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Soupçons de blanchiment d'argent au Luxembourg : trois mis en examen au centre privé de radiothérapie de Metz

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Par , France Bleu Lorraine Nord

Au centre privé de radiothérapie de Metz, 2 cancérologues ont porté plainte contre 3 associés qu'ils soupçonnent d'avoir blanchi plusieurs millions d'euros au Luxembourg mais aussi d'avoir mis en service un logiciel peu fiable en lien avec les patients. Les 3 associés sont désormais mis en examen.

Plateau de radiothérapie (Illustration)
Plateau de radiothérapie (Illustration) © Maxppp - Jean-Marc Loos

Ce sont des faits graves reprochés à trois associés du centre privé de radiothérapie à Metz, un centre installé à la clinique Claude Bernard et qui traite environ 2.000 patients par an. Ils sont soupçonnés de blanchiment d'argent et d'abus de biens sociaux. Les trois hommes sont désormais mis en examen, les deux premiers en mars 2017, le dernier plus récemment en mars dernier. Comme le révélait le Républicain Lorrain, il y a 4 ans, une information judiciaire a été ouverte suite à la plainte de deux autres associés du centre, deux cancérologues et radiothérapeuthes. Les plaignants estiment aujourd'hui que près de 10 millions d'euros ont quitté la structure, échappant à l'impôt en France, pour atterrir dans deux sociétés luxembourgeoises créées par deux associés du centre. 

Un simple logiciel "revendu" 120 fois plus cher 

Les deux radiothérapeuthes commencent à avoir des doutes dès 2015 sur des transferts d'argent du centre de radiothérapie vers deux sociétés au Luxembourg, pour des services qui leur apparaissent fictifs ou surévalués. Par exemple : un logiciel administratif conçu en interne et d'une valeur de 10.000 euros devient bizarrement propriété d'une société luxembourgeoise qui le revend au centre 120 fois plus cher, soit 1,2 million d'euros. Elle facture aussi des prestations de maintenance du logiciel pour près de 150.000 euros par an, une somme à priori sans commune mesure avec la simplicité du matériel informatique. 

Ce logiciel en lien avec le traitement des patients n'était pas certifié

Cerise sur le gâteau, les médecins découvrent que ce logiciel développé au départ pour remplacer les dossiers papiers des patients n'est pas fiable alors que son champ d'action s'approche des traitements. Des faits révoltants pour le Dr Luc George: "Ce n'est pas normal que des cancérologues se permettent de faire des détournements d'argent, qui sont à confirmer, mais nous avons quand même de forts doutes. Ensuite, nous avons découvert que le logiciel n'était pas abouti, pas certifié, or c'est la sécurité des patients qui doit primer". 

Mise en service suspendue depuis juillet 2019

Pour le Dr Arnaud Methlin, "Dieu merci, il n'y a pas eu de problèmes avec les patients, mais ça tenait sur la vigilance des praticiens, physiciens et manipulateurs, ce n'est pas pensable dans un service de radiothérapie qui doit être hyper calé et rigoureux". Les deux médecins le rappellent, grâce à la vigilance de toute l'équipe médicale, aucun patient n'a été mis en danger. Le logiciel aujourd'hui n'est plus utilisé. Il a été retiré en juillet 2019 par décision de l'agence nationale de sécurité du médicament. 

Les plaintes ne sont pas fondées

Contacté par France Bleu Lorraine, l'avocat d'un des mis en examen estime que "les plaintes ne sont pas fondées", l'avocat d'un autre mis en examen"ne souhaite pas faire de commentaires pour le moment". Pas de réponse du 3e avocat. Le groupe Elsan a racheté le plateau technique en 2019, la société créée par les 5 associés est en cours de liquidation. 

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