Faits divers – Justice

ETA - "Journée du désarmement" le 8 avril : "Si on est 10.000, ils ne pourront pas nous arrêter"

Par France Bleu Pays Basque, France Bleu Pays Basque vendredi 24 mars 2017 à 9:14

Franz Vali, ancien président d'Emmaüs France en direct sur France Bleu Pays Basque
Franz Vali, ancien président d'Emmaüs France en direct sur France Bleu Pays Basque © Radio France - Céline ARNAL

Franz Vali s’engage officiellement en faveur du désarmement d’ETA le 8 avril à Bayonne. L’ancien président d’Emmaüs France fait partie de la cinquantaine d’"artisans de la paix". Il était l’invité de France Bleu Pays Basque ce vendredi matin.

Les "artisans de la paix" de plus en plus nombreux au Pays Basque. Ils ne sont plus six mais une cinquantaine maintenant : politiques, syndicalistes, militants associatifs... Ils apportent officiellement leur soutien au processus de paix et participeront à la "journée du désarmement" du 8 avril à Bayonne ; parmi eux, Franz Valli.

Invité de France Bleu Pays Basque ce vendredi matin, l’ancien président d’Emmaüs France commence par ce postulat : "Tout armement qui est dans la nature est dangereux. Moins il y a d’armes, mieux c’est. Le désarmement d’ETA est une garantie pour les victimes. Cette journée (du 8 avril à Bayonne NDLR) doit être la journée de la rencontre et du pardon, le symbole que dorénavant, tout le monde marchera ensemble".

Pourquoi le 8 avril ?

Le samedi 8 avril a été choisi pour être le jour du désarmement… Pourquoi cette date ? Franz Vali, répond tout simplement, que "Un beau jour, il faut se décider. Si l’Etat ne le fait pas, les citoyens le feront. Les citoyens ne peuvent se dédouaner toujours sur les élus" et Franz Vali d’en vouloir pour preuve, "qu’en France, si il n’y a avait pas les associations, ça marcherait encore moins bien qu’aujourd’hui."

Le citoyen doit être engagé

L’ancien compagnon estime que "Monsieur et Madame Tout Le Monde doivent participer au 8 avril à Bayonne. Plus il y aura du monde, plus ça aura de valeur. Il faut reconstruire ensemble. Les élus mettront ensuite en musique ce que les citoyens décident."

Et quand on lui rétorque que tout un chacun, du coup, doit prendre le risque d’être arrêté le 8 avril, il répond dans un sourire : "j’ai spécialement envie d’être arrêté mais ça fait partie de l’engagement. Mais le 8 avril, à Bayonne, si il y a 10.000 personnes, je ne crois pas que 10.00 personnes seront arrêtées. C’est quelque part une auto garantie qu’on se donne l’un à l’autre."

Franz Vali qui assure qu’il ne sait strictement rien sur cette journée, sur ce qui va se passer, mais il faut faire confiance assure-t-il. Pour lui, que Koffi Annan ou Interpol soient impliqués est un gage. "Ce sont des gens sérieux qui discutent avec tout le monde : ETA, les victimes, avec tous les acteurs… Alors oui, je prends le risque mais c’est pour la bonne cause", conclut-il en citant l’Abbé Pierre. "Il faut exiger de nos élus ce qu’on veut vivre" disait-il. "Le 8 avril doit un acte gratuit. On a tous à gagner un futur au pays basque, un bien vivre. On a tous les ingrédients."