Faits divers – Justice

Sisco : le procès aura peut-être bien lieu en Corse

Par Hélène Battini, France Bleu RCFM et France Bleu jeudi 15 septembre 2016 à 10:54

Franck Rastoul, procureur général près la cour d'appel de Bastia
Franck Rastoul, procureur général près la cour d'appel de Bastia

Le procureur général près la cour d’appel de Bastia a rejeté, ce jeudi matin, la demande de dépaysement du procès de la rixe de Sisco.

Le procès de trois frères marocains et deux habitants de Siscu pour violences en réunion va donc s'ouvrir comme prévu à 15h ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Bastia, qui peut toutefois toujours décider de reporter l'examen du fond de l'affaire, la décision du parquet général étant susceptible d'appel.

En refusant l'hypothèse d'un procès loin de Bastia, a priori sur le continent, le procureur général a rejeté l'argumentaire des avocats de l’un des prévenus, qui invoquaient la "sérénité des débats", la "sûreté des prévenus" et "l'immixtion du politique" dans cette affaire.

La demande de dépaysement avait en effet été déposée par les avocats de deux des trois frères Benhaddou, qui comparaissent libres. Une demande qui s'appuyait sur un contexte de violence notamment en raison de " l'ingérence du pouvoir politique corse "selon Me Ouadie Elhamamouchi, avocat de Jamal Benhaddou.

Les élus régionaux à leur place ?

Selon lui, Jean-Guy Talamoni et Gilles Simeoni ont tenté d'influer sur le cours de la justice. "Jean-Guy Talamoni n'a pas nié avoir demandé au Procureur la remise en liberté des deux Siscais durant leur garde à vue", ajoute l'avocat pour qui "la proximité entre le procureur de Bastia et le président de l'Assemblée de Corse paraît contraire à toutes les règles de déontologie des magistrats".

Le procureur de la République a pour sa part répondu dans la presse, au sujet de la rencontre avec les présidents de l'Assemblée et celui de l'exécutif, qu'il ne ferme pas la porte aux élus de la Corse.

La demande de dépaysement n’était soutenue que par les avocats des frères Jamal et Abdelilah Benhaddou. Mustapha, le troisième, qui est le seul détenu à ce jour, demande à être jugé ce jeudi à Bastia. Il est défendu par une avocate bastiaise qui a été commise d'office, une avocate du Barreau de Paris et les deux bâtonniers d'Ajaccio et de Bastia. Respectivement Me Casalta et Me de Casalta.

Jean-Sébastien De Casalta, bâtonnier du barreau de Bastia - Maxppp
Jean-Sébastien De Casalta, bâtonnier du barreau de Bastia © Maxppp - maxppp

Jean Sébastien de Casalta qui va plaider la disjonction du dossier.

Jean-Sébastien De Casalta, bâtonnier du barreau de Bastia

Mustapha Benhaddou peut-il être jugé seul à Bastia ce jeudi après-midi pendant que ses frères font appel de la décision du parquet général ?

La réponse n’est pas évidente, d’autant que l’affaire risque de monter jusqu'en Cassation si, le procès est reporté.

Le regard du maire

Après les incidents et les tensions qui ont agité la petite commune du cap Corse, Ange-Pierre Vivoni, le maire de Siscu, plaide pour un procès sur place, à Bastia. Selon lui, il faut crever l’abcès. Ange-Pierre Vivoni qui évoque un climat toujours très tendu sur sa commune, un mois après la rixe.

Ange-Pierre Vivoni, le maire de Sisco

Retrouvez ici l’intégralité de l’interview d’Ange-Pierre Vivoni, invité de la rédaction de RCFM et de Patrick Vinciguerra ce jeudi 15 septembre à 7h50.