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Sécurité à Nîmes : le cahier de doléances du maire au ministre de l'Intérieur

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Par , France Bleu Gard Lozère

Jean-Paul Fournier, le maire de Nîmes, a rendez-vous ce mercredi à Paris avec le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.

Jean-Paul Fournier maire de Nîmes
Jean-Paul Fournier maire de Nîmes © Radio France - Tony Selliez

La mairie de Nîmes communique ce mardi avant la rencontre prévue mercredi à Paris, avec le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. Cela fait maintenant des mois que le maire Jean-Paul Fournier demandait à être reçu. Le rendez-vous est fixé depuis plusieurs semaines. L'enjeu ? Les questions de sécurité. Comme le précise la mairie dans son communiqué, "depuis janvier 2020, Nîmes connait des violences répétées d’une extrême gravité : attaques à l’arme de guerre (tirs de kalachnikov), meurtre dans le quartier de Chemin Bas d’Avignon, règlements de compte, attaque au mortier, violences sexistes, actes de délinquance et agressions sur le réseau de transport, agressions contre les pompiers…

Le cahier de doléances de la mairie de Nîmes (communiqué)

Avec 9% de son budget municipal consacré à la sécurité, la Ville rappelle que "Nîmes possède pourtant la première police municipale en effectif des villes de moins de 200.000 habitants (7e au niveau national)" : 164 policiers municipaux sont affectés à la sécurité contre 74 en 2001.

Nîmes se classe également deuxième ville la mieux vidéoprotégée de France avec 433 caméras qui ont permis 690 interpellations en 2019.  En 20 ans, l’action de la Ville a permis de réduire de 45% les cambriolages et de baisser de 64% des vols avec violence, précise encore la mairie.

Réunions de concertation

Préférant une réunion à Paris plutôt qu’une visite à Nîmes au plus près des réalités dans les quartiers, Gérald Darmanin, a accepté de rencontrer Jean-Paul Fournier le 23 septembre.

Rendez-vous pris, le maire a tenu à associer tous les présidents de groupes politiques de l’assemblée municipale en organisant des réunions de travail pour convenir d’une plateforme commune de demandes et propositions à présenter au ministre. "Tous ont salué la volonté de concertation et d’échange portée par le maire sur un sujet aussi important pour l’ensemble des Nîmois et tous soutiennent la démarche qui a le mérite de porter la parole de l’ensemble des habitants au plus haut niveau de l’État."

Jean-Paul Fournier et Françoise Dumas ont également travaillé ensemble pour conjuguer leurs remontées d’information du terrain afin d’obtenir du ministre de réelles avancées pour les Nîmois.

En parallèle, la Ville a ancré son action sur la concertation en multipliant ses rencontres avec les acteurs associatifs et les représentants des différentes actions relatives à l’insécurité qui se sont manifestées ces dernières semaines. Attentive à la pétition "change.org" et à la "boite à idées et doléances" initiée par "Rassemblement citoyen contre les violences à Nîmes et en soutien à Mya", à la manifestation organisée par "Les rues de Nîmes", à la campagne de communication "Ensemble luttons contre le connardvirus" initiée par les blogueuses Les Nîmoises, la Ville a recueilli de multiples témoignages et revendications.

Forte de tous ces échanges, tant avec les acteurs politiques qu’avec les acteurs associatifs, la Ville a formulé une plateforme commune de propositions, représentant l’ensemble des revendications des Nîmois et des Nîmoises:

  • Un audit de la sécurité à Nîmes
  • Des moyens supplémentaires pour la police nationale et le passage de Nîmes en ville de "type A"
  • Des aides suplémentaires pour la lutte contre les violences faites aux femmes : subventions pour les associations, augmentation de la capacité d’hébergement d’urgence pour les victimes de violences, souhait de devenir ville pilote du "plan Angela"
  • L'accès aux fichiers des auteurs d’infractions par la police municipale, et aux statistiques détaillées des faits sur le territoire, l'extension de leurs compétences et la réévaluation des peines d’amende aux arrêtés municipaux
  • Une meilleure complémentarité sécurité/justice

"La grande politique de renouvellement urbain et ses mesures d’accompagnement social, de réussite éducative et de requalification des espaces publics autour du bien vivre ensemble que nous menons pour Nîmes doit impérativement être accompagnée du déploiement d’actions ciblées et de moyens matériels et humains supplémentaires permanents dans les quartiers les plus touchés par l’augmentation de la violence."

"La police municipale ne saurait se substituer au travail de la police nationale. Nîmes, 19e ville de France, 3e ville d’Occitanie, chef-lieu du département du Gard, mérite une mobilisation de l’État à hauteur des attentes des Nîmois et des Nîmoise dont je porterai le message le 23 septembre", explique Jean-Paul Fournier.

Un contexte local explosif 

"Nîmes s’inscrit ces dernières années dans une spirale d’actes criminels de plus en plus violents. L’insécurité dans les quartiers est en forte augmentation et l’ensemble des personnels du secteur public fait face quotidiennement à des situations de plus en plus difficiles."

"Monsieur le maire est principalement interpellé surles incivilités et l’économie souterrainequi véhiculent un sentiment d’insécurité, d’impuissance et d’abandon des Nîmois sur l’ensemble du territoire et des quartiers."

"L’économie souterraine gangrène la majeure partie des quartiers dits "sensibles" de notre territoire, avec comme acteur principal le trafic de stupéfiants. Si la verbalisation des utilisateurs par procès verbal électronique est une première réponse, ce n’est pas suffisant pour stopper les micros-trafics. Les brigades de stupéfiants dans les commissariats sont impuissantes en raison d’un manque d’effectifs et une procédure judiciaire trop lourde", explique Jean-Paul Fournier.

Faits les plus représentatifs de cette violence depuis janvier 2020

- 17 faits de violences avec arme
- 12 fusillades/coups de feu
- 5 homicides ou tentatives d’homicide - 3 meurtres et 6 blessés
- 4 vols à main armée
- 10 actions policières de découverte d’armes et/ou de munitions
- Augmentation des violences faites aux femmes
- Augmentation de l’implantation des points de deals dans des rues et artères Nîmoises
- Augmentation de la violence subie dans le réseau de transport Tango : injures, menaces et agressions de contrôleurs de bus (dont une attaque avec chien de catégorie 1) et caillassages de bus. 

La police nationale manque d’effectifs et de moyens matériels. La direction centrale de la Sécurité publique subit un manque crucial d’effectif. La brigade des stupéfiants par exemple, ne représente que trois enquêteurs qui doivent couvrir les secteurs des stupéfiants, du proxénétisme et du trafic de voiture. Départs à la retraite, mutations satisfaites et intégrations des écoles de police ne sont pas remplacés. 

Les effectifs déployés par le gouvernement suite au classement de Nîmes en "Quartier de reconquête républicaine" n’ont comblé qu’un delta négatif de personnel, cumulé ces dernières années.

Le renfort ponctuel de CRS ne suspend qu’un certain temps les trafics mais n’a pas d’impact sur le long terme.

L’emploi du "Groupe de sécurité de proximité" est souvent détourné de sa mission première par manque de personnel : extraction de la maison d’arrêt, présentation à magistrat, session d’assise… 

D’ici deux ans, un grand nombre de policiers vont partir à la retraite et ces derniers ont un volume de récupération d’heures supplémentaires pouvant aller jusqu’à deux ans. Période durant laquelle ils ne sont pas remplacés. 

La montée de la délinquance cumulée au manque d’effectif impactent grandement les services de sécurité nîmois.

Plateforme commune des propositions soumise au ministre de l'Intérieur

Réalisation d'un audit sur la sécurité à Nîmes

Pour une meilleure affectation des moyens adaptés à la situation nîmoise, Jean-Paul Fournier propose la réalisation d’un audit, piloté par le Ministère et par délégation la Préfecture du Gard qui pourrait rassembler autour de la table tous les acteurs de la sécurité : soit aux côtés de la Ville de Nîmes, d’autres institutions mais aussi des acteurs associatifs. Ce travail permettrait de dresser une cartographie de la délinquance indispensable à une occupation judicieuse du terrain par les forces de police.

Affectation de moyens supplémentaires pour la police nationale

Doter la police nationale de personnels adaptés à la situation. Le calcul d’abondement en effectifs ne doit pas uniquement se baser sur le ratio au nombre d’habitants mais doit prendre en compte :
- le niveau de délinquance
- les flux de population en période touristique
- le volume de festivités
- les spécificités juridiques de la ville : présence d’une cours d’appel et maison d’arrêt
- les spécificités territoriales comme l’étendue de la ville.

Le Parc auto est vieillissant et non remplacé – peu de véhicules permettant des interventions en réponse aux sollicitations des habitants. 

Passage de Nîmes en "Ville de type A", conditionnant l’affectation des effectifs sur les directions départementales de la Sécurité publique. Six villes sont classées A : Paris, Marseille, Lille, Lyon, Bordeaux et Toulouse.

Dès un départ à la retraite ou une mutation d’un policier national, le remplacement est systématique pour ces villes type A. En cas d’évènements graves (fusillades, violences urbaines…), cela permettrait un déplacement urgent de forces supplétives (CRS/gendarmes mobiles).

Nîmes (classé B) a tous les arguments pour passer en catégorie supérieure :
- Flux de population en période touristique grâce à ses monuments historiques,
- Volume d’évènements et de festivités très importants : Ferias, Festival dans les Arènes, les jeudis de Nîmes, les Grands Jeux romains,
- Prise en compte du niveau de délinquance, et non plus uniquement le ratio nombre d’habitants/policiers
- Spécificités de la circonscription : Présence d’une Cour d’Appel, d’une Maison d’arrêt, d’une équipe en ligue 1, d’une base d'avions de la Sécurité civile …
- Situation relative au trafic de drogue : Ville de passage et à forte affluence, la demande en produits stupéfiants n’a fait que s’accroître. Les points deals se sont multipliés et installés avec une action très limitée voire inexistante des policiers d’État. Des rivalités dans ce milieu ont fait naître des règlements de comptes entre bandes rivales avec usages d’armes lourdes à usages fréquents.
- Création d’un Groupe d’Intervention Départemental. Structure opérationnelle composée de trois policiers, trois gendarmes, un agent des Douanes, un agent des services fiscaux, un agent de l’inspection du travail … sous l’autorité des préfets. Permettrait de lutter contre l’économie souterraine à l’image des GIR opérationnels sur le périmètre de la région.

Octroi d'aides pour la lutte contre les violences faites aux femmes

La Ville est prête à porter ce projet en parallèle de sa demande de ville pilote avec la préfecture, les associations, les institutions et le ministère de l’intérieur.

Demande de subventions pour les associations de lutte contre les violences faites aux femmes. Le 10 juillet, annonce de Marlène Schiappa, Secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les hommes et les femmes, d’affecter quatre millions d'euros, dont trois millions pour des subventions aux associations.

Demande que les associations nîmoises ne soient pas oubliées : Via Fémina Fama, CIDFF30, Croix Rouge…

Demande d’hébergements d’urgence supplémentaires pour les femmes victimes de violences. Un millions d'euro a été annoncé par le gouvernement pour des places d’hébergement supplémentaires. Le 2 septembre, Jean Castex a annoncé 1.000 places supplémentaires. De combien de places la ville de Nîmes bénéficiera t-elle ? Un courrier officiel de M. le Maire est adressé à la nouvelle ministre Elisabeth Moreno.

Demande à être ville pilote du "plan Angela". Il permet de créer un réseau de commerces où une femme harcelée ou violentée peut s’adresser pour être aiguillée vers un centre adapté.

Davantage de moyens pour la police municipale

Accès à des fichiers et de nouvelles compétences. Le 25 juillet dernier, 18 maires ont signé une tribune appelant à des "pouvoirs municipaux étendus" dans le cadre de la lutte contre l’insécurité. La volonté est de proposer la signature d’une convention entre le maire, le procureur et le préfet, au cas par cas, selon la capacité des communes à réaliser les missions déléguées dans la convention. 

Cette convention aurait pour but de donner accès aux polices municipales et en autorisant les policiers municipaux à effectuer des contrôles d’identité pour certains fichiers :
- permis de conduire,
- voitures volées,
- personnes recherchées,
- fichés S.

Ils demandent également la capacité de fermer les établissements posant des problèmes récurrents de tranquillité publique ou ne respectant pas les arrêtés municipaux. La Ville de Nîmes demande la signature d’une telle convention. 

Réévaluation des peines d’amende aux arrêtés municipaux. La Ville de Nîmes souhaite également que les peines d’amende pour des contraventions aux arrêtés municipaux soient plus dissuasives. Avec 38 euros d’amende, le montant de l’infraction à un arrêté municipal aujourd’hui est un frein à son efficacité.

Meilleur complémentarité sécurité-justice

Jean-Paul Fournier pointe les difficultés rencontrées pour le traitement des affaires et interviendra auprès du ministre de la Justice pour le sensibiliser sur la nécessité d’adapter la réponse judicaire à la hauteur des infractions commises, de lutter contre le sentiment d’impunité et d’alerter sur les trop longs délais d’instruction. 

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