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Sens : des jeunes filles menacées de viol et de mort sur Instagram

À Sens (Yonne), une dizaine de jeunes femmes au moins se disent victimes de cyberharcèlement, de la part d’une même personne. Ces derniers mois, et particulièrement depuis quelques semaines, elles ont reçu de nombreux messages d’insultes, mais aussi des menaces de viol et de mort.

Au moins une dizaine de jeunes femmes se disent victimes de mêmes faits de cyberharcèlement à Sens dans l'Yonne, depuis plusieurs semaines ou plusieurs mois
Au moins une dizaine de jeunes femmes se disent victimes de mêmes faits de cyberharcèlement à Sens dans l'Yonne, depuis plusieurs semaines ou plusieurs mois © Radio France - Renaud Candelier

Elle préfère se faire appeler Anna. Âgée 27 ans, cette jeune femme a déposé plainte ce mardi matin à la gendarmerie de Sens (Yonne). Elle a commencé à recevoir des messages d’insultes, souvent à caractère sexuel ou sexiste, sur son compte Instagram un peu avant Noël. "Cela provenait de faux comptes parce qu’il n’y avait pas d’abonné, pas d’abonnement. C’était des comptes qui venaient juste d’être créés", explique Anna. Même commencement pour Léa*, âgée de 16 ans, domiciliée à Sens : "c’était fin novembre, début décembre avec un premier compte Instagram portant mon nom et mon prénom et sur lequel était publiée la vidéo d’un homme qui menace sa femme".

Menacées de violences graves

Aux insultes, succèdent des menaces d’agression sexuelle et de violences allant jusqu’à la mort. "J’ai été menacée de viol, de vivre un prochain calvaire, que j’allais retrouver ma voiture en pièces détachées", raconte Lola*, 25 ans, qui habite à Sens. "Il m’a dit qu’un jour, je me retrouverai face à lui et que je ne pourrai rien faire. Et que je baignerai dans mon propre sang", ajoute Léa.

"J'ai reçu des menaces physiques, j'étais terrorisée, ses mots étaient crus" - Anna, 27 ans

Des victimes qui prennent contact entre elles

C'est par les réseaux sociaux aussi que des victimes commencent à prendre conscience qu’elles ne sont pas isolées et entrent en contact les unes avec les autres. "On s’est beaucoup parlé entre nous", détaille Léa, "on a partagé nos captures d’écran et on s’est rendues compte que certains comptes avaient les mêmes noms". "Il y a de grandes similitudes entre nos histoires, des insultes qu’on retrouve d’une fille à l’autre", ajoute Anna, "on s’est dit que c’était la même personne. Enfin, ce sont nos déductions à nous".

"Il me disait comment je m'habillais" - une des victimes de cyberharcèlement

Mais certains messages ont inquiété plus encore certaines de ces jeunes filles. L’auteur leur indiquait des éléments concrets de leur vie quotidienne, prouvant ainsi qu’il pouvait les voir physiquement. "Il connaissait la marque de ma voiture. Quand je sortais, il m’envoyait un message me traitant de prostituée ou souhaitant que j’ai un accident", raconte Lola. "Il me disait à quelle heure je sortais du travail, comment je m’habillais et d’autres détails concernant ma vie privée et mes amis", explique Léa.

Des filles très inquiètes au quotidien

"J’étais vraiment terrorisée", confie Anna, "ses mots étaient vraiment horribles, crus, je n’étais vraiment pas bien". "On ne sait pas de quoi il est capable", ajoute Léa, "je ressens beaucoup d’angoisse et de stress. Maintenant, j’ai une bombe lacrymogène avec moi et un sifflet de détresse". La vie quotidienne est devenue source de peur permanente aussi pour Lola : "j’ai peur de sortir le week-end et même en allant au travail, je me gare près de la fenêtre du bureau, je regarde toujours derrière moi, j’évite de monter seule dans les escaliers".

Cinq plaintes déposées et un auteur identifié

À ce jour, cinq plaintes ont été enregistrées à la gendarmerie de Sens. D’autres plaintes pourraient arriver car au moins une dizaine de femmes se sont déclarées victimes de harcèlement et de menaces similaires, et des plaintes ont été déposées au commissariat. Un jeune homme domicilié à Sens aurait été identifié comme étant l’auteur de ce cyberharcèlement. Il a été entendu par les gendarmes et a reconnu en partie les faits, minimisant la gravité de ses actes. La gendarmerie de Sens invite toutes les femmes se considérant victimes d’actes identiques à venir porter plainte. C’est la gendarmerie de Sens qui coordonne cette enquête, il est donc inutile de se rendre au commissariat.

Des faits passibles de plusieurs années de prison

Le code pénal en France prévoit une peine allant jusqu’à deux ans de prison et 30.000 euros d’amende pour cyberharcèlement et jusqu’à trois ans de prison  et 45.000 euros d’amende pour menaces de mort.

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*Tous les prénoms ont été modifiés afin de préserver l’anonymat des victimes.

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