Faits divers – Justice

Seine-et-Marne : 3 adolescentes maltraitent des personnes âgées et postent les vidéos sur Internet

Par Rémi Brancato, France Bleu Paris Région dimanche 24 janvier 2016 à 10:18

Une personne âgée en établissement - Illustration
Une personne âgée en établissement - Illustration © Maxppp - Nicolas Vallauri

Trois adolescentes de 16 et 17 ans ont été mises en examen pour des violences verbales sur des personnes âgées, handicapées ou atteintes de la maladie d'Alzheimer. En stage dans une maison de retraite d'Annet-sur-Marne, les jeunes filles ont posté 33 vidéos des violences sur Internet.

Le "stage d'apprentissage professionnel" des trois adolescentes avait débuté lundi dans un établissement pour personnes âgées d'Annet-sur-Marne, le Château de Louche, en Seine-et-Marne. Dès le début de la semaine, elles postent des vidéos sur le réseau social Snapchat, des images qui montrent des violences sur "des personnes handicapées ou atteintes de maladies type Alzheimer", selon la gendarmerie, citée par l'Agence France Presse. 

Des faits "qui n'ont pas pris beaucoup de temps"

Ce dimanche matin, la secrétaire d'Etat chargée des Personnes âgées et de l'Autonomie, Laurence Rossignol, s'est rendue sur place. Selon elle, les premiers éléments de l'enquête ne font pas état de violences physiques mais de "faits d'humiliation, de violence verbale, d'atteinte à la dignité".  Laurence Rossignol rappelle que :

"La bien traitance des personnes âgées ce n'est pas simplement l'absence de maltraitance physique, c'est aussi le respect de la dignité des personnes"

La secrétaire d'Etat en charge des Personnes âgées, Laurence Rossignol

Quant à savoir si les adolescentes ont pu se retrouver seules avec les résidents, la secrétaire d'Etat a assuré qu'une "tutrice" suivait le parcours des stagiaires dans l'établissement mais qu'il pouvait y avoir eu "des interstices".

"Leurs agissements ne leur ont pas pris beaucoup de temps" explique Brice Tirvert, le directeur du Chateau de Louche, qui rapelle que les vidéos publiées sur Snapchat ne durent qu'une vingtaine de secondes. Il explique aussi que les stagiaires sont toujours encadrées par des tuteurs et que les faits ont pu se produire au moment des pauses. "Elles intervenaient toujours en binôme avec des personnels diplomés, explique-t-il, et il n'a jamais été question de les faire intervenir dans des actes de soins seuls avec des résidents".

Le directeur de l'Ehpad, Brice Tirvert

Mises en examen vendredi

L'application Snapchat ne permet théoriquement pas de conserver les vidéos, courtes, partagées avec les autres utilisateurs. Mais des camarades de classe, qui ont visionné les scènes, choquantes, ont prévenu leurs enseignants. La direction de leur établissement scolaire stoppe alors immédiatement le stage, en milieu de semaine. A l'issue de leur garde à vue, les trois jeunes filles ont été mises en examen ce vendredi pour violences en réunion avec préméditation, diffusion sur Internet de scènes de violences et atteinte à la vie privée.