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Dossier : Coronavirus Covid-19

Savoie : si les remontées mécaniques ne rouvrent pas, Les Karellis seront restées fermées toute la saison

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Par , France Bleu Pays de Savoie

En Savoie, la station de ski des Karellis attend une ouverture des remontées mécaniques mais le mal est fait à cause d'un modèle économique unique en son genre.

2.300 lits vides
2.300 lits vides © Radio France - Christophe Van Veen

S'il est une station qui attend la décision du gouvernement de rouvrir les remontées, c'est bien les Karellis en Maurienne. Pour ne pas vivre une saison totalement noire. Ce mercredi 20 janvier, un conseil de défense doit statuer sur le sort des stations mais, avant même l'officialisation des décisions gouvernementales, l'optimisme n'est pas de mise. 

Une station comme ses véhicules, à l'arrêt.
Une station comme ses véhicules, à l'arrêt. © Radio France - Christophe Van Veen

Un modèle vertueux jusqu'au Covid-19

Créée il y a moins d'un demi-siècle sur les sommets de la commune de Montricher-Albanne (Savoie), la station de ski "les Karellis" a un statut unique en pays de Savoie. Six clubs vacances commercialisent l'ensemble des 2.300 logements avec une formule tout inclus avec la restauration et c'est la commune qui possède tous les terrains et co-gère le développement de la station. 75 % de taux de remplissage d'habitude. Un record. Un modèle vertueux qui vole en éclats avec le Covid-19. 

Dans la station fantôme, on s'accroche pour survivre.

Le paradis blanc est désertique, déplore Christophe Baudot le directeur des remontées mécaniques. Pas l'ombre d'un skieur malgré la neige abondante et soyeuse. "Là où nous sommes, sur le front de neige, il devrait y avoir 5 à 600 skieurs. Et nous sommes tous les deux. On a un mètre de neige fraiche, un panorama exceptionnel. Cela paraît incroyable. En face de nous, les logements vides. Et à côté, les neuf commerces fermés. Cela me fait penser à la ville de Détroit aux Etats-Unis, après la crise de l'automobile."

Des remontées qui ne remontent personne
Des remontées qui ne remontent personne © Radio France - Christophe Van Veen

Difficile à croire aussi pour Michel  que nous croisons, au village, dix kilomètres en contre bas de la station : "Mon fils travaille là-haut, à la station, et il est au chômage. Tout est fermé. Il n'y a personne. C'est si triste. On vit une drôle d'époque. Ce sera fermé jusqu'à l'été" On croise un peu plus tard Patrick qui bricole en sifflotant, lui-aussi à la retraite et pas plus optimiste. "La saison, elle est fichue."

La double peine

Pour les Karellis, c’est la double peine. Restauration interdite, ça veut dire que les villages vacances n’ouvrent pas. Pas de remontées mécaniques, ça veut dire en plus que le quart de la clientèle locale ne viendra pas pour les vacances scolaires. Au final, ça fait zéro recette, comme le résume madame le maire Sophie Verney. "Avec ce modèle de commercialisation par des villages vacances, on a eu une rentabilité exceptionnelle. Là, à cause du Covid-19 et des mesures sanitaires, on est parmi les communes les plus touchées de Savoie. C'est 0 pour tout l'hiver, quand les autres ont pu travailler aux vacances de Noël. Je n'ai pas chiffré. Pas de taxe de séjour. 500 emplois saisonniers en moins... On a besoin d'aides de l'Etat."

Sophie Verney maire de Montricher-Albanne sur laquelle se trouve la station des Karellis.

Sophie Verney maire de Montricher
Sophie Verney maire de Montricher © Radio France - Christophe Van Veen

Conscientes des limites de sa monoculture, les Karellis ont lancé l’an dernier une diversification avec des projets ambitieux de créer 800 lits qui ne dépendraient pas des villages vacances, une auberge de jeunesse, un télésiège à 7 millions d’euros, un parking de 150 places... Mais, à cause du désastre du confinement, tout est repoussé, en suspend.  Pourtant Fabrice Pérez le directeur de l'Office de Tourisme voit dans la crise, la confirmation qu' "il faut aller de l'avant, se renouveler, diversifier l'offre." Il se dit très inquiet pour les hébergeurs, tout comme Christophe Baudot le directeur des remontées. "Si l'un d'eux flanche, l'avenir va devenir très compliqué."

Les commerces n'ont pas ouvert une seule journée.
Les commerces n'ont pas ouvert une seule journée. © Radio France - Christophe Van Veen

Ouvrir ou non les remontées mécaniques ?

La dameuse passe à côté de nous. Les Karrellis proposent quand même des pistes de luge, une piste de ski de fond, des circuits en raquettes ou pour le ski de randonnée. Elle se prépare à accueillir les pitchouns des écoles de ski le mercredi pour le jardin de neige. Une activité à minima qui a le mérite de garder un peu de vie. Mais on est très loin du compte.    

Christophe Baudot le directeur du domaine skiable se démène pour faire comme si ça allait rouvrir : "De report en report, on a appris à préparer des choses qui ne servent à rien. Des protocoles qui finissent dans la corbeille." Il se projette. "Pour moi, il faut déjà penser à la prochaine saison. Cette saison noire va bientôt se terminer."  500 emplois dépendent de la station de ski. 500, autant que d’habitants dans le village. 

Une station sans skieurs
Une station sans skieurs © Radio France - Christophe Van Veen
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