Faits divers – Justice

Solesmes : Une disparition vieille de 16 ans bientôt résolue ?

Par Pierre-Antoine Lefort, France Bleu Maine jeudi 12 octobre 2017 à 18:38

Gendarmerie (illustration).
Gendarmerie (illustration). © Radio France - Nathalie de Keyzer

C'est peut être le dénouement de plus de 16 ans d'attente pour les familles. En mars 2001, à Juigné sur Sarthe, un homme disparaît en voiture. Il y a quelques semaines, elle est retrouvée au fond de la Sarthe, des ossements à l'intérieur.

C'est dans la nuit d'un jour de mars 2001 que Roger V, 73 ans, prend le volant de la Clio grise de sa compagne, et part sans laisser de trace. "Je m'en souviens très bien, on était en pleine période d’inondation", raconte le maire de Juigné-sur-Sarthe, Daniel Chevalier. Depuis 14 ans, Roger V, originaire d'Allonnes, vivait avec une femme de la commune. A l'époque, la famille lance bien quelques pistes, mais les recherches s'arrêtent vite, car en France, chacun a le droit de disparaître.

"Il nous avait simplement dit que s'il voyait que cela s’aggravait et qu'il en avait la possibilité, il disparaîtrait" Patrick, le fils de sa compagne

Roger V, ancien agent d'entretien au Centre hospitalier d'Allonnes, est atteint de Parkinson, sa situation se dégrade vite. "Il ne nous avait pas clairement dit qu'il allait se suicider", témoigne à France Bleu, Patrick, le fils de sa compagne (décédée l'année dernière). "Il nous avait simplement dit que s'il voyait que cela s’aggravait et qu'il en avait la possibilité, il disparaîtrait. Mais on ne le trouvait pas du tout suicidaire quelques jours avant sa disparition."

Des tests en cours pour confirmer l'identité

Le 22 septembre, 16 ans et demi après, la Clio est retrouvée au fond de la Sarthe, à Solesmes. Les gendarmes cherchaient le corps d'une autre personne, qui venait de se suicider. "Quand les gendarmes sont venus me voir pour me parler de la voiture, j'ai tout de suite compris", explique Patrick, qui avait perdu l'espoir de retrouver sa trace. "Au bout de 16 ans et demi, je pensais qu'il était au fond d'une carrière." L'immatriculation correspond bien à la voiture empruntée le soir de la disparition.

A bord, quelques ossements, qui ne permettent pas d'identifier directement le conducteur. Des tests ADN doivent être pratiqués pour confirmer s'il s'agit bien de Roger V. "C'est sans doute important pour ses six enfants d'être enfin fixé", conclut Patrick.