lors, la situation n'était plus maîtrisable". 

L'organisme public qui a modélisé le navire et étudié la résistance des vitres d'un autre canot de la SNSM, similaire au Jack Morisseau estime que "l'envahissement du navire a anéanti ses capacités de redressement", lorsque de nouvelles vagues se sont abattues sur lui. Ce matin là, 4 des 7 membres d'équipage se sont retrouvés à la mer, tandis que les 3 autres sont restés prisonniers à l'intérieur du canot retourné. "Le facteur matériel prédominant de l'accident du CTT Jack Morisseau est la rupture de deux vitres avant de la timonerie" insiste le BEA Mer. Avant de préciser : "les conditions de survie à bord ont été gravement compromises par l'électrification des parties métalliques qui structurent l'espace timonerie". 

Le BEA Mer recommande l'abandon des vitrages qui ne sont pas en verre trempé

Dans les conclusions du rapport, le Bureau Enquête Accident Mer recommande, ce lundi, à la Société nationale de sauvetage en mer de remplacer l'ensemble des vitrages qui ne sont pas en verre trempé par des vitrages feuilletés et trempés à bord de ses canots tous temps. L'organisme préconisant néanmoins à l'administration "d'inciter les exploitants à définir les limites d'emploi des navires de sauvetage", notamment lorsque les conditions météorologiques sont particulièrement difficiles. 

Les enquêteurs, qui ont épluché les moindres détails du naufrage, ont mis en évidence que le patron du bateau de pêche en perdition était seul à bord "alors que son permis d'armement lui imposait un effectif de deux personnes". Immédiatement après avoir pris connaissance de la situation du chalutier de 12 mètres, le Carrera, le Cross Etel avait mis en oeuvre le canot de la SNSM afin qu'il aille porter secours au chalutier. "Un membre d'équipage du chalutier aurait pu remettre en cause sa décision d'appareiller", conclut l'organisme.

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