Faits divers – Justice

Un homme condamné à six mois de prison pour avoir soutiré près de 20.000 euros à une retraitée mayennaise

Par Claudia Calmel, France Bleu Mayenne et France Bleu jeudi 10 novembre 2016 à 20:30

La salle d'audience pénale du palais de justice de Laval
La salle d'audience pénale du palais de justice de Laval © Radio France - Claudia Calmel

Le procès de cet homme de 43 ans s'est tenu ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Laval. Les faits se sont produits entre septembre 2013 et novembre 2014. Il était jugé pour s'être fait passer pour un médiateur pénal. Mais le prévenu était absent à l'audience.

Pendant plus d'un an, il a fait miroiter à Monique, une retraitée de St-Berthevin la possibilité de la débarrasser d'un conflit de voisinage qui lui polluait la vie depuis des années. Une affaire d'insultes qui est allée assez loin puisque la mairie a même organisé plusieurs réunions de conciliation avec un adjoint au maire, mais aussi avec le prévenu qui était à l'époque… Citoyen volontaire de la Police nationale !

C'est à ce moment là qu'il rencontre Monique. Quelque temps plus tard, il décide de s'installer comme auto-entrepreneur en tant que médiateur pénal. Il recontacte alors la retraitée et lui promet de se rapprocher d'un juge à Paris. Un « super magistrat » qui va lui permettre d'obtenir plus de 37.000 euros de dommages et intérêt pour son conflit de voisinage. Monique est en confiance, grâce au passé de citoyen volontaire du prévenu. Mais aussi grâce à ses cartes de visite « bleu-blanc-rouge » qui rappellent celle des agents assermentés par l’Etat. Elle signe donc une bonne douzaine de chèques pour des montants parfois faramineux.

« Un escroc qui ose tout »

L’avocate de Monique agite devant le tribunal les factures fantaisistes produites par le prévenu : un jour, 150 euros de l'heure. Le lendemain, 8.000 euros pour la journée. Le procureur dresse le portrait d'un homme qui ne doute de rien : « il n’est pas à une pudeur près. Il a utilisé des documents aux couleurs de la République pour se donner un peu de crédit alors qu’il n’était rien du tout ! ». Il demande sept mois de prison. Le prévenu est finalement condamné à six mois ferme et à l'obligation de rembourser et d'indemniser sa victime.