Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice

Sivens : le gendarme qui avait lancé une grenade et blessé une femme condamné à six mois de prison avec sursis

mardi 8 janvier 2019 à 20:06 - Mis à jour le mardi 8 janvier 2019 à 21:59 Par Bénédicte Dupont et Suzanne Shojaei, France Bleu Occitanie et France Bleu

Ce mardi 8 janvier, au tribunal correctionnel de Toulouse, était jugé pour violences aggravées le gendarme coupable d'avoir, en 2014, lancé une grenade de désencerclement dans une caravane à Sivens (Tarn), contre les opposants au projet de barrage. Une jeune femme avait failli perdre sa main.

La grenade lancée par le gendarme dans la caravane avait déchiqueté la main de la jeune femme.
La grenade lancée par le gendarme dans la caravane avait déchiqueté la main de la jeune femme. © Maxppp - Philippe de Poulpiquet

Tarn, France

Six mois de prison avec sursis, interdiction de porter et détenir une arme pendant six mois et 1.000 euros d'amende, condamnation plus clémente que les réquisitions prononcée ce 8 janvier par le tribunal correctionnel de Toulouse à l'encontre du gendarme ayant lancé une grenade dans une caravane à Sivens le 7 octobre 2014, blessant grièvement une zadiste. Le militaire n'aura pas d'inscription dans son casier judiciaire et va pouvoir continuer à exercer son métier. Le parquet avait requis huit mois de prison avec sursis, l'interdiction de porter et détenir une arme pendant un an et l'interdiction d'exercer une mission de maintien de l'ordre pendant trois ans.

"J'ai fait une erreur"

L'affaire avait été éclipsée par une histoire similaire, bien plus dramatique : la mort trois semaines plus tard d'un jeune écologiste sur ce même site, Rémi Fraisse, tué par une grenade lancée par un gendarme là encore Cette fois, la victime, une femme de 25 ans à l'époque, militante anti-barrage avait eu la main grièvement atteinte par des éclats de plombs en caoutchouc. Ce 7 octobre 2014, la scène avait été filmée par l'un des quatre occupants de la caravane, elle a été diffusée pendant l'audience. Le militaire n'avait pas attendu que tous les zadistes sortent et avait lancé la grenade sur un matelas de la caravane. "Vous vous êtes senti menacé ?", a demandé le procureur. "Non, répond le gendarme de 49 ans, expérimenté. Je voulais la lancer à côté de la caravane pour leur faire peur. J'étais fatigué, on travaillait jour et nuit sur le barrage à Sivens. J'ai fait une erreur, c'était inapproprié."

Vous avez commis un acte délictuel, un acte de violence — les réquisitions du parquet

Le ministère public n'a pas été tendre lors de son réquisitoire : "Votre mission était de tenir le terrain. Vous n'êtes pas auteur d'un acte d'imprudence, ce n'est pas par inattention que vous avez jeté la grenade. Vous avez commis un acte de violence. Vous avez pris le parti de pouvoir porter atteinte à l'intégrité. Ces violences ne sont pas justifiées. C'est un usage délictuel de cette arme. Vous êtes sorti des clous de votre métier". Le jugement a finalement été moins sévère. La défense ne fera pas appel.

LIRE AUSSIMort de Rémi Fraisse à Sivens : le gendarme saura s'il est renvoyé vers la justice ordinaire le 17 janvier