Faits divers – Justice

Sivens : l'Etat met fin à l'occupation de la Zad après le vote du Conseil général

Par Julie Guesdon, France Bleu Toulouse vendredi 6 mars 2015 à 18:15

Le chantier du barrage de Sivens, dans le Tarn
Le chantier du barrage de Sivens, dans le Tarn © MaxPPP

Le gouvernement a mis fin vendredi après-midi à 16 mois d'occupation du site du projet de barrage de Sivens (Tarn). Immédiatement après le vote du Conseil général du Tarn pour un ouvrage réduit par rapport au projet initial, les gendarmes sont intervenus sur les lieux pour évacuer les zadistes.

Les forces de l'ordre ont fait évacuer la ZAD (zone à défendre) du barrage de Sivens ce vendredi, après la décision du Conseil général d'adopter un projet réduit. Ce "Sivens allégé" était assorti d'une expulsion "sans délai" des zadistes, expulsion ordonnée dans la foulée par le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.

Vingt-et-une personnes interpellées

Une partie des 300 gendarmes, qui entouraient la Zad depuis le début de la semaine pour empêcher les heurts avec les agriculteurs pro-barrage, ont alors pénétré sur le site dès la mi-journée et interpellé 21 personnes.

Le gros de la troupe a ensuite été escorté vers la sortie du site, marquant la fin de 16 mois d'occupation.

Une partie des personnes interpellées ont été placées en garde à vue "pour attroupement interdit et violences sur agents de la force publique" .

L'État veut se montrer dissuasif pour calmer les tensions

Le Premier ministre, Manuel Valls, a déjà promis "une réponse extrêmement déterminée, extrêmement ferme de l'Etat" à l'encontre de "ceux qui continueraient sur le terrain à s'opposer à la légitimité des élus du territoire".

Tandis que certains des sympathisants des zadistes dénonçaient des brutalités, de source préfectorale, on se félicitait d'une "intervention rapide et sans violence" , et le ministre de l'Intérieur a souligné qu'il n'y avait pas eu de blessés nécessitant des soins.

Après une semaine d'escarmouches, de tentatives infructueuses de "ravitailler les résistants" , d'accusations réciproques d'agressions, un calme précaire régnait sur le site jusqu'à l'intervention des forces de l'ordre.

Réactions mesurées des opposants au projet

La FNSEA, au niveau national, a salué le "courage" manifesté, "dans un contexte tendu" par le Conseil général, et a estimé que le nouveau projet tenait "compte des besoins en eau pour l'agriculture, le tourisme, l'étiage des cours d'eau".

Europe Ecologie-Les Verts a jugé que le choix du Conseil général du Tarn "ne règle rien sur le fond" et qu'il n'était "pas nécessaire de prendre une décision avant les élections départementales". Ce parti s'est toutefois "félicité" de l'abandon du projet initial.

France Nature Environnement, qui prônait "une alternative sans construction nouvelle" , a souhaité que "l'ensemble de la population" soit associée "étroitement" ' à l'élaboration du nouveau projet.

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