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Sept anciens membres des Brigades rouges arrêtés en France, à la demande de l'Italie

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Sept anciens membres des brigades rouges italiennes, condamnés en Italie pour des faits commis dans les années 70-80, ont été arrêtés en France ce mercredi matin, a annoncé l'Elysée. Des interpellations à la demande de l'Italie. Trois autres personnes sont recherchées.

Des pièces à conviction retrouvées dans une cache des Brigades rouges, en 2003 à Rome.
Des pièces à conviction retrouvées dans une cache des Brigades rouges, en 2003 à Rome. © AFP - ANDREAS SOLARO

Sept anciens membres des Brigades rouges italiennes, condamnés en Italie pour des actes de terrorisme commis dans les années 70-80, ont été interpellés en France ce mercredi matin, à la demande de l'Italie, et trois autres sont recherchés, sur décision d'Emmanuel Macron, a annoncé l'Elysée. Ces cinq hommes et deux femmes ont notamment été condamnés pour des assassinats.

Une décision d'Emmanuel Macron

La décision de transmettre au Parquet ces dix noms, sur "des demandes italiennes qui portaient à l'origine sur 200 individus", "a été prise par le président et s'inscrit strictement dans la 'doctrine Mitterrand'" d'accorder l'asile aux ex-brigadistes sauf pour les crimes de sang, a précisé l'Elysée.

L'extradition d'activistes d'extrême-gauche venus se réfugier en France après les "années de plomb", marquées par des attentats et des violences des Brigades rouges surtout entre 1968 et 1982, est une demande de l'Italie depuis des années, à laquelle la France n'avait quasiment jamais accédé.

Le fruit d'un important travail préparatoire qui a conduit à retenir les crimes les plus graves - L'Elysée 

L'établissement de cette liste de dix noms est le fruit "d'un important travail préparatoire bilatéral, de plusieurs mois, qui a conduit à retenir les crimes les plus graves", a précisé la présidence. "Le président a souhaité régler ce sujet, comme l'Italie le demandait depuis des années", a ajouté l'Elysée.

"La France, elle-même touchée par le terrorisme, comprend l'absolu besoin de justice des victimes. Elle s'inscrit également, à travers cette transmission, dans l'impérieuse nécessité de la construction d'une Europe de la Justice, dans laquelle la confiance mutuelle doit être au centre", conclut l'Elysée.

Qui sont les personnes arrêtées ? 

Cinq hommes et deux femmes, tous anciens membres des Brigades rouges, ont été arrêtés.

Parmi eux, Marina Petrella, 66 ans, condamnée à la prison à vie et à qui la France a accordé l'asile politique. Le président Nicolas Sarkozy s'était opposé en 2008 à son extradition, autorisée par la justice, en raison de son état de santé.

L'autre femme arrêtée est Roberta Capelli, recherchée "pour l'exécution d'une peine d'emprisonnement à perpétuité pour meurtre aggravé et trois attentats terroristes commis à Rome entre 1979 et 1982", a indiqué le parquet à franceinfo.

Parmi les hommes arrêtés figurent Sergio Tornaghi, également recherché pour "l'exécution d'une peine de réclusion à perpétuité pour attentat terroriste commis le 12 novembre 1980", et Narciso Manenti, 63 ans. Ce dernier est domicilié dans le Loiret et est recherché pour l'exécution d'une peine de réclusion à perpétuité pour meurtre aggravé en réunion commis en Italie le 13 mars 1979. 

La justice doit dire s'ils doivent être placés en détention

La justice doit maintenant se prononcer sur leur extradition. Les ex-brigadistes arrêtés doivent être présentés d'ici 48h devant le parquet général de la cour d'appel de Paris, avant qu'un juge ne statue sur leur éventuelle détention ou leur remise en liberté sous contrôle judiciaire, le temps de l'examen par la justice des demandes d'extraditions italiennes, a-t-on appris de source judiciaire.  

L'avocate de cinq Brigades rouges dénonce "une trahison innommable de la France"

L'avocate de cinq de ces sept anciens brigadistes arrêtés, dont Marina Petrella, a dénoncé, ce mercredi, cette opération comme une "trahison innommable de la France" : "Je suis indignée et je n'ai pas les mots pour décrire cette opération qui s'apparente à une mini-rafle", a déclaré à l'AFP Maître Irène Terrel. "Depuis les années 1980, ces gens-là sont sous la protection de la France, ils ont refait leur vie ici depuis 30 ans, sont installés au vu et au su de tous, avec leurs enfants, leurs petits-enfants... et au petit matin, on vient les chercher, 40 ans après les faits ?", s'est indignée l'avocate.   "C'est innommable et irrecevable en droit", a-t-elle conclu, décidée à contester ces procédures d'extradition.

Le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti "n'a aucun état d'âme" 

"Je n'ai strictement aucun état d'âme", a déclaré le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti, interrogé mercredi à la sortie du Conseil des ministres à ce sujet. "Je suis fier de participer à cette décision qui, je l'espère, permettra à l'Italie, après 40 ans, de tourner une page de son histoire, qui est maculée de sang et de larmes", a-t-il aussi dit, rappelant "qu'entre 1969 et 1980, cette période qu'en Italie on appelle la période de plomb, ce sont 362 personnes qui ont été tuées par ces terroristes, et 4.490 blessées".

"On ne peut pas fuir ses responsabilités", estime Rome 

Le Premier ministre italien Mario Draghi a exprimé sa "satisfaction" face à la décision de la France. Les personnes arrêtées, "responsables de très graves crimes de terrorisme, ont laissé une blessure qui est encore ouverte", a souligné Mario Draghi.

Le ministre italien des Affaires étrangères Luigi Di Maio a également salué ces arrestations. "On ne peut pas fuir ses propres responsabilités, la douleur qu'on a causé, le mal qu'on a provoqué", a-t-il écrit dans un message sur Facebook.

Cesare Battisti, symbole de l'exil des Brigades rouges en France

Ce dossier avait resurgi au moment du retour en Italie de Cesare Battisti, capturé en janvier 2019 en Bolivie et extradé en Italie, après près de 40 ans de cavale en France puis au Brésil. Le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini avait alors affirmé que la France abritait depuis des décennies des "assassins ayant tué des innocents" et réclamé le retour en Italie d'"une quinzaine" de "terroristes italiens", "qui ont été condamnés mais ont la belle vie en France".

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