Faits divers – Justice

Socodivin : deux ans et demi de prison ferme pour le patron

Par Elisabeth Badinier, France Bleu Roussillon jeudi 20 février 2014 à 17:50

Palais de justice de Perpignan
Palais de justice de Perpignan © Marie Rouarch / Radio France

Le tribunal correctionnel de Perpignan a condamné à trois ans de prison dont deux ans et demi fermes, le patron de la Socodivin qui avait mis sur la paille des dizaines de vignerons dans les années 2000 dans les Pyrénées-Orientales. Un mandat d'arrêt a été délivré à l'audience contre l'accusé qui n'était pas présent.

Le patron de la SOCODIVIN a été condamné ce jeudi par le tribunal correctionnel de Perpignan a trois ans de prison dont deux ans et demi fermes. Jean-Luc Cabaner a été reconnu coupable d'escroquerie et banqueroute .

En 2006, il était le premier négociant en vins du département des Pyrénées-Orientales, son entreprise a fait faillite dans des conditions plus que douteuses, laissant des dizaines de vignerons dans d'immenses difficultés financières . Plus de 11 millions d'euros de passif au total. Certains viticulteurs et certaines caves coopératives ne s'en sont jamais relevés.

L'instruction de cette affaire, qui a pris plusieurs années, avait mis en évidence que Jean-Luc Cabaner continuait d'acheter du vin aux producteurs du Roussillon leur faisant croire que tout allait bien alors son entreprise était déjà criblée de dettes . Des commandes qu'il n'a jamais payées. Lors de son procès en décembre dernier, Jean-Luc Cabaner avait tout nié en bloc.

Un mandat d'arrêt délivré à l'audience

Ce jeudi après-midi, l'homme âgé de 57 ans n'a même pas eu la décence de se présenter à l'audience pour écouter l'énoncé du jugement, ni lui, ni son avocat. Cette absence de l'accusé a profondément agacé le président du tribunal qui a suspendu l'audience pour engager aussitôt un mandat d'arrêt contre l'escroc.

La police et la gendarmerie peuvent l'arrêter à tout moment , le signalement de l'homme a aussi été donné à la police aux frontières, au cas où il voudrait fuir à l'étranger. Et autant dire que les vignerons ont vu l'absence de l'escroc comme un nouvel affront de ce dernier.

Jean Roger est l'ancien président du syndicat du vigneron :* "que Cabaner ne vienne pas ici, c'est petit, c'est vil, c'était un voyou . J'ai pas peur de le dire, y a des gens qui ont tout perdu, mais c'est très courageux de part des vignerons de repartir, de refaire du vin et des pauvres cons comme Cabaner, ça devrait pas exister ".*

La colère de Jean Roger ancien président du syndicat des vignerons

Pour maître Respaut, l'avocate d'une trentaine de vignerons dans l'affaire, Jean-Luc Cabaner ne s'est pas rendu au tribunal pour éviter les images. "Il serait sorti du tribunal menotté... " explique-t-elle.

"peut-être qu'il se doutait que la condamnation allait être sévère à son encontre"

Ce jugement, plus sévère que les réquisitions du procureur qui avait réclamé trois ans de prison dont un an ferme, est un vrai soulagement pour les dizaines de vignerons escroqués .*** Chacune des parties civiles devrait recevoir 5 000 euros de la part de Jean-Luc Cabaner. "Cela n'épongera pas le préjudice subit, mais c'est déjà ça* ", expliquent certains. Soulagés, mais amers malgré tout, et en colère contre cet homme qui les a ruinés et qui n'est pas venu les regarder dans les yeux une dernière fois.