Faits divers – Justice

Schéma départemental scolaire : "Une attaque en règle contre le service public d'éducation" pour le SNUipp

Par Ruddy Guilmin, France Bleu Maine mardi 27 septembre 2016 à 11:13

Le débat sur l'avenir de l'école s'annonce vif entre le directeur académique Jean-Marc Milville (en haut) et le SNUipp, représenté par Julien Cristofoli (en bas).
Le débat sur l'avenir de l'école s'annonce vif entre le directeur académique Jean-Marc Milville (en haut) et le SNUipp, représenté par Julien Cristofoli (en bas). © Radio France

Le SNUipp 72, principal syndicat enseignant du primaire, monte au créneau contre le projet de réorganisation territoriale suggérant de fermer les plus petites écoles et d'envisager des pôles scolaires à l'échelle intercommunale. Il dénonce un plan visant avant tout à "faire des économies".

"C'est une attaque en règle contre le service public d'éducation !" Voilà ce que pense le SNUipp 72 du projet de schéma territorial scolaire qui a fuité ce week-end dans Le Maine Libre. Ce document de travail, dont seuls la Préfète, le président du conseil départemental et l'association des maires de Sarthe ont été destinataires, invite les élus à repenser l'organisation territoriale de l'école et à passer une convention avec l'Education Nationale pour adapter les moyens au plan établi.

C'est justement le contenu de ce plan qui pose problème. Dans ce document, le directeur académique préconise une organisation à l'échelle intercommunale plutôt que communale. Ce qui permettrait de privilégier des "structures d'une taille suffisante". Traduction : fini les petites écoles dans les petites communes. Et le document fixe un seuil : en dessous de "cinq classes", il serait préférable de regrouper les élèves dans des pôles scolaires. Plus d'une centaine d'écoles sur les 405 du département seraient potentiellement menacées. Pour le SNUipp, l'objectif est clair : faire des économies.

Pour le directeur académique, cette restructuration découle d'un fait : les effectifs baissent, surtout en milieu rural. Depuis deux ans, les écoles sarthoises ont effet perdu 1 500 élèves. Et devraient encore en perdre 1 300 dans les 2 ans à venir. Les postes d'enseignants vont donc diminuer dans les années à venir. Et les écoles trop petites seront exposées. Le projet vise donc à lutter la désertification scolaire. Pour autant, Jean-Marc Milville se défend d'avoir préconisé la fermeture des écoles de moins de cinq classes :

Jean-Marc Milville : "Lutter contre la désertification scolaire"

Visiblement, l'association des maires de la Sarthe a elle aussi compris de travers... Car après avoir été consultée sur ce projet, elle a répondu, dans une lettre au directeur académique, que le seuil des cinq classes lui semblait "trop élevé" et qu'elle ne s'engagerait pas dans cette convention. Quant à l'association des maires ruraux, elle est vent debout contre ce projet car il va non seulement coûter cher aux communes, mais aussi tuer un peu plus les petites communes explique son président Dominique Dhumeaux :

Dominique Dhumeaux : "La mort de l'école, c'est la mort des villages"

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