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Faits divers – Justice

Procès Séréna : "Si j'avais vu que c'était un bébé, je n'aurais pas fait ça"

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Limousin, France Bleu

Au troisième jour du procès en appel de Rosa Da Cruz devant les assises de la Haute-Vienne, la mère de la petite Séréna s'est un peu plus enfermée dans ses contradictions. Un psychiatre parle d'attitude de faux-self, Rosa Da Cruz calquerait ses réponses sur ce qu'elle pense être attendu d'elle.

Rosa Da Cruz est jugée à la Cour d'Assises d'Appel de la Haute-Vienne depuis ce lundi pour avoir caché la naissance et l'existence de sa fille pendant deux ans.
Rosa Da Cruz est jugée à la Cour d'Assises d'Appel de la Haute-Vienne depuis ce lundi pour avoir caché la naissance et l'existence de sa fille pendant deux ans. © Radio France - Nathalie Col

Limoges, France

Ce mercredi l'interrogatoire de Rosa Da Cruz s'est poursuivi devant la Cour d'assises d'appel de la Haute-Vienne tandis qu'un expert psychiatre a témoigné. Le rapport d'une psychologue a également été lu.

À de rares exceptions près, la plupart des réponses de Rosa Da Cruz se résume à"je ne sais pas", "je ne me souviens plus". Elle ne se souvient plus quand elle a prénommé Séréna, pas plus qu'elle ne se souvient pourquoi elle a choisi de la mettre dans le coffre de la voiture. Ce dont elle se souvient en revanche, c'est ce moment où ce coffre a été ouvert, chez le garagiste de Terrasson :"Elle m'est apparue comme une petite fille à ce moment là. Lorsque le coffre a été ouvert et que l'on m'a dit que c'était un bébé". 

Rosa Da Cruz s'enferme un peu plus dans ses contradictions

Les "je ne sais pas" , " je ne me souviens plus" entretiennent le flou, enferment un peu plus Rosa Da Cruz dans ses contradictions. Comme par exemple lorsque la Présidente l'interroge sur le temps passé, les périodes où elle mettait Séréna dans le coffre. L'été ? Jamais selon Rosa Da Cruz. 

C'est bien là que la petite fille sera découverte le 25 octobre 2013, au milieu des excréments, des larves. Suffisant pour déduire que la petite fille y vit depuis plusieurs semaines. Pourtant Rosa Da Cruz l'affirme, le coffre a été lavé, comme la totalité de la voiture, en août. 

Les salissures ? Les poubelles dans le coffre ? "Ce sont certaines affaires de la pièce où je mettais Séréna". "Pourquoi vous ne les jetez pas, ces affaires ?" interroge la Présidente. " Je ne sais pas". " C'était quoi ces sacs poubelles où était assise Séréna ?" "Je ne sais pas" répond de nouveau Rosa Da Cruz. 

"Quand je la mettais dans le coffre, ce n’était pas pour la cacher mais pour pas qu’elle soit découverte "

Le flou, le manque de réponse est-il volontaire, délibéré ? Interrogé ce matin en tant qu'expert psychiatre le docteur Bertrand, pointe dans la personnalité de Rosa Da Cruz ce qu'il nomme des "failles de type borderline". Parmi elle, il y a l'attitude du "faux-self". Elle consiste à répondre, agir en fonction de ce que l'on pense être attendu par les autres de notre part. C'est peut-être ce qui explique en partie les contradictions de Rosa Da Cruz qui a déclaré plusieurs fois, notamment devant le psychiatre, qu'à plusieurs reprises elle a voulu qu'on retrouve Séréna. Mais quand la Présidente demande de nouveau des explications sur la présence de Séréna dans le coffre, Rosa Da Cruz explique : "Quand je la mettais dans le coffre ce n’était pas pour la cacher mais pour pas qu’elle soit découverte."

On ne tue pas un objet - Dr Betrand, expert psychiatre

Une chose semble intriguer la Présidente, qui demande au psychiatre : "Dans bon nombre d'affaires le déni de grossesse est suivi d'un infanticide. Pourquoi ne l'a-t-elle pas tuée selon vous ?" . Réponse on ne peut plus claire du psychiatre : "Elle parle de Séréna comme d'un objet. Elle n'avait pas d'existence. On ne tue pas ce qui n'existe pas. On ne tue pas un objet", "Non on s'en débarrasse, dans un coffre par exemple" conclut la Présidente. D'ailleurs dans les rares réponses étayées données par Rosa Da Cruz ce mercredi matin, il y a cette phrase : "Si j'avais vu que c'était un bébé, je n'aurais pas fait ça."

Des témoignages de soutiens qui finissent par faire flancher l'accusée

L'après-midi a ensuite été consacré à l'audition de plusieurs membres de la famille de Rosa Da Cruz. Une sœur et des nièces notamment, venues lui apporter leur soutien. Leurs témoignages sont entrecoupés de nombreuses larmes, car elles estiment qu'elle n’est "pas capable d’avoir volontairement caché Serena", ni de lui avoir consciemment fait subir de mauvais traitements.  Personne dans la famille ne comprend ce qui s’est passé. Mais personne n’a cherché non plus à comprendre ses deux premiers dénis de grossesse et ses accouchements en catastrophe, s’étonnent l’avocat général et les parties civiles. 

Avec le recul, la sœur de Rosa Da Cruz regrette de ne pas lui avoir conseillé de voir un psychologue. En pleurs, elle lui présente même ses excuses pour ne pas avoir pu l’aider. Mais ce qui ressort, c’est la pudeur d’une  famille, qui ne parle pas de certaines choses. Quitte à rester dans les non-dits et les secrets.  

Face à ses nièces et sa sœur éplorées, l’accusé - éprouvée elle aussi - ne trouve rien à dire. Sollicitée à plusieurs reprises elle finit par lâcher "J’ai détruit toute ma famille." Elle tente à nouveau de s'expliquer, mais peine à tenir debout. Finalement l'audience est interrompue plus tôt que prévu, pour lui permettre de voir un médecin.

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