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"On se demande qui est la victime", réagit le mari de la policière drômoise brûlée à Viry-Châtillon

C'est la stupeur pour les policiers brûlés à Viry-Châtillon, dans l'Essonne, en 2016. Au terme de six semaines de procès, la cour d'assises des mineurs de Paris a rendu un verdict plus clément que lors du procès en première instance. Le mari de la policière drômoise brûlée témoigne.

En 2016, deux voitures de police ont été incendiées à Viry-Châtillon, dans l'Essone, en face du quartier sensible de la Grande Borne
En 2016, deux voitures de police ont été incendiées à Viry-Châtillon, dans l'Essone, en face du quartier sensible de la Grande Borne © Maxppp - ARNAUD JOURNOIS

"On se demande qui est la victime finalement. Même les personnes qu'elle a reconnu ont été libérées. Ça veut dire que sa parole ne vaut rien", raconte Jérôme. Sa femme, Jenny, gardienne de la paix, a travaillé pendant une dizaine d'années à Valence. Elle a été grièvement brûlée en 2016 alors qu'elle travaillait à Viry-Châtillon, dans l'Essonne. Elle venait tout juste d'y être mutée. Une vingtaine de jeunes avait attaqué deux voitures de police stationnées près du quartier de la Grande Borne, une cité sensible d'Île-de-France. Ils avaient brisé les vitres des voitures et lancé des cocktails Molotov à l'intérieur. 

"_Tout son visage était brûlé, il fallait voir les photos, c'était impressionnant_. Elle s'est bien remise, on a de la chance, même si on voit encore des séquelles, des taches de brûlures un peu de partout", témoigne le mari de la policière. "Elle a eu le visage et les mains entièrement bandés pendant plusieurs semaines", se souvient-il. 

"Elle na pas pu reprendre le boulot ce lundi matin, elle était trop abattue", indique Jérôme, alors que le verdict a été rendu dans la nuit de samedi à dimanche. "Elle est allée voir le médecin. Elle ne dort pas, elle tourne en rond. On savait que ce serait dur, mais on ne pensait pas que ce serait si dur."

Un verdict en appel plus clément qu'en première instance

La cour d'assises des mineurs de Paris a rendu en appel un verdict plus clément que lors du procès en première instance. Elle a condamné cinq jeunes à des peines allant de 6 à 18 ans de prison. Ils encouraient la réclusion à perpétuité. Les huit autres jeunes qui étaient jugés ont été acquittés. Au premier procès, huit jeunes avaient été condamnés à des peines allant de 10 à 20 ans de prison, cinq autres avaient été acquittés. 

"On ne s'attendait pas à ce que tous aient des peines à perpétuité, mais on s'était dit qu'ils auraient au moins 5 à 10 ans de prison, qu'on se sentirait soutenu. Ça a été l'inverse. Si c'est pour faire ça, je me demande pourquoi ils les arrêtent. C'est l'impunité la plus totale. On ne parle pas d'insultes là, mais d'une tentative de meurtre", rappelle le mari de Jenny. 

La lecture du verdict a été interrompue par une bagarre générale dans le box des accusés. Une trentaine de policiers et de gendarmes ont dû intervenir. "Notre avocat n'a jamais vu ça en 25 ans de carrière. Ce sont des gens qui ont été acquittés qui se sont emportés ! Finalement, leur nature a repris le dessus", réagit Jérôme. 

"Tout ça pour rien"

"Pendant le procès, ils remettaient tout en question. C'était presque s'ils ne demandaient pas pourquoi elle était dans la voiture. En gros, ce qui en est ressorti c'est que si elle n'avait pas été là, avec ses collègues, ça ne serait pas arrivé. C'est dur à encaisser. On se dit : tout ça pour rien ! Le procès a duré sept semaines, elle y a été tous les jours, 10 heures par jour... Maintenant c'est fini, ça a été jugé, c'est tout, il faut accepter", se résigne Jérôme. Aujourd'hui, Jenny est toujours policière, mais elle travaille loin de Paris. 

En réaction à ce verdict, le syndicat UNSA Police appelle aux rassemblements ce mardi 20 avril, devant le tribunal de Paris et tous les tribunaux de grande instance en province. 

Le ministre de l'intérieur, Gérald Darmanin recevra ce samedi les policiers blessés dans l'attaque, pour leur témoigner de son soutien.

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