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Faits divers – Justice DOSSIER : L'affaire Péchier à Besançon : un anesthésiste soupçonné d'empoisonnement sur sept patients

Soupçons d'empoisonnements dans des cliniques de Besançon : le docteur Péchier demande à retravailler

jeudi 10 mai 2018 à 10:51 Par Laurine Benjebria, France Bleu Besançon et France Bleu

Mis en examen pour "empoisonnements avec préméditation", Frédéric Péchier a déposé une demande de modification de son contrôle judiciaire pour pouvoir à nouveau exercer son métier d'anesthésiste. L'affaire a été mise en délibéré ce mercredi, la chambre d'instruction rendra sa décision le 23 mai.

Le docteur Péchier et son avocat, Me Schwerdorffer, au tribunal de Besançon
Le docteur Péchier et son avocat, Me Schwerdorffer, au tribunal de Besançon © Radio France - Laurine Benjebria

Besançon, France

Le docteur Péchier a sollicité une modification de son contrôle judiciaire qui l'empêche, notamment, d'exercer sa profession d'anesthésiste.  Le médecin souhaite pouvoir retravailler, en tant qu'anesthésiste consultant. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Besançon examinait sa demande ce mercredi matin. L'affaire a été mise en délibéré et la décision sera rendue le 23 mai.

En arrêt depuis quinze mois

Depuis quinze mois, le médecin, soupçonné d'empoisonnements, ne travaille plus. Il est en arrêt maladie mais sans indemnité journalière. Selon ses avocats, Me Randall Schwerdorffer et Me Ornella Spatafora, l'absence d'activité professionnelle et donc de revenu a de graves conséquences financières : "Il a 150.000 euros d'impôts par an à payer, il a encore 100.00 euros à sortir ; il a vendu ses biens immobiliers". 

J'ai besoin d'être ré-humanisé", Dr Péchier

L'anesthésiste souhaite pouvoir retravailler, en consultation pré-opératoire. Une activité professionnelle qui ne donne pas accès "au bloc opératoire ni aux produits" assure-t-il. Il a indiqué qu'il pourrait exercer hors du Doubs, il s'est notamment renseigné pour pouvoir exercer dans des CHU parisiens. "Pourquoi se priver de ses compétences ?", demande même son avocat devant la chambre de l'instruction ce mercredi.

Du côté des parties civiles, Me Catherine Rosselot-Hennemann, représentant la clinique Saint-Vincent et Me Sylvia Serri, pour une des victimes, ont toutes deux demandé la confirmation intégrale du contrôle judiciaire. En revanche, Me Frédéric Berna, représentant plusieurs familles des victimes, n'a pas été si catégorique. L'avocat explique que c'est désormais de l'ordre public : "vous imaginez bien que mes clients ne se feront jamais anesthésier par le docteur Péchier (...) A la Cour de statuer si oui ou non ça protège potentiellement de futures victimes que d'empêcher le docteur Péchier doit travailler notamment dans l'attente de ce que le procès intervienne".

Travailler seulement avec "un stylo ou un ordinateur"

L'avocat général s'est opposé à cette demande d'assouplissement de contrôle judiciaire ce mercredi. Lors de l'audience publique, il a insisté sur l'importance de la consultation, "qui reste un acte anesthésiste", "on ne peut pas avoir la garantie qu'il n'aura pas accès aux produits et qu'il n'y aura pas d'acte pouvant mettre en cause l'intégrité physique des patients". De son côté, le docteur Péchier a expliqué aux magistrats pouvoir travailler avec seulement "un stylo ou un ordinateur" lors des consultations.

Le médecin clame son innocence depuis le début de l'affaire. "Je n'ai jamais fait de diagnostic précoce, je n'ai jamais injecté d'antidote et je ne suis jamais entré dans un bloc opératoire sans qu'on ne m'appelle" a-t-il assuré aux magistrats ce mercredi. Par la voix de ses avocats, le docteur Péchier met en cause un autre médecin de son service. Un collègue qui aurait commis ces empoisonnements par rivalité

Le médecin a également déposé une demande de "démise en examen". Lors de cette audience, de nouveaux éléments pourraient être rendus publics.