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Six à huit ans de prison pour les quatre djihadistes d'Albertville

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Par , France Bleu Pays de Savoie, France Bleu

Les quatre djihadistes d'Albertville, jugés depuis mardi devant le tribunal correctionnel de Paris pour avoir séjourné en Syrie, ont été condamnés à des peines de six à huit ans de prison. Un jugement conforme dans l'ensemble aux réquisitions du parquet.

La 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris, où s'est déroulé le procès
La 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris, où s'est déroulé le procès © Maxppp - Arnaud Journois

Les quatre djihadistes membres de la filière d'Albertville ont été condamnés vendredi soir à des peines de six à huit ans de prison, conformes dans l'ensemble aux réquisitions du parquet. Le tribunal correctionnel de Paris n'a donc pas retenu la thèse du repentir, prônée par trois d'entre eux au cours des quatre journées d'audiences. Ils étaient jugés pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste", pour avoir passé quelques semaines en Syrie début 2014, dans les rangs de l'Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL), l'organisation qui deviendra Daech quelques mois plus tard.

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"Le repentir ne satisfait pas les magistrats". Ali Belkheir, l'avocat de Oualid Jebali

Sans surprise, la peine la plus lourde, huit ans de détention avec une période de sûreté des deux-tiers, est prononcée à l'encontre de Majoub Ettabai. Cet Albertvillois de 26 ans est le seul à n'avoir exprimé aucun regret au cours du procès, préférant la plupart du temps garder le silence. Malgré les soupçons des enquêteurs, il nie avoir séjourné en Syrie, où se trouve toujours son frère. Il avait semble t-il pour ambition de le rejoindre lorsqu'il a été interpellé en Savoie en novembre 2014.

Les trois autres prévenus savoyards, Christian Bouvier (29 ans), Mohamed Benseghir (28 ans) et Oualid Jebali (31 ans) écopent de six ans, sans période de sûreté. Ils avaient été interpellés dans un bus turc, alors qu'ils tentaient de rejoindre un camp d'entraînement, trois semaines après leur arrivée en Syrie, reconduits à la frontière, puis arrêtés eux aussi en novembre 2014 à Albertville. Leur attitude lors du procès a été totalement différente, sur le registre de la repentance. Les trois hommes, qui disent "énormément regretter" aujourd'hui leurs départs pour le djihad armé, ont mis en avant une volonté de réinsertion.

"Le repentir est possible", a déclaré Oualid Jebali, qui a également un frère en Syrie, et dont la consommation de stupéfiants en détention, contraire aux principes de l'Islam radical, "a rassuré" le procureur : "Je culpabilise. A la prison d'Aiton, on m'appelle le djihadiste, ça me pèse. Ce sont des gens qui tuent, moi je n'ai tué personne. La seule victime dans cette affaire, c'est ma famille. Je suis parti ignorant. Je veux une chance pour vous prouver que je peux m'en sortir". Des arguments qui n'ont pas convaincu le tribunal, ce que déplore son avocat, maître Ali Belkheir : "Le tribunal ne tient compte uniquement de ce qu'il s'est passé il y a quatre ans, et on ne veut plus voir les suites. Malheureusement, le repentir ne satisfait pas les magistrats".

ECOUTEZ maître Ali Belkheir, l'avocat de Oualid Jebali

Retour en prison pour Christian Bouvier et Mohamed Benseghir

Particularité du dossier, deux des prévenus, Christian Bouvier et Mohamed Benseghir, comparaissaient libres. Ils avaient été remis en liberté après seulement quatre mois de détention provisoire en février 2015, et les deux pères de famille affichaient les signes d'une "réinsertion réussie" à Albertville et Grenoble selon leurs avocats, où ils travaillaient depuis en CDI. En les renvoyant en prison, la justice envoie un message "incohérent" selon l'avocat de Christian Bouvier, maître Florian Lastelle : "Pendant deux ans, ils ont respecté le contrat de confiance que leur proposait la justice. Toutes les obligations que quatre magistrats leur avaient prescrites. Ces individus étaient prêts à la réinsertion. Elle est aujourd'hui rejetée par le tribunal. On ne sait pas quelles vont être les conséquences d'une telle incarcération".

ECOUTEZ maître Florian Lastelle, l'avocat de Christian Bouvier

Après avoir prononcé la peine, la présidente du tribunal s'est adressé aux deux hommes. Selon elle, leur "réinsertion sociale" ne fait pas d'eux "des repentis", car leur retour de Syrie a davantage été motivé par le mauvais accueil qui leur a été réservé sur place que par une rupture avec l'idéologie du djihad. Pendant l'audience, Mohamed Benseghir n'a en effet pas été en mesure d'apporter une réponse claire à des questions simples, par exemple "êtes vous pour ou contre la peine de mort, ou les châtiments corporels ?".

Au moins sept Albertvillois actuellement dans les territoires contrôlés par l'Etat Islamique

Cette filière d'Albertville, qui existait bien avant l'Etat Islamique, s'est essentiellement constitué autour de prêches sauvages à la mosquée, entre 2011 et 2014. Pour certains prévenus, des contacts avec des islamistes radicaux ont également eu lieu lors de voyages en Algérie ou en Egypte.

Dans ce dossier, deux noms sont revenus avec insistance. Hicham Berrached, condamné en 2011 pour avoir financé le djihad en Afghanistan, désigné par les prévenus comme "l'émir" de la filière, et présumé mort en Syrie. Et Sala Bouhabila, un algérien de 37 ans interpellé en mai 2014 en Turquie dans un car convoyant un groupe de savoyards vers la Syrie. Soupçonné de recruter dans ce quartier populaire du Val des Roses à Albertville, il fut le premier ressortissant étranger immédiatement expulsé par la France pour implication dans une filière djihadiste.

Aujourd'hui, cette filière djihadiste savoyarde est considérée comme démantelée, mais selon les enquêteurs au moins sept autres personnes originaires de la cité olympique se trouveraient toujours dans les zones contrôlées par l'Etat Islamique en Syrie en Irak.

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