Faits divers – Justice

Soupçons de matches de football truqués en Ligue 2 : le parquet financier demande un procès pour huit personnes

Par Tifany Antkowiak, France Bleu Normandie (Calvados - Orne), France Bleu Gard Lozère et France Bleu jeudi 26 janvier 2017 à 15:21

Le président du Stade Malherbe de Caen, en janvier 2014.
Le président du Stade Malherbe de Caen, en janvier 2014. © Maxppp - Jean-Yves Desfoux

Le parquet national financier a demandé au début du mois de janvier que huit protagonistes de l'affaire des soupçons de matches arrangés en Ligue 2 en 2014, soient jugés, a-t-on appris ce jeudi. Notamment le président du club de Caen Jean-François Fortin, et les anciens patrons du Nîmes Olympique.

Le parquet national financier veut un procès pour huit protagonistes de l'affaire des soupçons de matches truqués en Ligue 2 de football, en 2014, ont indiqué à l'AFP des sources proches du dossier.

Demande de procès pour corruption

Dans ses réquisitions, signées le 5 janvier dernier, le PNF demande que Jean-François Fortin, le président du Stade Malherbe de Caen, soit jugé pour corruption passive, pour la rencontre Caen-Nîmes du 13 mai 2014. Ce match s'était soldé par un nul (1-1) qui avait permis au club normand de monter en Ligue 1 et à Nîmes de ne pas descendre en National.

Des conversations, avant le match, entre Jean-François Fortin et le président du Nîmes Olympique à l'époque, Jean-Marc Conrad, sont en cause. Ces échanges laissent clairement transparaître la préférence des deux hommes pour le résultat de 1-1. Sont aussi visés pour cette rencontre, Jean-Marc Conrad, pour corruption active, et Kaddour Mokkedel, le responsable sécurité du club normand, pour complicité. Il est soupçonné d'avoir joué l'intermédiaire entre les patrons des clubs caennais et nîmois.

Six matches du Nîmes Olympique dans le viseur de la justice

Le parquet national financier requiert aussi un procès pour l'actionnaire du club nîmois de l'époque, Serge Kasparian, pour Jean-Marc Conrad, et Franck Toutoundjian, ancien président d'un club amateur soupçonné d'avoir fait jouer ses contacts pour les possibles arrangements autour de plusieurs rencontres. La justice d'intéresse à six matches de Nîmes, à la fin de la saison 2013-2014 : contre Bastia (1-1), Dijon (défaite 5-1), Brest (1-1), Laval (victoire 2-1), Caen (1-1) et Créteil (1-1).

L'ancien dirigeant de club et entrepreneur Michel Moulin, soupçonné lui d'être intervenu pour le match contre Dijon, ce qu'il nie, et l'ancien joueur Michel Milojevic, contacté par Franck Toutoundjian pour le match à Brest, sont aussi visés pour association de malfaiteurs. Enfin, le PNF demande que l'ancien joueur Mohamed Regragui, "coach mental" de Nîmes au moment des faits, soit jugé pour corruption pour la rencontre avec Créteil.