Faits divers – Justice

Rixe de Sisco : des peines de six mois de prison avec sursis à deux ans ferme, un jugement apaisant

Par Michèle Castellani, France Bleu RCFM et France Bleu vendredi 16 septembre 2016 à 6:03

Palais de justice de Bastia
Palais de justice de Bastia © Radio France

Le tribunal correctionnel de Bastia a condamné, ce vendredi matin, les auteurs de la rixe de Sisco, en Corse, à des peines allant de six mois de prison avec sursis à deux ans ferme. Un jugement rendu dans un contexte apaisé.

Un jugement apaisant rendu dans une salle d'audience apaisée, c'est la tonalité de la fin de ce procès que l'on pensait explosif et qui s'est finalement tenu dans le calme, à l'intérieur du Palais de justice et à l'extérieur où des centaines de personnes s'étaient réunies vendredi.

Deux ans ferme pour le principal suspect 

Le tribunal correctionnel de Bastia a donc rendu son jugement, tôt ce vendredi matin, dans l'affaire de la rixe de Sisco, qui avait eu lieu le 13 août dernier, entre une famille d'origine marocaine et des habitants du village sur une plage. Mustapha Benhaddou, le principal prévenu, a été condamné à deux ans de prison ferme avec maintien en détention. Il a été décrit comme l'élément déclencheur des incidents. Ses deux frères, Jamal et Abdelilah, absents à l'audience, sont condamnés à six mois de prison avec sursis.

Du sursis pour les villageois

Sursis aussi pour les deux habitants de Sisco, qui étaient poursuivis pour avoir porté des coups à Jamal Benhaddou alors que celui-ci était au sol, puis sur une civière portée par des pompiers. Lucien Straboni, le boulanger du village, écope d'un an avec sursis pour "violence volontaire sur personne vulnérable", et Pierre Baldi, l'employé communal et sapeur-pompier est condamné à 8 mois avec sursis pour "violence volontaire". Les cinq condamnés ont exprimé leurs regrets à l'issue des débats.

Douze heures d'audience

Douze heures d'audience, un marathon judiciaire qui s'est achevé à quatre heures du matin et qui a réduit l'affaire de Sisco à ce qu'elle était, " une rixe sévère " selon le Procureur de la république, Nicolas Bessone, pratiquement suivi dans son réquisitoire. Il a dénoncé la participation des cinq hommes à "une crise paroxystique où tous les bas instincts sont ressortis".

Le Procureur de la République Nicolas Bessone

Du côté de la défense des habitants de Sisco, c'est la déception devant une condamnation jugée sévère par Maître Rosa Prosperi, avocate des deux villageois.

Maître Rosa Prosperi, avocate des deux habitants de Sisco

Pour Maître Ohayon, avocat des deux frères Jamal et Abdelilah Benhaddou, les villageois devaient être punis.

Maître Ohayon, avocat des frères Djamal et Abdelilah Benhaddou

Maître Ouadie Elhamamouchi, l'autre avocat des deux frères, considère que les faits n'ont pas été jugés dans leur totalité.

Maître Ouadie Elhamamouchi, avocat des deux frères Benhaddou

Les deux bâtonniers de Corse, Me Jean Sébastien de Casalta du barreau de Bastia et Me Jean François Casalta du barreau d'Ajaccio, défenseurs de Mustapha Benhaddou, ont souligné l'importance du symbole. Selon eux, "les avocats corses s’enorgueillissent de faire leur métier, quel que soit le justiciable qu'ils ont l'honneur de défendre". Leur client pourrait décider de faire appel du jugement du tribunal correctionnel. Sur le fond de l'affaire, un dossier qui est "une caricature" selon Me Jean Sébastien de Casalta.

Me Jean Sébastien de Casalta, bâtonnier du barreau de Bastia et défenseur de Mustapha Benhaddou

Tout s'est déroulé dans le calme durant ce procès, dans la salle d'audience comme à l'extérieur du Palais où s'étaient rassemblées plusieurs centaines de personnes en début d'après-midi, en soutien aux villageois. Parmi elles figuraient le président du Conseil Exécutif Gilles Simeoni, le président de l'Assemblée de Corse Jean Guy Talamoni, ainsi que le maire de Sisco, Ange Pierre Vivoni. Les trois hommes avaient lancé ensemble un appel au calme avant le début de l'audience. Mais à quatre heures du matin, à l'heure du verdict, seules une trentaine de personnes étaient encore réunies pour attendre la sortie des deux villageois.

Partager sur :