Faits divers – Justice

Les pompiers des Pyrénées-Orientales condamnés à deux millions d'euros

Par Suzanne Shojaei, France Bleu Roussillon et France Bleu jeudi 10 novembre 2016 à 11:53

Les pompiers des Pyrénées-Orientales sont condamnés à verser 2 millions d'euros pour une intervention qui a mal tourné il y a dix ans.
Les pompiers des Pyrénées-Orientales sont condamnés à verser 2 millions d'euros pour une intervention qui a mal tourné il y a dix ans. © Radio France - Mathieu Ferri

Les pompiers des Pyrénées-Orientales sont condamnés à verser deux millions d'euros pour une intervention qui a viré au drame en 2006.

C'est le prix à payer pour une histoire qui a viré au drame il y a dix ans. La cour d'appel administrative de Marseille a condamné le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) des Pyrénées-Orientales, le 17 octobre, à verser deux millions d'euros de dédommagements après la mort d'un homme de 41 ans, pris en charge par les pompiers en 2006.

Au moment des faits, le vacancier se trouve à Torreilles. En rentrant d'un footing, il se plaint de douleurs à la poitrine. Il appelle les secours, les pompiers le font monter dans le fourgon, direction l'hôpital de Perpignan. Un médecin libéral est présent à bord, mais il doit retourner à son cabinet. Il quitte le véhicule, après avoir constaté l'état stationnaire du patient.

"Rien ne laissait présager une telle issue"

Mais à 500 mètres de l'hôpital, l'homme perd connaissance. Les pompiers le placent en position latérale de sécurité et débranchent l'électrocardiogramme, qui gène pour les manipulations. À peine arrivé à l'hôpital, le patient fait un arrêt cardiaque dans la salle des urgences. Il vivra dans "un état végétatif" près de six ans, avant de mourir en 2012.

La cour d'appel administrative de Marseille reproche deux choses aux secouristes. D'une part, le médecin n'a pas accompagné le patient jusqu'au bout du trajet. D'autre part, les pompiers n'auraient pas effectué les bons gestes, notamment en débranchant l'électrocardiogramme. "Aucun signe ne permettait d'imaginer une telle issue, raconte Jean-Pierre Salles-Mazou, directeur des pompiers du département. C'est un drame humain qui nous affecte."

Le patron des pompiers du département Jean-Pierre Salles-Mazou réagit à la condamnation du SDIS des Pyrénées-Orientales

Après un premier jugement en 2011, le SDIS doit aujourd'hui verser deux millions d'euros, de dommages et intérêts pour la famille, et de réparation de frais de soins pour la RATP, l'employeur de la victime et également organisme de sécurité sociale. Le SDIS a jusqu'au 17 décembre pour décider s'il saisit le Conseil d'État.