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Faits divers – Justice

Son mari est mort carbonisé dans un accident près de Lunel, elle attend des réponses

lundi 13 août 2018 à 6:07 Par Elisabeth Badinier, France Bleu Hérault et France Bleu

Amaury Perret-Walton est mort alors qu'il rentrait du travail le 22 juin dernier en scooter, percuté par une voiture. Sa compagne et ses trois enfants attendent toujours des réponses sur les circonstances de l'accident et s'interrogent sur les déclarations de l'employeur.

Amaury Perret Walton avait 45 ans, il était père de trois enfants
Amaury Perret Walton avait 45 ans, il était père de trois enfants - Muriel Gaspard

Lunel, France

Dans la nuit du 22 au 23 juin dernier, Amaury Perret-Walton, 45 ans, rentre du travail à scooter, il est chef de cuisine dans un restaurant de La Grande-Motte (Hérault). Sur la route de la mer, entre Lunel et -La GrandeMotte, il est percuté par une voiture transportant plusieurs bouteilles de gaz qui explosent sous la violence du choc. Amaury meurt sans doute sur le coup, mais son corps est retrouvé carbonisé dans l'incendie.

Près de deux mois après cet accident, la compagne d'Amaury Perret passe de la colère au désespoir. Elle se bat  avec ses trois enfants (18, 17 et 10 ans) pour comprendre ce qui s'est passé, mais la gendarmerie lui demande inlassablement d'attendre les résultats des analyses toxicologiques et le procureur ne répond pas à ses courriers. 

"Ce qu'il reste de mon mari, c'est une trace d'incendie sur la route. On l'a laissé brûler." - Muriel Gaspard, compagne d'Amaury Perret-Walton

Il reste pourtant beaucoup de questions sans réponse après cet accident estime Muriel Gaspard : "L'auteur des faits a percuté deux voitures avant de percuter mon conjoint et il y avait une voiture derrière aussi qui a peut-être une responsabilité, et on nous dit rien. On nous fait attendre et on n'a jamais de réponse. Mon conjoint n'avait jamais eu d'accident, il aurait pu se déporter, mais il s'est retrouvé en sandwich, et on l'a laissé brûler pendant deux heures et exploser avec les bouteilles. C'était un homme qui faisait 1m82 et 100 kilos et le sac mortuaire était quasiment vide, il n'y avait plus de corps. Ce qui reste de lui, c'est une trace d'incendie sur la route."

Les questions de Muriel Gaspard après l'accident mortel de son compagnon.

"Mon mari est mort dans l'anonymat, comme s'il n'avait jamais existé. A force d'être dans le combat et la révolte on finit par être dans la haine."

Muriel Gaspard a un véritable sentiment d'abandon : "S'il avait été victime d'un acte terroriste, on n'aurait pas attendu trois mois pour avoir les expertises, cela aurait été beaucoup plus vite. En 48 heures, on interpelle les gens. On nous dit d'attendre, mais on n'a jamais de réponse. J'ai l'impression d'être un dossier sous plein d'autres dossiers et cela nous empêche de faire notre deuil, d'être apaisé même si je sais qu'on en aura pour des années. On est toujours dans le combat, la révolte, on finit par être dans la haine.Je n'arrive pas à m'apaiser et à apaiser mes enfants qui voient que je ne suis pas bien non plus. Je sais que certaines victimes de la route ont attendu deux ans parce qu'on avait perdu leur dossier, moi je ne veux pas que ça arrive. Mon conjoint est mort dans l'anonymat, comme s'il n'avait jamais existé et ça c'est dur."

Muriel Gaspard a retrouvé par elle-même, grâce aux réseaux sociaux, le conducteur de la voiture impliquée dans l'accident, celui qui transportait les bouteilles de gaz. Un échange écrit où il présente ses excuses et explique qu'il s'est endormi, mais il reconnait aussi avoir fumé du cannabis le jour de l'accident. Pour autant, à sa connaissance cet homme n'a toujours pas été entendu par les enquêteurs.

"Je n'arrive pas à m'apaiser." Le cri de colère de Muriel Gaspard face à l'abandon qu'elle ressent.

Muriel a besoin de réponses pour faire son deuil mais aussi pour les assurances qui réclament des papiers qu'elle ne peut pas fournir.

Le comportement douteux de l'employeur d'Amaury

À ces lenteurs de l'enquête s'ajoute aussi le comportement de l'employeur d'Amaury Perret-Walton. Le restaurant dans lequel il travaillait avait ouvert le 9 juin. D'après son épouse, Amaury y travaillait depuis cette date, mais après l'accident, son employeur a fourni un contrat de travail (qui n'avait pas encore été signé par l'employé) faisant état d'un CDI à compter du 18 juin à raison de 23 heures de travail au total.

Muriel Gaspard a réuni de nombreux témoignages dont celui d'un policier qui a dîné dans le restaurant, apportant la preuve que son mari travaillait bien avant le 18 juin, avec des cadences de 11 heures par jour et non 5 heures comme l'affirme l'employeur. Elle est persuadée que l'employeur triche pour éviter les contrôles de l'URSSAF. 

Or la fatigue a peut-être aussi été un élément déterminant dans l'accident : "On ne le voyait plus, il partait à 9 heures et il rentrait à minuit. Il était fatigué et peut-être que la fatigue l'a empêché de réagir. Tout le monde savait qu'il était épuisé et qu'il voulait arrêter."

Le travail d'Amaury serait-il lié à son accident ? Sa compagne se pose la question.

Contacté par nos soins, l'employeur affirme qu'Amaury Perret-Walton n'a réellement commencé à travailler qu'à compter du 18 juin : "C'était un ami. Les jours précédents, il était juste venu me donner un coup de main. Je venais de reprendre ce restaurant et n'avais pas les moyens de l'embaucher avant. Son épouse est sous le choc, elle raconte n'importe quoi, il ne faut pas l'écouter. Elle a besoin d'argent, son mari avait des dettes."