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Scandale de la Dépakine : une victime d'Épinay-sur-Seine "apaisée" après la troisième mise en examen de Sanofi

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Par , France Bleu Paris

Le laboratoire Sanofi qui commercialise le médicament anti-épileptique Dépakine a été mis en examen lundi 3 août pour "homicides involontaires". Une nouvelle bataille gagnée pour les plaignantes, dont Nadia, d'Épinay-sur-Seine.

Aujourd'hui, un petit sigle interdisant le médicament aux femmes enceintes est inscrit sur l'emballage.
Aujourd'hui, un petit sigle interdisant le médicament aux femmes enceintes est inscrit sur l'emballage. © Radio France - Simon Cardona

Nadia vit à Épinay-sur-Seine. Ce matin, en apprenant la troisième mise en examen du laboratoire Sanofi pour "homicides involontaires", elle s'est sentie apaisée. Elle qui n'a eu qu'un enfant, mort au bout de huit mois de grossesse en 2007 alors qu'elle prenait de la Dépakine, croit de plus en plus à une condamnation de Sanofi.

Justice pour les familles

En plus de cette nouvelle mise en examen, le laboratoire français est aussi poursuivi depuis février 2020 pour "tromperies aggravées" et "blessures involontaires". Nadia fait partie des parties civiles pour les deux premières mises en examen. Pas pour la troisième, la perte de son enfant in utero ne peut pas être juridiquement considérée comme un homicide involontaire. Mais cette nouvelle étape dans le procès qui va confronter Sanofi à ses victimes lui fait du bien. 

Nadia devant une photo d'elle en train d'enterrer son enfant, mort après huit mois de grossesse.
Nadia devant une photo d'elle en train d'enterrer son enfant, mort après huit mois de grossesse. © Radio France - Simon Cardona

"La décision m'a apaisée, raconte Nadia. Pour moi c'est justice pour les familles. C'était mon seul enfant, je n'avais que lui, c'était très violent. Jusqu'à maintenant je suis suivie. Et ça a été pire encore quand j'ai appris qu'un médicament était responsable de ça."

Une caution de 88 millions d'euros

Selon les juges d'instructions, le lien entre Dépakine et les dommages observés chez les très jeunes victimes est scientifiquement établi. "Je sais que ce n'est pas ça qui rendra mon enfant, mais c'est pour au moins me dire qu'il y ait une justice, estime cette Spinassienne. Elle pourra enfin aller faire son deuil "en allant sur la tombe de mon enfant et l'honorer."

Environ 80 enfants ou jeunes adolescents se sont constituées partie civile dans le volet pénal de cette affaire. La justice a mis le laboratoire sous contrôle judiciaire, avec une caution de 88 millions d'euros.

C'est une "grande victoire" pour Marine Martin, la présidente de l'Association d'aide aux parents d'enfants souffrant du syndrome de l'anti-convulsivant, qui vient au soutien des victimes (Apesac) : "Tous les jours je reçois des témoignages de mamans qui ont perdu leur bébé à cause de la Dépakine qui a été prescrit pendant leur grossesse. Qu'enfin on puisse reconnaitre que la Dépakine tue, c'est un soulagement pour les familles des victimes. Pour que Sanofi soit enfin désigné comme responsable, comme des criminels. Aujourd’hui ils devront s'expliquer devant la justice."

Sanofi a annoncé que le laboratoire va faire appel de cette mise en examen, puisqu'il a "respecté ses obligations d’information" et conteste le bienfondé de ces poursuites. 

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