Faits divers – Justice

Son homonyme est un escroc, la préfecture des Pyrénées-Orientales bloque son dossier

Par Baptiste Guiet, France Bleu Roussillon et France Bleu jeudi 14 janvier 2016 à 19:25

© Radio France

Antoine Lozano, un habitant d'Ortaffa, se démène depuis des mois contre la préfecture des Pyrénées-Orientales qui lui refuse un permis de détention d'armes. En cause, un mystérieux rapport de police dans lequel il est présenté comme un escroc sévissant sur la Côte d'Azur. Il a porté plainte.

L'histoire commence en décembre 2014. Antoine Lozano, dirigeant d'une société d'import-export sur le marché de Saint-Charles à Perpignan et amateur de tir sportif, fait une demande de permis de détention d'arme. Refus de la préfecture. D'abord sans explication. Puis on lui explique qu'il pourrait "porter atteinte à la sûreté de l'Etat". Antoine Lozano tombe des nues : son casier judiciaire est vide et il n'a jamais eu affaire à la justice.

Il est alors obligé de faire appel à la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) pour accéder au document qui l'incrimine. Il découvre alors un rapport qui le laisse pantois. Il émane de la police et de la gendarmerie de Nice et il est question d'une vaste arnaque commise sur la Côte d'Azur

"Dans ce rapport j'aurais détourné des millions de dollars, j'aurais voulu déstabiliser la République démocratique du Congo ! Il est aussi question de la nièce de Mobutu, de Poutine et d'un agent de la CIA. Des choses invraisemblables !" (Antoine Lozano)

Après une rapide enquête sur internet, Antoine Lozano découvre qu'il s'agit en fait d'un homonyme. Un autre Antoine Lozano aurait sévit sur la Riviera il y a quelques années. Mais rien à voir avec lui. 

Une simple vérification suffirait à lever le lièvre. Pourtant la préfecture bloque toujours le dossier. Pour Antoine Lozano, il s'agit d'un complot : on a envoyé ce rapport "douteux" pour lui nuire. Il a donc décidé de porter plainte contre X pour dénonciation calomnieuse

"Qui a bien pu transmettre  un document qui manifestement est un montage ? Celui qui a fait ça l'a fait en connaissance de cause. C'est quand même incroyable que la préfecture tienne compte d'un document qui n'a aucune valeur !" (Me Etienne Nicolau, son avocat)

Du côté de la préfecture, on indique qu'on ne peut pas ignorer un document transmis par les services de police ou de gendarmerie. Quand bien même il y aurait erreur sur la personne. On dirait du Kafka.

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