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Faits divers – Justice

Six ans après le quadruple meurtre de Saint-Paul-Trois-Châteaux, la famille des victimes élève la voix

En juin 2013, Abdelkarim El Kadaoui tuait Fouzia, sa femme de 29 ans qui entamait un divorce. Il tuait aussi leurs trois enfants. Il a été condamné à la perpétuité mais est en fuite au Maroc. La famille des victimes prendra la parole ce vendredi dans une manifestation contre les féminicides.

Fouzia, la mère de famille tuée par son mari à Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme) le 24 juin 2013
Fouzia, la mère de famille tuée par son mari à Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme) le 24 juin 2013 - Photo extraite de la page Facebook "Justice pour Fouzia et ses trois enfants"

Saint-Paul-Trois-Châteaux, France

La sœur de Fouzia, Myriam Kabdani, son frère et des amis de la famille participent ce vendredi soir à Avignon à une manifestation contre les féminicides. C'est une première pour Myriam Kabdani : "en 2013, ça a été compliqué de se lancer dans une manifestation, parce que les faits étaient énormes et il m'a fallu du temps pour m'en remettre. Mais aujourd'hui, pour les femmes qui subissent ces violences, je dis stop."

Myriam Kabdani se bat aussi encore pour sa soeur et ses neveux, pour que leur meurtrier soit emprisonné. En juin 2013, Abdelkarim El Kadaoui tuait Fouzia, sa femme de 29 ans qui entamait une procédure de divorce. Il tuait aussi leurs trois enfants de 2, 8 et 9 ans. 

Il a été jugé par la Cour d'Assises de la Drôme en novembre 2017 et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Mais il a été jugé en son absence puisqu'il a fui au Maroc immédiatement après les faits et n'a pas été arrêté depuis.

Une lettre à Emmanuel Macron, une pétition adressée au roi du Maroc

"Il faut savoir qu'en 2014, la France avait intercepté le meurtrier, allait procéder à son arrestation, mais elle a été bloquée à cause d'un conflit diplomatique avec le Maroc" souligne Myriam Kabdani.

Abdelkarim El Kadaoui vit aux yeux de tous dans une ville près de la côte nord marocaine d'après des témoignages recueillis. Il travaillerait dans une boutique de téléphonie. "Il vit comme vous et moi. Certains nous rapportent qu'il a refait sa vie...ça je demande à voir. Mais c'est injuste pour la mémoire de ma soeur et de mes neveux. Eux, tout ce qu'ils demandaient, c'était de vivre. On ne veut plus que cet homme vive tranquillement. On veut qu'il fasse sa peine de prison" insiste Myriam Kabdani.

Elle multiplie les démarches. Elle a écrit au Président Emmanuel Macron. Son chef de cabinet lui a répondu : Emmanuel Macron "comprend vos attentes d'une réponse judiciaire efficace."

Réponse du chef de cabinet du Président Emmanuel Macron à Myriam Kabdani - Aucun(e)
Réponse du chef de cabinet du Président Emmanuel Macron à Myriam Kabdani - Photo transmise par Myriam Kabdani

Myriam Kabdani a aussi lancé une pétition adressée au roi du Maroc. Elle a déjà été signée par près de 80 000 personnes en ligne, sur le site internet change.org. Elle essaie de mobiliser également à travers une page facebook : "Justice pour Fouzia et ses trois enfants".

"Cela fait six ans que nous ne pouvons pas faire notre deuil."

"Je m'adresse aux autorités françaises et marocaines, je leur demande de faire le nécessaire. Cela fait six ans que nous ne pouvons pas faire notre deuil. Nous ne pouvons pas visiter ma soeur et mes neveux (ndlr: ils sont inhumés au Maroc, où la famille ne se rend plus depuis 2013 par peur du meurtrier). Pour nous, ce n'est plus possible. On avance, sans avancer. Parce que cette histoire est là. Parce qu'on nous a retiré, par le choix d'une seule personne, quatre membres de notre famille. La peine est toujours présente. Nous ne comptons pas en rester là" résume Myriam Kabdani.

Myriam Kabdani : "on ne veut plus que cet homme vive tranquillement"

"Cet homme", "le meurtrier"...Myriam Kabdani ne prononce plus son nom. Elle se forcera à le faire pour exposer cette histoire lors de la manifestation de ce vendredi soir, 19h, place Saint-Didier à Avignon.